Supporter des Verts, le défenseur bergeracois Antoine Letiévant s'est confié à Poteaux Carrés avant de défier Sainté ce dimanche à Périgueux en 8e de finale de Coupe de France.


Antoine, né à Carpentras, tu es fan des Verts. D’où vient ta passion pour l’ASSE ?

Je suis natif de Carpentras car mon père était commercial et on était parti vivre dans le Sud. Mais je n’ai jamais vu Carpentras, c’est à Saint-Etienne que j’ai ouvert les yeux ! (rires) Je ne suis jamais allé de ma vie à Carpentras. En fait je suis de Sainté. Toute ma famille est de Saint-Etienne. J’ai vécu toute mon enfance là-bas, c’est là que j’ai commencé le foot.

À quel âge et dans quel club ?

J’ai commencé à six ans à Saint-Charles-la-Vigilante, le club de Loïc Perrin. Le terrain porte son nom d’ailleurs. Quand j’étais petit, il venait en tant que parrain aux tournois. J’avais des étoiles dans les yeux à chaque fois que le voyais. À l’âge de 10 ou 11 ans, je suis parti à l’Olympique de Saint-Etienne. L’Olympique avait un bon petit niveau et ensuite j’ai voulu découvrir le niveau national.

Quel a été ton parcours ?

Je suis parti en 17 nationaux à Aurillac. L’année d’après, je suis parti au Clermont Foot. J’ai fait cinq ou six ans là-bas. J’étais avec la réserve où j’ai côtoyé un joueur actuel de l’ASSE, Nelson Alpha Sissoko. J’ai également joué avec Jérémy Mellot, qui est ensuite parti jouer avec la réserve de l’ASSE. Je n’ai pas eu ma chance en équipe première donc je suis parti en Espagne, j’ai signé pro à Majorque.

J’ai fait la pré-saison avec l’équipe une qui jouait en L2 espagnole et j’ai joué en Secunda B, la 3e division. Le problème c’est que l’équipe une est descendue en D3. Je suis revenu en France en 2017. J’ai passé deux ans et demi à Fréjus, où j’ai côtoyé un ancien joueur formé à l’ASSE, Akim Orinel. Après, en période Covid, j’ai dû faire deux mois à Chamalières. Ensuite je suis arrivée à Bergerac, c’est ma deuxième saison dans ce club.

Tu as déjà eu l’occasion d’affronter l’ASSE quand t’étais plus jeune ?

Oui, notamment avec l’Olympique de Saint-Etienne. Il y avait un peu une rivalité avec l’ASSE car à l’époque l’Olympique était le deuxième meilleur club de la Loire. Moi j’étais à Tézenas du Montcel donc je côtoyais pas mal de gars qui étaient à l’ASSE. C’était marrant d’être dans la même classe et d’être adversaires sur le terrain.

Etant né en 1994, t’as côtoyé une belle petite génération verte !

Oui. Il y avait notamment Kurt Zouma, Sofian El Moudane, Maxence Chapuis, Jerrold Nyemeck, Florian Milla, Bilel Aouacheria…

Comme tout Stéphanois qui se respecte, t’es tombé dans le Chaudron quand tu étais petit ?

Oui, j’ai dû voir mon premier match à 5 ou 6 ans. C’était l’époque des Alex et Aloisio. J’étais tout jeune donc mes souvenirs des matches en eux-mêmes ne sont pas très précis. Je me rappelle davantage la saison de la remontée en 2003-2004, avec les déboulés de Nicolas Marin (rires). Mes premiers matches à Geoffroy, j’étais en Henri Point. Avec l’âge, avec des amis dont deux ou trois sont ultras, j’allais dans les kops, tantôt du côté des Magic Fans, tantôt du côté des Green Angels.

Les matches dans le Chaudron, c’est un spectacle incroyable. C’est vraiment l’énorme ambiance qui m’a marqué quand j’étais enfant. J’ai en mémoire une victoire contre Marseille, j’étais vraiment petit. Alex avait mis des buts, je ne sais plus si c’était le 5-1 ou le 3-0 mais la ferveur du public m’avait impressionné. Pas mal de joueurs m’ont marqué. On parlait tout à l’heure de Loïc, il y a eu aussi Bafé Gomis. Et bien sûr quelques années plus tard Aubame, je revois encore son but quand on gagne au Parc.

