Tout comme leur entraîneur, les Verts ont le sourire après leur première victoire à l'extérieur de la saison, sur la pelouse d'Amiens.
L'analyse de Laurent Batlles après le match est simple, ses protégés ont répondu présent en ayant mis les ingrédients nécessaires : "vu le début de saison et qu’on n’avait pas encore gagné à l’extérieur et le jeu produit, oui je suis souriant. J’ai vu beaucoup d’envie, d’abnégation (...) il y a eu de la cohérence, de la sérénité. J’avais demandé d’avoir de la force mentale, il fallait tendre vers le positif et pas dans le doute".
Pour obtenir ce résultat, le staff stéphanois a décidé de revenir aux bases : un système à 3 derrière et 4 milieux axiaux capables de garder le ballon. Un 3-4-3 losange, aussi visible sous la forme d'un 3-3-3-1 :
L'habituelle défense titulaire (Briançon - Giraudon - Petrot), le seul avant-centre confirmé disponible (Wadji), la sentinelle habituelle (Monconduit) avec devant elle trois milieux Lobry - Chambost - Mouton. La vraie surprise est venue de la titularisation du jeune Namri dans le couloir droit, Maçon et Palencia n'étant pas convoqués. En face, Amiens proposait un système un 3-5-2.
Ssi la défense amiénoise a été trop souvent en surnombre par rapport au seul Wadji, les deux attaquants n'ont pas su empêcher la construction stéphanoise, c'est donc surtout au milieu que la bataille à été perdue par les Picards. Voici deux exemples :
Le premier commence quelques minutes avant la pause, avec une relance de Dreyer. Sur cette image on voit bien quels sont les Verts responsables de la construction :
Chambost reçoit le ballon dans le rond central et montre ensuite son envie, profitant en même temps du fait que le bloc amiénois n'est pas en place :
Une-deux avec Mouton pour éliminer un milieu, puis un autre une-deux avec Namri dans le couloir droit. Le meneur de jeu stéphanois n'est pas le seul à faire des appels, il est suivi par Mouton...
... à qui il donne le ballon aux abords de la surface. Malheureusement, le centre au deuxième poteau dans la course de Pintor est repoussé par la défense, le piston gauche stéphanois étant de toute façon signalé hors jeu.
Un deuxième exemple quelques minutes après la pause commence avec un ballon qui circule de gauche à droite dans la défense, jusqu'à Briançon :
Sur cette image on voit bien les 4 milieux stéphanois, quasiment tous à la même hauteur - leurs déplacements respectifs seront la clef de cette attaque. En attendant, le ballon est passé entre Briançon et Namri à droite...
... avant d'être envoyé à gauche, jusqu'à Petrot. On observe déjà que Lobry s'est placé en soutien de Wadji, haut, pendant que le bloc adverse en 5-3-2 est bien en place. Petrot joue avec Giraudon...
... qui s'appuie sur Monconduit, décroché pour lui offrir une solution, avant d'envoyer le jeu à droite, où Mouton s'était écarté.
Les trois milieux adverses doivent donc coulisser vers ce côté, ils doivent couvrir toute la largeur du terrain, car les pistons sont pris avec leurs adversaires directs. Les 4 milieux stéphanois sont donc en surnombre et combinent bien. Lobry fait un appel entre les lignes, il reçoit le ballon, revient en arrière...
... et Mouton prend sa place entre les lignes. Mais le jeu n'est pas là, dans un petit périmètre, les Verts profitent de la largeur et le ballon est envoyé à Chambost, à l'opposé - les 3 milieux amiénois ont été contournés :
Chambost se retrouve donc face au jeu, avec devant lui une défense à 5 qui coulisse en laissant des espaces entre les joueurs. C'est par là qu'il cherche l'appel de Pintor en profondeur et ce dernier se fait bousculer dans la surface. Penalty transformé par Wadji - seul tir cadré du match pour les Verts, suffisant pour s'imposer.
Conclusions
Les Stéphanois n'ont pas été largement plus dangereux que leurs adversaires, loin de là. Mais ils n'ont pas concédé beaucoup d'occasions non plus, et ce clean sheet doit les rassurer. Si la réussite a pour une fois basculé du côté des Verts, il faut aussi souligner qu'ils ont mis les ingrédients nécessaires. Beaucoup de sérieux, de concentration, et une maîtrise technique et tactique qui leur a permis de garder le ballon et faire courir l'adversaire. Et si cette maîtrise au milieu, cette possession, ne s'est pas souvent transformée en occasions franches, elle a empêché les Picards de s'en procurer à leur tour. Amenant ainsi une certaine sérénité, qui manquait cruellement au groupe depuis quelques semaines...