Dany le Vert (2)

01/05/2018
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Dans Sous les crampons... la plage, livre paru le 5 avril dernier aux éditions Robert Laffont, Daniel Cohn-Bendit parle évidemment des Verts. Second extrait.

 

"En avril 1975, Saint-Etienne affronte le Bayern de Munich en demi-finale de Coupe d’Europe. Je revis. Et retrouve aussitôt les automatismes de la mauvaise foi dont je peux faire preuve quand il s’agit de foot. N’ayant pas eu depuis longtemps la chance d’être pour la France lors d’un match, j’avais emmagasiné tant de réserves qu’il fallait bien que le couvercle de mon chaudron à moi saute. Saint-Etienne a été éliminé et, objectivement, sans la moindre injustice. Mais ça, c’est ce que je dis… aujourd’hui.

 

Treize mois plus tard, ça a été une autre histoire. Saint-Etienne-Bayern, de nouveau, mais en finale cette fois. Depuis Reims en 1959, aucun club français n’avait atteint ce stade de la compétition. Au-delà de ce que m’inspiraient les Stéphanois, cette rencontre me renvoyait aux amours de mon adolescence. Et… aux défaites rémoises.

 

Ça n’a donc pas loupé. Et ça m’a encore mis hors de moi. Mais je n’étais pas le seul. Hormis évidemment en République fédérale, tout le monde a considéré que le Bayern ne méritait pas la victoire. Bien que privés de Rocheteau qui n’est entré que pour jouer le dernier quart d’heure, les Verts ont dominé toute la rencontre et vu deux de leurs tirs renvoyés par la barre transversale du but de Sepp Maier, laquelle, si elle avait été ronde, aurait selon les experts ralenti la course du ballon mais ne l’aurait pas empêché d’entrer dans le but.

 

A dire vrai, je ne suis pas sûr, 42 ans après, que ça ce serait passé de cette façon "si les poteaux n’avaient pas été carrés" pour reprendre l’expression qu’on utilise en France depuis cette finale à Glasgow. Mais à l’époque, j’adhérais complètement à cette explication. Comme la plupart des Européens, à commencer par le quotidien londonien The Sun, pourtant d’ordinaire peu amène à l’endroit de la France, qui avait balancé en une : "Le Bayern vole la Coupe aux Français."

 

J’ai bien intégré depuis que ce jugement définitif était d’une bêtise crasse et puait les relents d’antigermanisme. Et il m’est de plus en plus insupportable aujourd’hui qu’au matin d’une confrontation entre Anglais et Allemands, par exemple, les tabloïds de Londres ressortent les sempiternels "casques à pointe prussiens". Comme en 2006, lorsque Jens Lehmann, le gardien d’Arsenal, avait qualifié son club pour la finale en arrêtant un penalty contre Villarreal. Le lendemain, The Sun, encore lui, avait titré et sous-titré : "Merci Lehmann : le premier Allemand à nous avoir voulu du bien depuis 1940".

 

Lorsque "la France de Giscard" m’a autorisé à revenir dans l’Hexagone, fin décembre 1978, j’ai commencé à faire de fréquents allers-retours entre Francfort et Paris. Et à renouer vraiment avec l’actualité du foot français. Le foot, au fond, c’est de la gourmandise. On aime toute sa vie ce dont on s’est régalé enfant."

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