C’est là que tu vois qu’on a quand même eu de sacrés attaquants à Sainté ! Je garde aussi de supers souvenirs de nos matches en Coupe d’Europe. La saison où j’étais en Espagne, je me souviens que je faisais chier tout le monde quand on jouait le jeudi en Europa League. Je disais « regardez, c’est mon équipe ! » C’était une fierté de la voir jouer contre Manchester United. J’étais content que ma ville soit en lumière comme ça. Quand tu vois l’ambiance que les supporters stéphanois ont mis à Old Trafford…

Ah m’en parle pas ! J’y étais et j’ai bien peur qu’on doive attendre encore un moment avant de jouer un match européen aussi prestigieux. C’était il y a cinq ans et le club a hélas bien décliné depuis. Tu restes malgré tout un supporter fervent des Verts ?

J’habite un peu loin de Sainté maintenant donc forcément j’ai moins l’occasion de voir les matches au stade. Mais bien sûr je suis resté supporter des Verts, quelle question ! Quand on grandit à Sainté, je ne vois pas comment tu peux être pour une autre équipe. T’es Stéphanois, tu sais ce que c’est que Saint-Etienne. On ne peut pas dissocier la ville et le club. Même si aujourd’hui Sainté est en galère, on sera toujours derrière les Verts. Et partout où je passe, crois-moi, je fais chier tout le monde avec Saint-Etienne ! (rire)

Je reste fier de ma ville, je la défends. Il faut dire que j’ai vécu là-bas jusqu’à mes 15 ou 16 ans, avant de partir en Auvergne, à Aurillac puis à Clermont. J’habitauis au-dessus de Tézenas, entre Carnot et le Parc de Montaud. Je reviens régulièrement à Sainté. Tous mes Noël, toutes mes vacances, je vais à Saint-Etienne. J’y ai mes meilleurs amis là-bas, ma famille y est toujours. Le point de retour, c’est Saint-Etienne.

Je suppose que t'as vécu de façon très particulière le tirage au sort des huitièmes de finale de Coupe de France ?

Les mots me manquent pour exprimer ce que j’ai ressenti. Après avoir sorti Metz et Créteil, on voulait tomber sur une belle équipe de L1. Quand on a vu que ce serait l’ASSE, c’était une joie indescriptible. Tu te rends compte ? Je vais jouer contre ma ville, contre mon club de cœur. Je suis supporter des Verts et le temps d’un match je serai leur adversaire. Ça va être des moments incroyables ! C’est un super cadeau pour ma famille, pour mes amis. C’est dingue ce qui m’arrive ! Je ne réalise pas encore, je pense que je vais m’en rendre compte quand je vais me retrouver sur le terrain face aux Verts. C’est vraiment fou !

Ton fan club stéphanois va se déplacer pour vivre ce moment unique ?

Ma famille va venir, mes meilleurs amis vont aussi venir assister à ça. D’autres proches seraient bien venus mais ce qui complique la donne, c’est le contexte sanitaire, le jour du match et l’horaire. Le match a lieu dimanche et démarre à 18h30, c’est pas évident quand t’habites loin et que tu bosses le lundi. Périgueux, ce n’est pas à côté quand même. Il y a près de 4 heures de route depuis Sainté. Mais bon, je sais qu’il y aura plus d’une dizaine de personnes qui vont faire l’effort de se déplacer pour partager cet évènement avec moi. Lors du match contre Metz, des amis supporters stéphanois m’avaient fait une banderole. C'est sympa !



Que t’inspire la saison des Verts ?

