Que de regrets ! La fébrilité défensive stéphanoise et l'intelligence tactique de Marsiglia sont les deux explications principales d'une défaite qui aurait pu (aurait dû !) être une victoire.
L’équipe
Face à une avalanche d’absents dans l’axe en défense et au milieu, Galtier fait le choix de remplacer les absents poste pour poste, quitte à faire jouer certains à un autre endroit que d’habitude, sans altérer son système de jeu. C’est donc un quatuor Ghoulam-Marchal-Guilavogui-Batlles qui débutera la partie au centre du dispositif Vert. Plus surprenant en revanche : la titularisation du « petit poulet d’Abidjan » (c’est comme ça que Guilavogui avoue surnommer Gradel) à la place de Baky Sako.
A part ces changements de noms, on est dans du grand classique côté organisation de l’équipe. La grande différence viendra du style de jeu : beaucoup moins direct et en l’air que d’habitude – il faut dire que les choix tactiques de Marsiglia n’ont pas été des plus adéquats. Du moins, au début.
Le déroulement
Nice se présente en 5-3-2, avec pour stratégie évidente de boucher l’axe pour forcer les Verts à s’excentrer, en comptant sur la capacité de ses défenseurs à être souverains de la tête. Le système de jeu niçois a une grande faiblesse : les latéraux stéphanois apportant le surnombre, Nice est à la merci du moindre duel perdu sur l’aile. Les milieux encadrant Sablé sont donc chargés de presser les latéraux pour les bloquer et les empêcher de participer au jeu. Pour apporter le surnombre : on compte beaucoup sur les montées de Digard, qui occupe un rôle assez étonnant, travaillant dans toute la longueur du terrain !
Cette stratégie n’aura pas tous les effets escomptés :
- Le milieu niçois n’arrive pas à faire pression sur celui des Verts : Batlles aspire tous les ballons ; il est souvent seul et a le temps pour orienter le jeu, ce qu’il fait avec brio.
- Si du côté droit de l’attaque stéphanoise, la stratégie marche (notamment parce que Monzon étouffe totalement Nicolita et que Coulibaly ne lâche pas Ebondo), elle échoue de l’autre côté : Gradel met le feu, et Palun n’arrive pas à contenir Brison : l’ex-nancéien, réalisant un excellent début de match, sera d’ailleurs à l’origine du but de Gradel, mais aussi du quasi-pénalty sur FSP à la 15’.
La première mi-temps est en sens unique en faveur des Verts, qui vont d’ailleurs développer un jeu assez plaisant et à terre, s’appuyant sur les décrochages (nombreux !) des attaquants pour créer des points de fixation. Le pressing est immédiat, et le plus haut possible. Et pourtant, à la pause, les Verts mènent seulement 2-1. C’est assez rageant : Nice marque sur sa seule occasion, et mériterait d’être plus clairement devancé au score. FSP de la tête ; Ghoulam sur coup-franc direct auraient pu tromper Ospina, sans oublier cette action litigieuse dans la surface au quart d’heure de jeu, où FSP n’est pas loin d’obtenir un pénalty.
Et pourtant…dès la 37’ minute, Marsiglia n’hésite pas à sortir Palun pour Grandin ; à partir de là , Brison n’existera plus. Cette capacité de l’entraîneur niçois à s’adapter au déroulé du match va faire la différence. A la mi-temps, il sort un défenseur central (Gomis) pour un milieu offensif (Abriel) et Nice passe en 4-1-4-1. Nice va ainsi pouvoir mieux quadriller le terrain et organiser son pressing plus efficacement. L’objectif est clair : étouffer le milieu stéphanois et ainsi empêcher Batlles de jouer. Abriel va le prendre en individuel quand les Verts auront le ballon, l’éteignant littéralement ; à l’inverse Papy Lolo sera incapable de suivre l’ex-marseillais quand les Niçois attaqueront. N’ayant plus de relais au milieu, les Verts déjouent et balancent de grandes balles devant. Gradel tente encore quelques dribbles ; la hargne combinée de Nicolita et Ebondo à la 54’ permet d’obtenir un corner reprit un peu trop timidement, mais Nice prend le match en main. Marsiglia a repéré que l’axe stéphanois est friable : les azuréens peuvent se retrouver à 4 plein axe, entre la défense et le milieu stéphanois, à essayer de combiner. L’égalisation arrive assez logiquement juste avant l’heure de jeu au vu de la physionomie du match ; mais ce but n’intervient qu’à cause des errements de l’arrière-garde forézienne.
