Même si un nul contre le quatrième du championnat n'est pas un mauvais résultat, les Verts auraient pu obtenir mieux lors de la réception de Strasbourg
On ne change pas une équipe qui gagne... ou au moins, on ne change pas le système et la défense - le staff stéphanois a reconduit une équipe très similaire à celle qui s'est imposé lors des deux derniers matchs :
La même défense à 5 avec Thioub et Kolo en pistons, une paire de milieux défensifs (Camara - Zaydou) et deux attaquants Bouanga - Khazri soutenus par Boudebouz.
Contre un adversaire qui évolue aussi avec une défense à 3/5, la clé du match vient souvent des duels dans les couloirs. Et les Verts avaient trouvé le moyen de prendre l'ascendant, mais ils ont souvent fait les mauvais choix en 1MT, comme par exemple à la 13e minute :
Bernardoni lance Kolo à gauche, qui combine avec Boudebouz. Les Stéphanois montent plus haut sur le terrain, le bloc adverse recule, le meneur de jeu des Verts temporise et joue ensuite avec Camara...
... qui joue avec ses défenseur, le ballon circulant donc de gauche à droite. Une construction tout à fait normale, jusqu'au moment au Sacko joue vers l'avant avec un de ses milieux, Zaydou :
Thioub est complètement libre à droite, mais le milieu stéphanois choisit de remettre en arrière (de la ligne médiane) à Bernardoni. Qui dégage du pied directement sur un adversaire et la possession est perdue.
Les exemples de ce genre ont été très nombreux en 1MT - une difficulté de jouer vers l'avant (ou au moins en latéral) et des ballons balancés vers Bernardoni, qui a eu un jeu au pied terrible. Pourtant, la solution, on l'avait, la preuve en quelques exemples :
Après 33 minutes de jeu, Sacko échange le ballon avec Thioub à droite. Le bloc adverse est en place, même si le piston de ce côté est un peu sorti pour bloquer son adversaire direct. On remarque ainsi le positionnement de Bouanga, en ailier droit, dans le dos de ce piston, ce qui a son importance pour la suite de l'action.
Suite qui n'aurait pas existé si Camara avait fait le même choix que Zaydou quand Sacko lui a donné le ballon. Au lieu de balancer vers Bernardoni, il a décalé Thioub, encore une fois libre dans sa zone. Boudebouz fait un appel, ce qui attire un défenseur...
... et offre beaucoup d'espace à Bouanga dans le dos de la défense. Où il est trouvé par la passe lobée de Thioub, qu'il contrôle de la tête avant de centrer pour Khazri au deuxième poteau, 2-2.
Et pour mieux comprendre que ce jeu n'était pas le fruit du hasard, deux minutes plus tard, une autre action commence en décalant le même Thioub à droite :
Cette fois-ci, c'est Khazri qui fait un appel dans le dos du piston sorti sur Thioub. Il est donc trouvé plus haut dans le couloir...
... et la volonté des Verts de dézonner et créer des espaces devient évidente quand on observe le déplacement de Bouanga. Qui fait un appel dans le même couloir...
... et le ballon circule bien, Thioub le retrouvant à nouveau dans la surface adverse. Malheureusement, il ne parvient pas à bien finir l'action après avoir crocheté un dernier défenseur.
Deux changements importants sont intervenus dans l'animation offensive stéphanoise au retour des vestiaires. Les Verts ont moins donné le ballon à Bernardoni (voire plus bas) et Boudebouz a reculé d'un cran, participant beaucoup plus à la construction du jeu, souvent très excentré. Comme on peut le voir dans cet exemple à la 65e minute :
Après avoir conservé le ballon à gauche, les Stéphanois jouent à droite, le ballon circulant de Mangala à Thioub, via Sacko, et retour. Pendant ce temps, Boudebouz se trouve à la même hauteur que Zaydou et Camara, bien excentré à gauche, plus bas que le piston, Kolo.
Ce dernier se place même plus haut, à côté de Khazri et Hamouma - entré à la place de Bouanga - c'est Boudebouz le joueur de couloir gauche. Mangala joue avec Camara, qui lui redonne le ballon, qui est ensuite écarté jusqu'à Nadé...
... pour finir ensuite, logiquement, dans les pieds de Boudebouz. Le bloc adverse, en 5-3-2, coulisse comme il faut, sauf que le piston droit à du mal à se situer. Son adversaire direct est Kolo, mais c'est Boudebouz qui est placé en tant que latéral gauche. Pire, Hamouma fait un appel dans ce couloir aussi :
Conclusions
Les Verts avaient trouvé la solution tactique pour déséquilibrer le bloc strasbourgeois : placer un des offensifs (même plusieurs) dans les couloirs, en plus du piston, un joueur qui fera des appels dans le dos du piston adverse. Le déséquilibre allait donc être trouvé par ce jeu dans le dos du latéral strasbourgeois, comme Kolo a délicatement essayé de le faire comprendre à Nadé à la 50e minute, quand ce dernier a fait un autre choix. Et c'était bien vu, les actions stéphanoises les plus dangereuses ont été construites de cette manière. D'ailleurs, même le premier but part d'une situation identique, sauf que le ballon en profondeur dans le couloir est intercepté par un défenseur, qui joue avec son gardien.
Un plan tactique bien pensé, gâché en 1MT par certains choix de passe, notamment les ballons en arrière à destination de Bernardoni. La différence de stats entre les deux mi-temps pour ce dernier est parlante : 18 longs dégagements effectués en 1e période, contre seulement 5 en 2e. Les protégés de Pascal Dupraz avaient compris le message à la pause : décaler le jeu vers les côtés, pas vers leur gardien. Malheureusement, ils n'ont pas réussi à marquer un 3e but, synonyme de victoire...