Ça fait mal au cœur. Comme je te disais tout à l’heure, c’est difficile de dissocier les Verts et la ville. Moi ce que je ressens c’est que la ville de Sainté commence à sortir un peu la tête de l’eau. Si les Verts descendent en Ligue 2, ça va faire très mal. Ça ferait vraiment très mal au peuple de Saint-Étienne. Je regarde le plus possible les matches des Verts. J’ai regardé le derby, j’ai regardé le match à Angers. Je t’avais dit qu’ils allaient gagner à Angers, ils l’ont fait. Il y a quand même beaucoup de retours. Ryad Boudebouz et Denis Bouanga ont joué alors qu’ils n’étaient pas là à Lyon.

On sent que Loïc Perrin et le coach Dupraz essaient de tout faire pour qu’on se maintienne. Je vois que les joueurs sont engagés et veulent nous sauver. C’est compliqué de voir les Verts derniers car ils se donnent. Des joueurs sont arrivés, un ou deux autres vont sans doute débarquer en fin de mercato. Des joueurs vont revenir de la CAN, ça va faire du bien. Je reste optimiste. Le coach Dupraz a déjà réussi à maintenir un club très mal embarqué il y a quelques années. Je pense aussi que Loïc ne va pas laisser filer son club en Ligue 2. Les joueurs ne lâchent pas, j’espère que ça va le faire.

Depuis que tu sais que tu vas jouer contre Sainté, comment vis-tu les matches des Verts ?

Je regarde les matches des Verts à la fois en tant que supporter et en tant que joueur de foot et adversaire. Forcément, j’analyse un peu ce qu’ils font en me projetant sur le 8e de finale de Coupe de France qu’on va jouer contre eux ce dimanche. Je prête encore plus attention à leur manière de jouer, forcément, en aillant ou oeil particulier sur leur couleur droit. De base je suis latéral gauche, j’ai fait ma formation à ce poste mais depuis six ou sept ans je suis défenseur central. Cette année, j’ai plus joué arrière gauche. J’en profite pour lancer un petit message. Si l’ASSE cherche un joueur à ce poste ou en défense centrale…. Signer à Sainté, ce serait incroyable ! (rires)

En défense centrale, on a recruté Gganon et Mangala. A gauche, en l’absence de Miguel Trauco et Gabriel Silva t’aurais pu dépanner pour le match à Angers mais comme tu le sais Yvann Maçon a fait le taf, c’est d’ailleurs de son côté et grâce à son centre que Sainté a gagné. Désolé Antoine mais on espère que les Verts vont remettre ça à Périgueux. Quel est le principal atout de l’équipe de Bergerac ?

Le coach a su créer un groupe. Bergerac, c’est plus un collectif, un groupe, que des individualités. Tout le monde se bat pour l’autre, on forme vraiment un groupe hyper solidaire. Chacun sait vraiment ce qu’il a à faire, c’est l’équipe avant tout. Il y a une grosse solidarité qui crée un vrai plaisir de se retrouver sur le terrain. On savoure ce qu’on est en train de vivre.

Dans mon parcours de joueur, j’avais déjà connu des groupes unis et solidaires, mais avec des joueurs qui avaient peu ou prou le même âge, que ce soit avec la réserve de Clermont ou celle de Majorque. À Bergerac, on est des joueurs différents avec des âges différents. Il y a des jeunes, des plus vieux et on est tous en phase. On se dépouille tous les uns pour les autres. Il n’y a pas ce côté individuel qui pourrait faire mal à un groupe.

Pour le coach, c’est l’homme avant le footballeur. Il est beaucoup dans l’écoute, la compréhension de chacun. Il réussit à tirer le maximum de chaque joueur. C’est hyper important. Dès qu’il y a un blessé, ou un suspendu, un autre joueur prend sa place et va tout donner. C’est incroyable ce qu’on vit cette année ! En début de saison, on a commencé avec une dizaine de blessés et on a quand même réussi à gagner des matches, à ne pas prendre de buts.

Bergerac vit une belle aventure en Coupe de France tout en étant leader de son groupe assez relevé de N2. C’est rare qu’un petit poucet ne lâche rien en championnat !

C’est toujours compliqué en termes d’énergie d’allier championnat et Coupe. Mais en fait on prend match par match. On ne se dit pas « dans une semaine il y a la Coupe de France, dans deux semaines on va jouer contre telle équipe. » On prend les matches les uns après les autres, sans se prendre la tête, et on donne vraiment tout. On ne se pose pas de questions sur le lendemain, c’est vraiment le travail de tous les jours.

