Depuis la réception de Marseille, la machine parfaitement huilée s'est quelque peu enrayée. Certes l'enchaînement cauchemardesque du derby, de la Coupe de France, du match hommage à Sala et de la pantalonnade arbitrale en terres bretonnes est derrière nous et nous avons retrouvé la victoire. Mais il s'agit désormais de relancer pour de bon la dynamique face à l'équipe contre laquelle nous avions terminé notre dernier cycle positif.
1- Le parcours
Aléas du calendrier obligent, rarement double confrontation est aussi rapprochée. Aussi, le parcours récent des Marseillais est difficile à analyser en ce que le regard se pose sur peu de matchs, 7 précisément, depuis notre victoire à GG. Si la tendance a d'abord continué à être très moyenne, les choses se sont améliorées depuis quelques matchs. Ainsi ce ne sont pas moins de 4 victoires qui sont venues ponctuer ces dernières rencontres.
On remarquera notamment que le dernier match sans buts des Sardines remonte à leur infâme déplacement à GG en Coupe de France contre Andrézieux. Sans être une attaque exceptionnelle, cet aspect du jeu souvent pointé comme problématique retrouve un rythme de croisière plus conforme aux attentes. Il en va de même de l'aspect défensif dont nous avions pointé l'extrême faiblesse avant le match aller. Si le bilan est, là encore, moyen avec seulement 6 buts encaissés lors des 7 derniers matchs, cela le replace dans des eaux moins troubles.
On remarquera également un regain de forme à domicile où les Marseillais viennent d'enchaîner 2 victoires de rang, à chaque fois sans encaisser de buts.
Pour autant tous ces constats peuvent être nuancés. Certes l'OM s'est relancé et a repris de la confiance mais les victoires ont été acquises uniquement contre des équipes en difficulté. Ainsi, seuls Amiens, Dijon et Caen ont plié, comme ils le font souvent, ainsi qu'un Bordeaux, d'une part hors de forme et d'autre part à 10 pendant plus d'une heure. Les confrontations récentes contre des équipes plus solides ont donné lieu à un nul (à Rennes) ou à des défaites (à Reims et contre Lille et donc chez nous).
2- L’effectif
Si le retour en jambes de cette équipe peut s'expliquer par son calendrier, certains changements au sein de l'effectif sont peut-être également un facteur de ce redressement.
Ce n'est évidemment pas dans les buts que les modifications ont été mises en place et Mandanda garde bel et bien son poste devant Pelé. Contre toute attente, la charnière composée de Kamara et Caleta-Car s'est finalement montrée plus satisfaisante que prévue pendant l'absence de Rami, au point de mettre Rolando, qui avait débuté l'année civile titulaire, sur le banc. Et au point de ne pas précipiter le retour de Rami, sur le banc le week end dernier. Depuis son retour de la CAN, Sakai est de nouveau indispensable à droite tandis qu'Amavi ne bouge pas du côté gauche, Sarr ayant récemment déserté la défense. Quant aux calvaires d'Hubocan et Abdennour, ils se poursuivent dans l'ombre et en attendant une seule chose, le mercato d'été.
Au milieu la réorganisation a été plus importante. Elle a notamment été dictée par des absences. Celle de Payet d'abord, déjà mis sur le banc avant de se blesser, celle de Luiz Gustavo ensuite, qui a enchaîné les petits pépins l'empêchant d'aligner les matches. Celle de Strootman enfin, qui blessé n'est toujours pas de retour. Et si les deux premiers sont sur le pont depuis deux matchs, le duo composé de Lopez et Sanson qui en a profité pour se former n'a pas été délogé pour le moment.
