Les Verts ont perdu leur match à Paris, un résultat tout à fait normal compte tenu de la différence économique et sportive entre les deux équipes
Si le staff stéphanois a reconduit un système avec trois défenseurs centraux, il y avait bien une surprise dans le positionnement des 11 titulaires :
Falaye Sacko a été utilisé en piston droit, sa place dans l'axe droit de la défense centrale étant prise par... Camara. Le reste du 5-2-3 des Verts a été plutôt classique, surtout dans l'absence de Khazri, blessé. Le choix du système a été logique, compte tenu de la continuité prônée par Pascal Dupraz, mais aussi de l'animation offensive parisienne : à partir d'un 4-3-3, avec deux ailiers qui rentrent souvent dans l'axe, laissant les couloirs pour les latéraux. Quant au choix de positionner Camara en défense centrale, le coach de l'ASSE a expliqué qu'il "a déjà dépanné à ce poste", mais surtout qu'il voulait avoir un vrai défenseur à droite, car "le couloir gauche au PSG fonctionne très bien". Par contre, pas d'explication pourquoi Camara et pas Moukoudi...
Si sur l'image précédente on voit les Verts en 5-2-3, Nordin et Bouanga ont souvent reculé à hauteur des milieux centraux, les Stéphanois défendant la plupart du temps en 5-4-1 :
Et ils n'ont pas fait que défendre, osant souvent des sorties de balle malgré le pressing adverse et proposant des projections intéressantes. Comme dans cet exemple en tout début du match, qui voit les Parisiens faire circuler le ballon de gauche à droite. Et suite à une mauvaise passe...
... la possession dévient stéphanoise, Kolo héritant du ballon. Le contre-pressing du PSG est immédiat, si sur l'image précédente les défenseurs sont à une dizaine de mètres dans leur camp, ils sont plus hauts ensuite, réduisant les espaces pour la sortie des Verts :
Kolo joue avec Gourna, qui écarte plus haut avec Bouanga, dans le couloir gauche, malgré la présence de plusieurs adversaires. Et les Verts ne paniquent pas, ne balancent pas n'importe comment le ballon...
... mais construisent une vraie attaque. Car Boudebouz fait un appel en profondeur comme un vrai avant-centre et la passe lobée de Kolo le trouve en pleine course. Malheureusement, son contrôle dans la surface permet à un défenseur de dégager en corner.
Quant à l'aspect défensif, un autre exemple quelques minutes plus tard nous permet de comprendre à la fois l'animation adverse et les mesures prises par le staff stéphanois :
L'action commence avec les deux ailiers parisiens très excentrés, la ligne de 5 défenseurs couvre quasiment toute la largeur du terrain et l'avant-centre se trouve dans la zone de Camara. Les 4 milieux stéphanois s'occupent principalement des 3 milieux du PSG - ils sont très resserrés et cherchent à les empêcher de combiner. Le ballon est donc passé sur la gauche de l'attaque et quand il revient dans les pieds de l'ailier...
... Sacko sort sur lui. Camara prend l'avant-centre, le reste du bloc stéphanois coulisse vers ce côté. Le ballon est ressorti et on peut s'attendre que le ballon soit envoyé à l'opposé. L'avant-centre décroche pour proposer une solution...
... et il est suivi par Mangala, pas Camara, car il est plus axial. Les deux lignes stéphanoises étaient reformées, mais quand le ballon est de nouveau envoyé dans le même couloir...
... Sacko sort de nouveau, cette fois-ci pour bloqué le latéral gauche parisien. Ce qui veut dire que Camara a deux adversaires dans sa zone, l'ailier et l'avant-centre, mais ce n'est pas un problème, car Zaydou et Gourna bloquent les possibilités de passe. Et comme les Verts sont très disciplinés tactiquement, Bouanga couvre dans l'axe, au marquage des deux milieux axiaux.
Sans possibilité pour passer de ce côté, le ballon ressort jusqu'aux défenseurs. Le bloc stéphanois coulisse bien est il n'y a pas plus d'espaces dans le couloir opposé, alors le défenseur envoie un long ballon en profondeur. Entre temps Sacko était repassé au marquage de l'ailier, Camara de l'avant-centre, mais le ballon est trop long et Bernardoni le récupère facilement.
Même si assez souvent l'avant-centre adverse se placé dans la zone de Camara, il s'est souvent baladé sur la largeur du terrain. Les Verts ne faisaient pas de marquage individuel sur lui, mais en zone, se le passant en fonction de ses déplacements. Et ça a bien fonctionné en 1MT jusqu'à la 42e minute, quand le talent et la vitesse ont fait la différence :
Même disposition tactique que dans l'exemple précédent, la ligne de 4 milieux bloque le jeu dans l'axe, la ligne de 5 défenseurs couvre la largeur du terrain, car les deux ailier adverses sont très excentrés. Le ballon arrive à celui de droite, qui voit l'appel de son avant-centre :
Tous les défenseurs stéphanois sont en place, mais la course croisée et la passe sont parfaitement synchronisées et Bernardoni est trompé par la frappe dans un angle fermé. Le PSG revient au score juste avant la pause et tue ensuite le match juste après avec deux autres buts. Pour mieux comprendre ce premier but, qui a relancé les Parisiens, un petit zoom au moment où le ballon part de l'ailier :
Tous les défenseurs sont là, en place. Mais Nadé regarde le ballon et l'ailier et s'occupe pas de l'avant-centre. Camara ne le suit pas non plus, faisant un signe du bras à Mangala de le prendre, car la course est croisée. Et ce dernier sprinte en même temps que son adversaire, mais la différence de vitesse est trop importante...
Comme les Parisiens ont marqué deux autres buts dès le début de la 2MT, ils ont ensuite géré, laissant le ballon aux Verts et profitant des espaces. La physionomie du match a changé et le staff stéphanois a procédé à un ajustement tactique :
Une défense à 4, avec Nadé et Moukoudi, entré à la place de Mangala, qui avait pris un jaune et venait de commettre une grosse faute. Camara est monté d'un cran, au milieu à la place de Zaydou, remplacé par Hamouma, positionné en avant-centre.
Le reste des changements effectués ont été du poste pour poste, le système et la défense restant inchangés :
Aouchiche et Thioub en ailiers, Moueffek à côté de Camara au milieu, un bloc stéphanois très haut, n'hésitant pas à presser leurs adversaires dans les derniers 30 mètres. Mais sans réussir à se procurer de très grosses occasions...
Conclusions
La défaite était attendue et elle est complètement logique, la différence de niveau entre les deux équipes étant trop importante. Néanmoins, les Verts ont bien tenu contre des adversaires nettement supérieurs individuellement, en étant bien en place - ils n'ont pas concédé tant d'occasions que ça avant que le match soit plié et ils se sont même procurés plusieurs, franches. Il n'y a pas vraiment d'enseignement à tirer de ce type d'opposition, mais on peut quand-même souligner qu'il y a de la qualité dans cette équipe stéphanoise, à la fois individuelle (technique), mais aussi collective (tactique). Et c'est plutôt rassurant dans la course au maintien...