Bergerac prend très peu de buts. Vous n’avez pas pris le moindre pion en 7 matches de Coupe et seulement 9 en 16 matches de championnat alors que Lyon La Duchère et Jura Sud ont encaissé respectivement 20 et 21 buts en N2. Votre jeu est avant tout basé sur la solidité défensive ?

Je pense que c’est un peu réducteur, on n’a pas un style si défensif que ça. A la trêve, on n’avait pas que la meilleure défense, on avait aussi la meilleure attaque. C’est vrai qu’on reste sur deux matches nuls et vierge en championnat et qu’on a éliminé Metz et Créteil aux tirs au but après avoir fait 0-0 mais on a quand même une équipe assez équilibrée, avec des qualités dans chaque ligne. Mais c’est vrai qu’on essaye d’être très costaud, on est très attentif aux petits détails qui sont très importants. On essaye de ne rien laisser à l’adversaire et de laisser la chance à nos buteurs de faire la différence.

Considères-tu que vous avez de bonnes chances d’éliminer les Verts ?

On ne va pas se le cacher, ça va être très compliqué. Sainté, ça reste une équipe de Ligue 1. Même si les Verts sont en difficulté cette année, c’est incomparable avec nous. Il y a quand même trois divisions d’écart. Ce n’’est parce que l’ASSE est lanterne rouge en L1 qu’on peut la comparer au niveau de N2. Physiquement, techniquement, tu ne peux pas comparer une Ligue 1 et une N2. On va malgré tout tenter de jouer pleinement notre chance. On va tout donner, on va essayer de mettre en difficulté cette équipe stéphanoise. Je sais que tout le monde va se donner à fond comme d’hab et on verra bien ce qu’il se passera. On va jouer crânement notre chance.

Le match aura lieu à Périgueux. T’aurais préféré qu’il se joue à Geoffroy ?

Oui mais j’étais le seul ! (rires) Je pense que ça n’aurait pas déplu à mon coéquipier Samir Boukir, car il est de Saint-Chamond. Quand j’ai vu que Versailles jouerait à Toulouse, j’avoue que ça m’a effleuré l’esprit qu’on puisse jouer dans le Chaudron. J’aime tellement ce stade… Y jouer, ce serait un rêve !

T’as déjà eu le bonheur de fouler la pelouse de Geoffroy ?

Oui figure-toi, lors d’un défi Orange à la mi-temps. Tu sais, le jeu où tu pars du milieu de terrain et tu viens défier le gardien. Je défendais les couleurs de l’Olympique de Saint-Etienne. Je me souviendrai toute ma vie de ce moment. Tirer au but à Geoffroy-Guichard devant tout ce public, ça te file des frissons incroyables. Les applaudissements du public, le tour d’honneur…. Quand on nous a annoncé qu’on participerait à ce défi Orange, on était super heureux et un peu stressé car c’est impressionnant quand t’es un gamin de jouer dans une telle ambiance et dans un tel stade. C’était fou !

Mais pour en revenir au 8e de finale contre Sainté, c’était important pour le club de Bergerac de jouer dans le département, en Dordogne. C’était super important que le match se joue chez nous dans le Périgord. C’est un évènement exceptionnel. On va bien jouer en Dordogne mais finalement à Périgueux, au stade Francis Rongiéras que je vais découvrir à l’occasion de ce match.
En championnat on joue à Campréal mais les derniers matches de Coupe contre Metz et Créteil on avait joué à Gaston-Simounet, un autre stade de Bergerac.

C’était un très bon compromis ce terrain-là. Il y avait une bonne tribune, au niveau de la sécurité tout était bon pour faire ce match. C’était dans le ville, il n’y avait pas encore de jauge. Il y avait quand même beaucoup de supporters, on se sentait soutenu. Et mine de rien on commençait à avoir nos repères. On y a vécu les émotions de la qualification contre Metz et Créteil. Recevoir Sainté dans ce stade, ça aurait été incroyable. Mais le contexte sanitaire fait que ce n’était plus jouable pour cette affiche contre les Verts.