Enfin devant, une arrivée et un changement de système sont venus un peu bouleverser la donne. Car c'est désormais un Balotelli qui a cessé de bouder et qui s'est remis à marquer qui est arrivé. Mais pas pour pousser Germain sur le banc. Du moins pas tout de suite. Car c'est bel et bien une association des deux qui a été mise en place pour le moment. La question qui se pose étant de savoir si elle résistera aux retours des nombreux milieux de terrain absents dernièrement. Sur les côtés moins de changements puisque Ocampos et Thauvin n'ont jamais été aussi indiscutables. Le seul changement vient du fait qu'il semble que Sarr fasse désormais concurrence à un Radonjic qui doit espérer un retour en grâce à la Caleta-Car. Njié n'a lui été aligné récemment qu'en pointe, à côté de Germain, à une seule reprise, et alors que Balotelli n'était pas encore prêt.
La compo probable : Si l'absence d'Amavi, suspendu, est certaine, les nombreux retours, avec passage sur le banc préalable laissent planer énormément de doutes sur la composition marseillaise. Continuité avec la bonne passe actuelle ou retour des cadres dans le 11, tels sont les termes de l'alternative.
Mandanda – Sarr, Kamara, Rami, Sakai – Lopez, Sanson – Thauvin, Payet, Ocampos – Balotelli
3– Souviens-toi la dernière fois
Sinon, nous te conseillons d'aller consulter ton médecin, Alzheimer doit approcher. Même pas un mois et demi après la dernière confrontation, y a-t-il besoin de rappeler ce match à plusieurs visages, avec une relative maîtrise en première période face à des Marseillais timides mais réalistes puis une seconde bien plus compliquée avec des assauts bien plus réguliers de la part des Sardines mais un match finalement sauvé par le génie de Wahbi Khazri ?
Doit-on également rappeler cette stat que l'on nous rabâche sans cesse ? 40 ans sans gagner au Vélodrome. Doit-on réellement revenir sur les deux dernières fessées en déplacement lors de la roue libre de fin de mandat de Galtier et durant la cataclysmique période post-derby de la saison dernière ? Doit-on rappeler ce cruel temps additionnel qui nous priva de la victoire tant en 2016 qu'en 2004 (au passage, on ne vous remercie toujours pas MM Lhermitte et Auroux) ?
Bref, le Classique du championnat de France lorsqu'il se joue au Vélodrome, consiste en une telle répétition depuis des années que l'on n'est même pas bien sûr que ces rappels aient été utiles. En espérant ne pas les réitérer la saison prochaine.
4- Le joueur à suivre
Si la logique voudrait que l'on tourne les yeux vers le phénomène médiatique qu'est l'arrivée, pour le moment réussie, de Mario Balotelli à Marseille, les habitués savent que ce n'est pas le genre de la maison. Qui va plutôt se concentrer sur un autre facteur X potentiel mais qui pose question.
En effet, le cas Thauvin, depuis le début de l'année civile, peut prêter à discussions. S'il est bel est bien le joueur marseillais le plus décisif cette saison, et de loin, il s'avère depuis quelques semaines moins prépondérant. Sur les 9 dernières rencontres de championnat, il ne compte qu'un but et trois passes décisives.
Pis encore, son absence pour suspension semble ne pas avoir perturbé plus que cela les Marseillais, défaits certes à Reims mais en marquant, et finalement dans la lignée de leur résultats précédents, puis entamant une bien meilleur dynamique en s'imposant contre Bordeaux.
Plusieurs questions s'imbriquent toutefois autour du cas Thauvin. Est-ce réellement lui qui est moins en forme ou doit-on y voir un regain de force de frappe des autres joueurs de l’effectif ? N'est-ce pas parce que les adversaires concentrent leur défense sur Thauvin que, lui muselé, ses coéquipiers en profitent ? Bref, doit-on surveiller Thauvin au risque que ses équipiers en profitent ou doit-on relâcher la pression sur lui au risque qu'il démontre que son effacement n'était que tromperie ? Par ailleurs, si son nombre de buts faiblit, il reste important par ses passes décisives, preuve, peut-être que l'arrivée d'un buteur l'a déchargé d'une tâche pour s'acquitter d'une autre, avec autant de brio.
En clair soyons attentifs, histoire de revenir avec un Trésor de 3 points de chez Marius.