Ancien pensionnaire du centre de formation de l'ASSE (de 2012 à 2015), le nouveau milieu de terrain ponot Arsène Elogo s'est confié à Poteaux Carrés avant de recevoir les Verts ce mardi à 19h00 (match à suivre en direct sur ASSE TV).
"C’est sympa de démarrer ma nouvelle aventure avec Le Puy par ce match contre Sainté car je garde de bons souvenirs de mes trois années passées chez les Verts. J’ai rejoint l’ASSE après avoir fait une bonne saison avec les U17 nationaux de Grenoble. J’ai joué d’abord en U19 avec Abdel Bouhazama, un coach que j’ai beaucoup apprécié et avec qui je suis resté en contact. Quand j’avais réussi mon essai à l’ASSE, je me souviens qu’il m’avait appelé pour que n’aille pas au Stade Rennais qui voulait aussi me faire faire un essai. J’avais apprécié qu’il m’appelle, il tenait vraiment à me recruter. Je lui ai dit que j’allais quand même faire ce test en Bretagne mais qu’ensuite j’allais signer chez les Verts. C’est ce que j’ai fait. Je n’ai pas voulu faire faux bond à Rennes car on ne sait jamais ce qui peut se passer dans le foot…
J’ai aimé travailler avec le coach Abdel. Il était très humain, il avait une très forte personnalité. Ce que j’aimais, c’est qu’il nous poussait dans nos retranchements pour voir jusqu’où on pouvait aller. On pouvait croire qu’il était un peu dur mais on a compris que c’était pour notre bien, il voulait nous montrer de quoi on était capable. Je pense que c’est un coach qui arrive à déceler le potentiel de ses joueurs et à voir jusqu’où ils peuvent aller. Quand il poussait des gueulantes, c’est qu’il savait qu’on pouvait faire beaucoup plus, beaucoup mieux. Il faut le prendre bien. Quand un coach attend beaucoup de toi, c’est toujours bon signe.
Au bout de quelques mois, j’ai fait mes premières apparitions en CFA, c’est Jean-Philippe Primard qui entraînait l’équipe. Je crois que j’ai fait mes débuts avec la réserve lors d’un derby qu’on a perdu 1-0 à l’Etrat face à l’OL de Nabil Fékir et Alassane Pléa. On est descendu en CFA2 et j’ai eu davantage de temps jeu quand je suis passé stagiaire avec Thierry Oleksiak. J’ai beaucoup appris avec lui dans la maturité du jeu. J’ai appris à mieux jouer avec mon corps, à mieux gérer les temps de jeu dans les matches. Ma troisième saison et dernière saison à Sainté, Thierry Oleksiak s’est beaucoup appuyé sur son adjoint Laurent Batlles. C’est le coach Batlles qui nous entraînait la semaine. Je serai très content de le revoir à Massot. On a déjà eu l’occasion de se recroiser plusieurs fois sur les terrains de L2 quand il officiait à Troyes. Je l’ai d’abord affronté avec le GF38 puis avec le VAFC.
L’ASSE a été une période importante de ma vie car j’ai rencontré à Sainté des joueurs qui sont restés des amis, comme des frères, avec lesquels je suis toujours en contact aujourd’hui. La plupart de mes amis m’ont "choqué" dans le bon sens du terme footballistiquement. Je suis proche de Jonathan Bamba, que j’ai le plaisir de retrouver souvent quand j’étais à Valenciennes car il n’était pas loin, à Lille. Je suis vraiment proche également de Ben Karamoko, Axel Kacou, deux 95 comme moi, mais aussi d’Allan Saint-Maximin. Même si Allan a deux ans de moins que moi, on se donne souvent des nouvelles.
Mon regret, c’est qu’on ne soit pas allé aussi loin qu’on l’espérait en Gambardella la saison 2013-2014. On avait perdu 1-0 sur le terrain de Monaco en 16e ou en 8e lors d’un match que tous les observateurs avaient jugé de très haute qualité. On avait une très belle équipe avec justement Axel, Jonathan, Allan etc. Eliott Gattier avait été très sévèrement expulsé à l’heure de jeu et les Monégasques avaient marqué en fin de match. Mais j’ai plein de bons souvenirs de mes années stéphanoises. Je me souviens notamment qu’après un rouge pris avec la réserve, j’étais redescendu en U19. J’ai su faire preuve alors de personnalité et de caractère et quand je suis revenu de suspension, j’ai été performant.
En 2015, j’ai quitté Sainté pour retourner à Grenoble. L’ASSE ne m’avait pas proposé de contrat pro mais souhaitait me garder avec un contrat amateur qui financièrement m’aurait permis de toucher les mêmes revenus que j’avais en tant que stagiaire. J’avais donné un accord de principe mais Grenoble est venu vers moi. L’ASSE a estimé comme moi que ce projet grenoblois était bon pour moi. Grenoble était un club ambitieux qui avait l’objectif de remonter au niveau professionnel. C’est ce qu’il a réussi à faire, j’ai progressé de concert avec ce club avec lequel j’ai connus deux montée, d’abord de CFA au National et ensuite de National à L2.
Après deux saisons pleines avec le GF38, j’ai rejoint le VAFC. Ma première saison à Valenciennes s’est très bien passée, j’ai encore eu beaucoup de temps de jeu. Mais cette dernière saison, j’ai été mis à l’écart pour des raisons extra-sportives. C’est dommage mais on ne va pas s’attarder sur ça. Je suis pour ma part resté professionnel du premier au dernier jour. Le club voulait peut-être se séparer de moi, ça ne s’est pas fait. Quand on ne se sépare pas d’un joueur, je trouve ça dommage de lui dire avant la préparation qu’il fera zéro match. Se priver d’un joueur performant c’est curieux mais je ne veux pas m’étendre là-dessus, c’est le passé.