Tu sens un engouement particulier à trois jours de cette affiche contre les Verts ?

On est plutôt dans une région de rugby mais cette semaine, tous les projecteurs sont braqués sur nous. Tous les médias s’intéressent à nous, c’est incroyable de vivre ça. Déjà pour le match contre Mez, on avait vu que ça bougeait un peu au niveau des médias. Mais là, on est passé au cran supérieur. Saint-Etienne, ça reste un monument du foot français, les gens ont un autre regard sur ce match-là. C’est sympa à vivre de l’intérieur car ça permet de mettre en lumière le travail de tout un club. Et tu vois, je trouve ça top que cet évènement nous permette d’échanger car je suis un fidèle lecteur de Poteaux Carrés depuis longtemps, je vous suis avec intérêt.

Tu es passé par un centre de formation (celui de Clermont) et tu es loin d’être un cas isolé dans cette équipe de Bergerac. Et plusieurs joueurs ont déjà évolué plus haut qu’en N2.

Effectivement, il y en a pas mal. Notre gardien Pierre Laborde est passé par les Girondins de Bordeaux, comme notre milieu Lucas Dumai. Freddy Colombo, qui joue axe gauche, vient de Niort. Kévin Mingoua, qui joue axe droit, a été formé à Dijon. Au poste de latéral droit, on a Yoan Wachter, un international gabonais qui a été formé à Lorient. Il va peut-être se retrouver face à son compatriote Denis Bouanga du coup ce dimanche ! (rires)

Au milieu de terrain on a Damien Fachan qui a pas mal d’expérience en N1 car il a joué à Carquefou, au Poiré-sur-Vie, à Boulogne et à Dunkerque. Dans l’entrejeu, Paul Ellisalt a également joué en National 1, avec Béziers et Le Mans. Toujours au milieu, notre doyen Paul Maisonneuve (35 ans) était pro à Nîmes, il a joué en Ligue 2. Avant de rejoindre Bergerac, il a longtemps joué en N1 à Pau, où a également évolué notre attaquant Axel Tressens.

Notre milieu offensif Adrian Sahibeddine a joué en pro à Dijon, je crois qu’il a fait quelques apparitions en Ligue 1. À droite, on a Hicham Laab. Il a gagné la Gambardella avec Rennes aux côtés de Kévin Théophile-Catherine, Yann M’Vila et Vincent Pajot. Lui aussi a fait quelques apparitions dans l’élite avec Nantes. Notre attaquant Romain Escarpit est passé je crois par le centre de formation de l’OL.

T’as hâte de savoir quelle équipe Pascal Dupraz va mettre en place contre vous ?

Oui, on ne sait pas trop encore quelle équipe il va aligner. Il est fort probable qu’Eliaquim Mangala fera ses débuts en vert contre nous. Je pense que dans l’absolu c’est une très belle pioche, restera à savoir s’il sera vite dans le rythme car ça fait quand même un bon moment qu’il n’a pas joué. Je pense que Pascal Dupraz va aligner une belle équipe contre nous, je ne pense pas qu’il fera tourner.

Je ne sais pas si Joris Gnagnon sera dans le groupe. J'ai vu qu’il est arrivé à Sainté hors de forme, qu’il a joué en amical contre le GOAL FC de Maxence Chapuis puis avec la réserve. Mais je ne sais pas s’il est prêt à jouer en match officiel. Je trouve que Mickaël Nadé est très fort, c’est l’un des seuls qui m’a impressionné lors de ce triste derby. Et je l’ai encore trouvé très bon à Angers. Baky Sako aussi a été bon lors de son entrée en jeu à Lyon, et je l’ai trouvé intéressant contre le SCO. On sent qu’il peut faire des différences, c’est dommage qu’il se soit blessé. Un autre joueur qui m’a vraiment plu à Angers, c’est Aïmen Moueffek.