Les Verts accusent le coup ; Nice est tout près de prendre l’avantage sur l’engagement. Galtier réagit enfin à la 63’ et à la 64’ : Sako et Perrin remplacent Nicolita et Batlles, qui n’apportent plus rien. L’effet positif est immédiat : les Verts reprennent la possession de la balle et dictent le jeu – les déplacements de Sako gênent énormément les milieux niçois. Gradel est passé à droite : Monzon ne tient plus ; des espaces se créent, notamment pour Ebondo qui les exploite malgré les sifflets du stade. A la 75’, Kitambala remplace FSP et fera une entrée intéressante (frappe pour son 1er ballon trop sur le gardien, déviation de la tête pour Sako qui ne pourra pas redresser à la 79’…)
A la 83’, Ebondo élimine son adversaire direct, remonte un tiers du terrain, transmet à Gradel qui centre, mais la tête de PEA est trop molle : les Verts semblent pouvoir aller chercher les 3 points. Et pourtant… C’est Nice qui va marquer et réaliser le hold-up à la 89’. Il n’y aura pas vraiment de réaction, sinon un centre raté d’Ebondo qui finira sur la barre. Les Verts perdent, à cause d’anciens vilains, et peuvent avoir des regrets car ils étaient supérieurs à Nice.
Les buts
22’ GRADEL 1-0
Brison transmet à Gradel côté gauche, et continue sa course vers l’intérieur, et non pas le long de la ligne de touche. Il emmène avec lui Palun ; mais surtout cette course oblige le latéral droit Niçois à rester dans le couloir. Gradel repiquant lui aussi dans l’axe après le passage de Brison, il prend tout le monde à contre-pied : il est dans l’espace libre, Sablé arrive trop tard. Sa superbe frappe est déviée et termine dans le but. Le match commence sous les meilleures auspices.
35’ MOUNIER 1-1
CPA pour les Verts ; mal dégagé par les Niçois, Brison récupère mais se fait chiper le ballon immédiatement. La contre-attaque niçoise est fulgurante, mais surtout très mal négociée défensivement : Guilavogui, Ebondo et Marchal sont obnubilés par Digard et oublient Mounier au second poteau. Un but contre le cours du jeu sur la 1ère frappe niçoise.
42’ MARCHAL 2-1
Batlles, qui n’est pas mis sous pression, sert PEA qui décroche ; en une touche de balle pour Ebondo qui centre. Une très belle action ! Sur le corner tiré par Nicolita, Marchal s’y reprend à deux fois, et avec beaucoup de hargne, pour marquer.
56’ MOUNIER 2-2
Brison rate sa passe ; Clerc court sur 40m sans être attaqué et tente une passe en profondeur. Marchal n’arrive pas à dégager ; Brison et Gradel se marchent dessus pour défendre ; une passe molle n’est pas interceptée ; Ghoulam joue le hors-jeu tout seul ; Nicolita oublie son marquage… Grand chelem défensif à l’envers. 2 occases, 2 buts pour Nice.
89’ CLERC 2-3
Brison rate (encore) sa passe ; mais cette fois, les Niçois n’arrivent pas à enchaîner. D’impuissance, une grande transversale est lancée ; Brison la dégage précipitamment en corner. A la télé, un plan furtif montre que Paprika, en se relevant, s’étire comme s’il avait un début de crampe. Cette fatigue est-elle à l’origine de ses ratés techniques ? Le corner est dévié de la tête, puis prolongé dans le but par un Clerc vicieux. Fermez le rideau.