Abstraction faite de cette dernière saison qui a par la force des choses été particulière et compliquée pour moi, j’ai acquis une bonne expérience de la L2, un championnat que l’ASSE s’apprête à redécouvrir. C’est un championnat difficile à décrire. Cette saison, avec les équipes qu’il y avait déjà et les descentes qu’il y a eu, je pense qu’il va être particulièrement intéressant, à mon avis le niveau sera élevé. Dans ce championnat t’as des équipes joueuses mais t’as aussi un paquet d’équipes qui défendent leur maintien. T’auras parfois des matches ouverts mais d’autres qui seront fermés.
En tout cas je trouve que c’est un bon championnat, il y a de la qualité et de très bons joueurs. Dans le contexte dans lequel se retrouve Sainté aujourd’hui, c’est important de compter sur un entraîneur qui non seulement a coaché à ce niveau-là mais y a performé. Le coach Batlles a réalisé un travail remarquable avec l’Estac ponctué d’une montée amplement méritée. J’espère qu’il connaîtra pareille réussite avec Sainté. Je souhaite bien sûr que l’ASSE retrouve l’élite du football français le plus tôt possible.
Personnellement je suis concentré sur mon nouveau club Le Puy, promu en National 1. J’espère qu’on va faire de belles choses, une belle saison. Je sors d’une saison vierge, j’ai juste joué 5 matches de N3 avec la réserve valenciennoise. Forcément j’ai les crocs, j’ai faim. J’ai envie de rebondir et je suis content que Le Puy m’en offre l’opportunité. Le plus important, ce sera de réussir notre saison collectivement. Et bien sûr personnellement je compte à aider l’équipe à atteindre ses objectifs. Après avoir vécu une saison blanche, t’as des fourmis dans les jambes, t’as envie de rejouer. Mais intelligemment il faut bien se préparer, ne pas se blesser.
Ce qui compte, c’est d’être prêt le jour où le championnat de N1 reprendra. Le plus important, je le répète, c’est le collectif. Il y aura six descentes cette année dans ce championnat. Si on joue en équipe, les performances individuelles viendront d’elles-mêmes. Mes premières impressions avec Le Puy sont bonnes, j’ai été très bien accueilli. Le groupe est enthousiaste, il y une bonne ambiance avec cette dynamique de la montée. Ma signature au Puy, ça s’est fait naturellement. Quand le club m’a contacté, je n’ai pas trop hésité à le rejoindre. Je ne souhaitais pas forcement attendre parce que le foot d’aujourd’hui, c’est compliqué. On voit bien qu’on n’a pas un mercato trop foufou.
Ma priorité était de retrouver un club et surtout vu ma dernière saison de rejoindre une formation dès le début de la préparation. C’était un critère important pour moi au vu de la saison que je viens de passer. Car même si je me suis évidemment entretenu physiquement, ce n’est pas la même chose que de s’entraîner durablement avec un groupe et d’enchaîner les matches. L’accueil que j’ai reçu des dirigeants, du staff, des joueurs est vraiment top. Je connaissais déjà le gardien Yan Marillat, que j’ai côtoyé un peu à Grenoble avant d’aller à Sainté.
Le Puy, c’est un très beau projet, j’ai confiance en ce projet sinon je ne serai pas là à l’heure où on se parle. Je suis focus à 100% sur ma saison avec Le Puy. On a attaqué notre prépa il y a cinq ou six jours alors que Sainté a repris il y a deux semaines et a déjà joué un match contre Thonon Evian. Les Verts seront donc logiquement en avance physiquement par rapport à nous. Mais c’est un match de préparation intéressant, qui va nous permettre de poursuivre notre travail. On se concentre sur nous, sur ce que l’on a à faire. On va commencer à mettre en place notre système de jeu, à créer un peu d’alchimie entre nous. On va essayer d’offrir une belle opposition, on va tenter de mettre les Verts en difficulté sans nous mettre trop nous-mêmes en difficulté. Ça me donnera l’occasion de retrouver Jimmy Giraudon, avec qui j’avais joué en CFA à Grenoble.
Apparemment il y aura une belle affluence pour ce match, c’est sympa de démarrer notre campagne de matches amicaux dans notre stade devant notre public contre un adversaire prestigieux. Malgré la descente, l’ASSE reste populaire et forcément y a pas mal de fans des Verts dans la région donc je pense qu’ils seront assez nombreux ce mardi à Massot. J’espère surtout que les supporters stéphanois seront là pour soutenir leur équipe en Ligue 2 quand ils pourront revenir au stade. Cette remontée, elle doit se faire tous ensemble.
Je pense que les Verts auront besoin de leur 12e homme pour retrouver l’élite. C’est important pour les joueurs de sentir qu’ils auront les supporters avec eux. On ne va pas revenir sur ce qui s’est passé à la fin du barrage contre Auxerre, ce sont des choses qu’on n’aime pas voir. C’est peut-être la frustration qui a pris le dessus mais il y avait des moyens moins violents de l’exprimer. Quand on gagne on est tous ensemble mais quand perd il faut être tous ensemble pour ensuite se relever tous ensemble. C’est tout ce que je leur souhaite !"
Merci à Arsène pour sa disponibilité