Après 15 journées disputées, les Verts se retrouvent derniers du championnat et le directeur général s'est joint à son entraîneur après la nouvelle défaite, pour analyser franchement la situation du club
Lors du dernier match à domicile en championnat, contre le Paris FC, le staff stéphanois avait décidé de ne plus aligner la défense à 3 habituelle, en espérant qu'avec 4 défenseurs il y aurait plus de stabilité défensive. Résultat : défaite 2-0 dans le Chaudron. Et pour le dernier match avant la longue trêve internationale, la réutilisation d'une défense à 4 a donné le même résultat :
Les Verts ont commencé le match en 4-3-3 avec Namri et Petrot en latéraux et Wadji et Cafaro en ailiers. Mais ils ont fini le match avec une défense à 3, lors des 20 dernières minutes, après l'expulsion de Giraudon :
Un 3-4-2 avec Pintor et Saban les seuls joueurs de couloir. On peut débattre longtemps sur les avantages et inconvénients de jouer à 3 ou à 4 derrière. Mais il n'y a pas de vérité absolue, car le style de jeu de l'adversaire entre en compte aussi. Et surtout, par dessus tout autre chose, qui sont les joueurs qui l'animent et ce qu'ils font du système change complètement la physionomie du match.
Prenons un exemple en début de match, avec une relance adverse où on observe que les 3 milieux stéphanois - Mouton, Bouchouari et Lobry sont en marquage individuel au centre du terrain :
Jeu long ruthénois, repoussé initialement de la tête par Namri, avant que le ballon soit disputé entre plusieurs joueurs dans un petit périmètre :
Il n'y a pas de déséquilibre créé, mais la défense stéphanoise coulisse vers la droite, pendant que Cafaro, l'ailier gauche, reste très haut. Ce qui laisse un boulevard dans le couloir :
Le piston droit adverse est lancé, mais il tergiverse et finalement Petrot arrive à dégager de la surface. Un ballon long, rendu à l'adversaire, et l'attaque continue :
Aucun Ruthénois n'est gêné par les Stéphanois, le ballon circule facilement est il est envoyé du côté opposé. Tous les Verts sont en place...
... enfin, presque tous. Wadji bloque le défenseur qui a le ballon. Au milieu, Bouchouari est au contact de son adversaire direct. Namri, lui, est très loin du piston adverse, qui est recherché par une proposition de une-deux. Et les Stéphanois font n'importe quoi :
Wadji, Namri et Bouchouari se font tous les trois aspirer par le ballon et se mettent dans la zone du piston ruthénois. Le dernier a complètement abandonné son adversaire direct, qui propose une solution (Lobry vient de trop loin pour compenser et le gêner). Et surtout, aucun Stéphanois ne suit l'appel en profondeur (le une-deux) du défenseur.
Un jeu à trois basique dans le couloir qui a dépassé les Stephanois. Giraudon est donc obligé de couvrir, ce qui laisse ses coéquipiers en sous-nombre dans la surface. Le centre au deuxième poteau est très bon, heureusement pour les Verts, la reprise passe à côté du cadre.
L'analyse tactique s'arrête ici, car le problème actuel de l'ASSE n'est pas tactique. Certes, le staff tâtonne, essaie de nombreuses approches, des systèmes variés, des joueurs différents ou dans des rôles qui changent. Peut-être même trop de changements d'un match à l'autre - mais en même temps c'est concevable, car il n'a pas trouvé un truc qui marche bien.
Mais peu importe le système, il ne donnera pas des résultats. Le problème vient de la tête. Pour le terrain, c'est un travail sur le mental des joueurs qui est nécessaire. Certains sont liquéfiés de peur, d'autres ne sont pas réellement motivés, déjà pour faire le minimum, suivre les consignes tactiques. Ou se révolter, avoir la haine de la défaite, surtout à domicile. Pour le club, là aussi le problème vient de la tête. Et pas de la direction sportive ou générale, les prochains fusibles à faire sauter, avec ou après l'entraîneur. Et tant que la source du problème est toujours là, les changements de système, de joueur, d'entraîneur ou de projet ne feront aucune différence - au mieux c'est juste pour retarder l'échéance.
Car non, on n'a pas encore touché le fond...