Si les Verts ont fait une bonne première période contre Nice, ils n'ont pas pu rivaliser quand leurs adversaires ont décidé de monter le niveau...
Si le système de jeu semble immuable, le staff stéphanois n'a pas effectué beaucoup de changements dans le 11 de départ non plus. Le plus important a été du à l'absence d'Ekwah, blessé et remplacé dans l'axe du milieu par Tardieu :
Moueffek a ainsi démarré le match en relayeur - sa première titularisation depuis mi-octobre - pendant que Maçon a été maintenu à droite malgré le retour de blessure d'Appiah. Comme à leur habitude, les Verts ont vite concédé l'ouverture du score, mais ils se sont réveillés ensuite, dominant leurs adversaires... Jusqu'à la pause, quand les Niçois ont décidé de passer la vitesse supérieure et il n'y a plus eu match ensuite.
L'entraîneur stéphanois analyse les deux visages de son équipe, avant et après la pause : "notre entame de match a été difficile avec ce but encaissé rapidement. Mais ensuite, nous avons su jouer dans les petits espaces, prendre le contrôle du match(...) En seconde, on est ressortis avec de la confiance, mais on a rapidement perdu le contrôle (...) On s’est beaucoup exposés, notamment sur les couloirs. On n’a pas joué avec suffisamment de courage en se privant de ce jeu dans les petits espaces". Voici deux exemples.
En deuxième mi-temps les Verts se placent haut sur le terrain pour empêcher une relance adverse, avec l'habituel positionnement des deux ailiers, Davitashvili et Cardona, sur les centraux adverses, pas pour bloquer les couloirs :
Le ballon est envoyé au piston droit niçois, libre dans son couloir. C'est à Bouchouari de le chercher et donc à Tardieu de couvrir derrière le milieu axial. Mais les Stéphanois sont loin de leurs adversaires...
... et donc facilement éliminés, le une-deux permet au piston de recevoir le ballon dans une zone complètement déserte. Pétrot quitte donc l'alignement pour bloquer le Niçois, ce qui déplace le déséquilibre ailleurs :
C'est l'ailier droit adverse qui est libre et qui peut remettre dans l'axe à un autre milieu, lui aussi dans un espace sans Stéphanois. De nouveau le une-deux est facile et l'ailier est lancé dans le couloir, d'où il peut ajuster son centre...
... à destination de l'avant-centre, au deuxième poteau. Heureusement Maçon couvre, le latéral droit récupérant le ballon. Par contre, il difficile de dire ce qu'il a voulu faire ensuite :
Maçon part balle au pied devant la défense, essaie de dribbler un adversaire à 18 mètres et perd le ballon. Récupération haute tout de suite exploitée par les Niçois...
... mais le tir passe juste à côté du cadre de Larsonneur. Pour la remise en jeu, le gardien des Verts joue d'abord avec Batubinsika, qui lui remet le ballon...
... avant que le jeu soit envoyé à gauche, vers Pétrot. Le latéral gauche stéphanois est le seul qui n'a pas un adversaire dans sa proximité, le pressing adverse empêche la construction propre.
La solution choisie est donc un long ballon à destination de Davitashvili, qui doit le jouer de la tête. Il y arrive et dévie à destination de Stassin :
Malheureusement, l'avant-centre rate complètement sa remise en arrière. En même temps, les trois milieux stéphanois étaient tous pris - le ballon arrive dans un espace désert où il est facilement repris par un adversaire.
Une nouvelle récupération haute niçoise et de nouveau un offensif est mis en position de frappe - heureusement, son tir passe à côté de la cage de Larsonneur.
Du pressing mal effectué, des pertes de balle dangereuses, incapacité à garder le ballon... les Verts ont eu du mal après la pause, un visage très différent de ce qu'ils ont montré en 1MT :
Dans cette action qui part de Larsonneur, le ballon circule entre Batubinsika et Nadé, qui joue avec Moueffek en point d'appui. Le 5-4-1 adverse est en place, les milieux stéphanois difficilement trouvables dans le bloc, la solution est de le contourner :
Batubinsika trouve Cardona à droite, Maçon monte pour lui proposer une solution, mais l'ailier stéphanois repique dans l'axe balle au pied...
... cherchant une solution. Elle s'appelle Bouchouari, qui reçoit le ballon et lance Pétrot dans le couloir gauche. Le latéral lui redonne le ballon...
... et Bouchouari combine avec Davitashvili dans un petit espace, dans le bloc adverse. La maîtrise technique nécessaire est là, elle suffit de resserrer le bloc et donc de lancer Pétrot dans le couloir :
Malheureusement le centre est contré, le ballon sort du terrain. La touche est jouée par Pétrot à destination de Tardieu...
... qui lui aussi ose la passe verticale dans le bloc adverse, à destination de Bouchouari. De nouveau du jeu dans un petit périmètre avec les mêmes acteurs :
Bouchouari cherche Davitashvili, qui laisse passer le ballon à destination de Pétrot, le long de la ligne de touche. L'ailier géorgien fait ensuite en appel en profondeur, il reçoit le ballon...
... élimine un défenseur et entre dans la surface. Malheureusement son centre au premier poteau à destination de Stassin et dégagé par un défenseur hors du terrain. De nouveau une touche de Pétrot pour Tardieu...
... et de nouveau une passe verticale à destination de Bouchouari. Qui cette fois-ci ne s'appuie plus sur Davitashvili, mais lance directement Moueffek - la passe trouve le milieu stéphanois au milieu de la défense :
Moueffek entre dans la surface et frappe - malheureusement son tir est contré et le ballon sort. Et même si ce coup de pied arrêté n'a rien donné, les Verts ont montré qu'ils ont "le courage" (dixit Horneland) de jouer dans des petits espaces, dans le bloc adverse, tout en maîtrise.
Conclusions
Dans ce championnat, la différence de niveau entre une équipe qui vise la Ligue des Champions et une qui se bat pour le maintien est énorme. Les protégés de Horneland peuvent faire illusion parfois, peuvent produire quelques séquences intéressantes, mais pas plus. Quand un adversaire clairement supérieur accélère le jeu, les Verts commencent à montrer leurs limites, à la fois tactiques et individuelles. Et le résultat est logique. Heureusement pour eux, les deux prochaines rencontres sont contre des concurrents directs, du même niveau. Malheureusement, le manque de points pris récemment (trois en huit matchs) ne leur laisse plus aucune marge d'erreur...