Ancien milieu de terrain de l'ASSE et du Stade Brestois, Maurice Bouquet a choisi son camp pour le match qui opposera les deux clubs ce samedi dès 17h00.
Il y a trois jours, Michel Bouquet nous a quittés. Comment tu as tué ton père ?
Je n’ai pas de lien de parenté avec cet acteur et je ne crois pas qu’on l’ait tué.
Si, plusieurs fois même, notamment dans les films de François Truffaut ! Jeanne Moreau l’a empoisonnée dans La Mariée était en noir.
L’année d’après Jean-Paul Belmondo l’a flingué dans La Sirène du Mississipi.
Dans ce film, Michel Bouquet incarnait un détective nommé Comolli. Aucun lien de parenté avec Damien a priori… T’as un lien de parenté avec Carole Bouquet au fait ?
Non plus mais j’aurais bien aimé ! (Rires)
Trop belle pour toi ! Bon, on pourrait parler des heures de Buffet froid mais évoquons plutôt le match de cet après-midi à Geoffroy.
C’est bien sûr un match très particulier pour moi car je suis très attaché à ces deux clubs. Je serai d’ailleurs à Francis Le Blé lors de la dernière journée pour la réception de Bordeaux car le Stade Brestois fêtera à cette occasion ses 70 ans et m’a invité comme d’autres anciens. Autant d’habitude je souhaite que Sainté et Brest fassent match nul quand ils se rencontrent, autant aujourd’hui je souhaite vraiment une victoire des Verts vu la situation dans laquelle se retrouve l’ASSE. Brest n’est pas encore maintenu mathématiquement mais compte déjà 39 points, on sait que le club va se sauver. C’est donc tout naturel que je souhaite une victoire de Sainté. C’est le cœur qui parle, je ne veux pas voir ce club descendre en Ligue 2.
Pascal Dupraz non plus. Tu l’as bien connu d’ailleurs !
On a effectivement joué ensemble à Brest. Pascal, c’est quelqu’un avec un très fort caractère. Il l’a toujours eu. Il savait exactement où il voulait aller. Même s’il a connu quelques difficultés parfois avec le public brestois qui était exigeant envers lui, il a toujours fait face et ne s’est jamais démonté. J’ai renoué avec lui il y a un an et demi quand il entraînait Caen car le hasard a fait que le C’Chartres Football reçoive le Stade Malherbe en 8e de finale de Coupe de France. On a perdu 1-0. Il y a bien plus longtemps, j’avais affronté Pascal quand il entraînait Thonon-Gaillard et que je coachais Le Puy. Ça a toujours donné lieu à des matches très tendus. On se respectait mais on ne s’aimait pas beaucoup ! (rires)
Depuis qu’on s’est revu à Chartres, je suis vraiment l’un de ses premiers supporters et un des premiers à vouloir qu’il réussisse sa mission à Saint-Etienne. Peu d’entraîneurs se seraient engagés avec l’ASSE quand il a repris l’équipe mais lui a eu ce courage-là de le faire et de bien le faire. Je trouve trop faciles toutes les critiques que je peux entendre à son sujet. Moi je lui envoie un texto chaque week-end car j’ai réellement envie qu’il réussisse. Il a pris la dimension de club qui est très, très importante, et la dimension des supporters. Aujourd’hui Saint-Etienne n’a pas le droit de descendre. Avoir relevé ce challenge-là, quand l’ASSE n’avait que 12 points, c’est vraiment courageux.
Les Verts ont pris 15 points depuis, grâce à leurs victoires contre Angers, Montpellier, Clermont et Metz et à leurs nuls contre Strasbourg, Lille et Troyes. Mais ils restent sur deux défaites. Balayés par Marseille à la maison, les Verts ont ensuite été humiliés à Lorient. Penses-tu que les Verts vont rebondir et réussir leur mission maintien ?
Moi j’en suis persuadé. Je suis convaincu que l’ASSE va se sauver, que Pascal va réussir le challenge qu’il s’est donné. À mon sens, c’est normal quand on a dû beaucoup cravacher pour sortir de la zone dangereuse comme ils ont pu le faire – ils partaient de tellement loin – qu’à un moment donné, psychologiquement, dans les têtes, on se sente arrivé. Mais je pense qu’après ces deux défaites - celle concédée à Lorient est très surprenante par son scénario ampleur - les Verts vont repartir avec l’état d’esprit qu’ils avaient eu pour se sortir de cette zone, et peut-être avec une autre expérience qui va leur permettre de continuer jusqu’au bout.
Quelle sera la clé pour y parvenir ?
C’est là, c’est ce match contre Brest qui se profile. Je pense que ce match sera déterminant. Quand on vient de subir une telle déroute… Les Verts menaient 2-0 à Lorient et ils se sont complètement écroulés. Je pense que Pascal a dû beaucoup travailler sur l’aspect psychologique et s’est efforcé de redonner le moral à ses joueurs. Il a dû arriver à leur faire comprendre que tout ce qu’ils avaient réussi à faire avant n’est pas tombé à l’eau, que ça n’a pas disparu. Peut-être que psychologiquement ils se sont cru à un moment donné sortis d’affaire alors qu’ils n’ont pas le droit de se relâcher. Le sursaut va passer par le match d’aujourd’hui. Je suis persuadé que si les Verts gagnent ce match contre Brest, ils s’en sortiront.
Et sincèrement, même si je vois ça de loin maintenant, quand on voit un public pareil, qui est derrière son équipe en permanence… Ce n’était pas forcément le cas avant mais depuis quelques temps on sent que les supporters donnent le maximum pour aider l’équipe à s’en sortir. Et ça passe par une victoire ce samedi, c’est obligé. Je vois les Verts l’emporter contre Brest, dans la difficulté. Je vois le Stade Brestois ouvrir le score et ensuite l’ASSE renverser la situation pour l’emporter 2-1. Je souhaite de tout cœur que ça se passe comme ça. Je crois dans la force du public stéphanois, je crois en sa capacité à aider l’équipe à arracher la victoire. Un club comme l’ASSE vit à travers ses supporters. Ce sont eux qui font le club.
Merci à Maurice, RIP Michel et bises à Carole