Ce qui est sûr, c’est que Harold Moukoudi, Yvan Neyou et surtout Wahbi Khazri ne seront pas là car le Cameroun et la Tuinisie vont jouer les quarts de finale de la CAN. Je ne te cache pas que ce n’est pas plus mal pour nous que Kahzri ne soit pas là car c’est le joueur stéphanois que je craignais le plus. Attention, Sainté compte d’autres joueurs offensifs de qualité mais je trouve que Wahbi a un truc en plus, c’est un joueur qui a plusieurs fois démontré qu’il savait faire la différence tout seul. C’est compliqué de neutraliser des gars comme ça.

Ton prono pour dimanche ?

C’est compliqué. J’espère qu’on va gagner le match !

Quand tu dis « on », c’est le supporter des Verts ou l’adversaire de Sainté qui parle ?

L’adversaire ! (rires)

Les deux précédents tours, vous êtes passé aux tirs au but. Vous les travaillez ?

Non, on ne les prépare pas, on a abordé ces séances de tirs au but à l’instinct. Pierrot dans les buts a su faire des arrêts, et nos tireurs qui s’étaient défoncés tout le match ont su trouver le sang-froid et la lucidité pour la mettre au fond. Si d’aventure on devait à nouveau faire une séance de tirs au but contre Sainté, on espère que ça nous sourira encore. Tout scénario positif, on prend !

Ton équipe reste sur une série de 18 matches d’invincibilité. La dernière équipe à vous avoir battus est ligérienne. La prochaine aussi, dès ce week-end, on est d’accord ?

J’espère pas ! (rires) C’est vrai qu’on n’a plus perdu depuis ce match de début septembre à Andrézieux. Tu sais que c’est le seul match où j’ai marqué cette saison ? C’est le plus beau but de ma vie !

 

Sacrée frappe ! Je te souhaite de sauver l’honneur de la sorte dimanche histoire de sortir la tête encore plus haute de la compétition.

(Rires) En tout cas je me souviendrai de ce but contre Andrézieux. Pour revenir à ce match-là, c’était compliqué car on avait énormément de blessés. C’était la 5e journée de N2. Comme il y a eu pas mal de mouvements de joueurs à l’intersaison, on se cherchait encore, on n’avait pas nos automatismes. C’est vrai que ça fait 18 matches qu’on n’a plus perdu. En clean sheets aussi on n’est pas mal, on doit en être à 17 cette saison.

Vous avez gardé votre cage inviolée en Coupe de France. Quel joueur stéphanois va parvenir à forcer votre coffre-fort ce dimanche ?

Je mets une pièce sur Paul Bernardoni ! (rires) Non, j'espère qu'on gardera encore notre cage inviolée.

Si je te dis qu' à l'issue de cette saison, Bergerac va monter en N1 et Sainté va remporter sa 7e Coupe de France, tu signes de suite ?

Ah elle est dure ta question ! (rires) C’est compliqué. C’est vrai que le pain quotidien, c’est le championnat, on fait tout pour monter. Mais les émotions que tu vis quand tu fais une épopée en Coupe de France, tu vois, c’est tellement fort… Je n’ai jamais vécu des sensations comme ça. Quand on a éliminé Metz aux tirs but, on a vécu des émotions si intenses... Créer l’exploit devant ta famille, voir toute une ville qui saute de joie, c’est indescriptible ! Ces émotions-là sont si fortes, on a envie de les revivre. La Coupe de France, pour tous les Français, c’est quand même quelque chose de particulier, on le ressent…

À qui le dis-tu ! J’adore cette compétition. Et dire qu’on ne l’a pas remportée depuis 1977... Putain, 45 ans !

On a quand même gagné la Coupe de la Ligue ! J’étais à Jean-Jaurès. Quelle liesse à Sainté ! Tu vois, ça fait bientôt 9 ans mine de rien mais je m’en souviens comme si c’était hier de la fête qu’on a faite à Jean-Jau’ ! (rires) La 7e Coupe de France de Saint-Etienne, je te l’annonce, c’est pour l’année prochaine (rires). Cette année ça me semble prématuré, nous à Bergerac on a envie de poursuivre l’aventure. Et le plus important, tu sais, c’est que les Verts restent en Ligue 1 !

 

Merci à Antoine pour sa disponibilité