Formé au MHSC et passé par l'ASSE, le gardien de l'ASNL Baptiste Valette s'est confié à Poteaux Carrés avant le match qui opposera les Verts aux Pailladins ce samedi dès 17h00 dans le Chaudron.


Quels souvenirs gardes-tu de Paul Bernardoni, qui t'avait succédé dans les cages des Crocodiles ?

Avec Paul on avait une très bonne relation. C’est quelqu’un de très sympathique, sain, souriant, très agréable à vivre. À Nîmes, il était apprécié par tout le groupe car il a un état d’esprit remarquable. C’est quelqu’un qui travaille énormément, qui est très sérieux. C’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup, ce n’est pas un tricheur.

Tu l’apprécies beaucoup même s’il t’a relégué sur le banc…

C’est vrai que la saison d’avant j’avais joué une trentaine de matches en L2 et participé à la montée. Paul est arrivé l'été 2018 et il a joué intégralement les 38 journées de L1. Ce nétait pas facile à vivre pour moi mais quand devant toi tu as quelqu’un qui est très performant et qui rapporte des points à l’équipe, qui est un artisan omniprésent de tes bons résultats, il faut savoir l’accompagner. On avait une bonne relation avec Paul et Lucas Dias, le troisième gardien.

Dans quel domaine Paul t’a impressionné ?

Ses arrêts sur sa ligne m’ont vraiment impressionné. J’ai aussi été frappé par son excellente lecture du jeu. Paul est confiant sur sa ligne. Il sait analyser les situations et se jauger, il n’est pas du genre à faire des sorties un peu kamikazes. Avec son envergure et sa détente, il nous a sorti des parades de top niveau à Nîmes. J’ai continué de le suivre à Angers et même à Saint-Etienne et il continue de performer. Lors du derby par exemple il a été très bon et plusieurs fois décisif.

Son jeu au pied est parfois pointé du doigt, t’en penses quoi ?

C’est un domaine qu’il travaillait beaucoup à Nîmes. Quand il est arrivé chez les Crocodiles, Paul avait conscience qu’il avait des lacunes à ce niveau-là. Ce que je trouvais très fort de sa part et très sérieux, c’est qu’il demandait à l’un de nos préparateurs physiques de revenir les après-midi pour faire des exercices techniques sur le jeu au pied. Le football moderne demande des gardiens de plus en plus techniques, limite des numéros 10 mais il ne faut pas faire une fixette là-dessus. Paul a bien progressé dans ce domaine et il a d’autres qualités.

T’as été surpris de le voir débarquer à Sainté ?

Personnellement au premier abord ça m’a surpris que Paul parte d’Angers. Je pensais qu’il était considéré comme le gardien numéro un là-bas. Le SCO a investi beaucoup d’argent sur lui, il a quand même été performant. Après, il a eu quelques pépins en début de saison donc ça n’a pas été facile pour lui sur quelques matches. Mais pour moi ça ne remet pas en cause ses qualités de gardien. Il a juste eu des petits soucis physiques, des infections mais il s’en est très bien remis depuis.

Paul a été indisponible, sa doublure a été performante. Angers ne joue pas les premiers rôles et de toute façon, dans n’importe quelle équipe de L1, quand un joueur est performant, c’est difficile de le sortir. Apparemment le statut de Paul a changé après son retour de blessure. Comme c’est quelqu’un qui veut tout le temps jouer. Dans ses choix de carrière, il a toujours choisi l’endroit où il allait jouer, que ce soit à Clermont, Nîmes ou Angers.

Sa venue à Sainté a pu surprendre des supporters, ce n’est pas forcément dans ce secteur que l’ASSE avait le plus besoin de se renforcer.

Peut-être mais comme l’a dit Loïc, le club a su saisir une opportunité. Paul aussi du reste ! L’opportunité d’aller à Saint-Etienne, je trouve ça super pour lui. Je peux parler en connaissance de cause, l’ASSE est un top club. Que Sainté soit dernier, joue le maintien de cette manière-là, je n’aurais jamais pu l’imaginer. Même si Etienne Green a été très performant, on sait malgré tout que dans les maintiens, il faut de l’expérience quand même.

La jeunesse apporte la fougue, le dynamisme. Après, c’est vrai que Paul n’a pas non plus 30 ans. Il n’a que trois ans de plus qu’Etienne mais il a déjà une grosse expérience en L1. Avant d’arriver à Sainté, il avait déjà largement dépassé la barre des cent matches en Ligue 1. Il a découvert l’élite quand il était tout jeune à Troyes, il y a joué avec Nîmes et Angers. Il compte aussi pas mal de sélections avec les Espoirs.

Tout cette expérience joue en faveur de Paul car mine de rien, l’aspect psychologique est primordial dans un maintien. Le fait que Paul ait réussi à se maintenir dans l’élite avec Nîmes alors que beaucoup de monde voyait le club descendre a pu jouer aussi dans l’arrivée de Paul à Sainté. Parfois les directeurs sportifs et les coaches sélectionnent des profils par rapport au vécu du joueur. Le fait que Paul ait connu une opération maintien réussi peut faire pencher la balance du bon côté.

À Nîmes, tu as également côtoyé un autre joueur prêté par le SCO à l’ASSE.

Exact, j’ai joué avec Sada Thioub. Lui aussi c’est un joueur que j’appréciais. Il est jovial et toujours chambreur, il apporte une bonne ambiance dans un groupe. Comme Paul, c’est quelqu’un d’enthousiaste. On s’entendait bien. Sur le terrain, j’aimais bien le fait qu’il était vraiment porté vers l’avant. C’est quelqu’un qui va toujours percuter son adversaire direct, qui va dribbler. Il a des dribbles relativement simples mais quand même assez efficaces.

Chez nous à Nîmes, il a joué la plupart des matches de la montée. Sur son côté, il faisait très mal à l’adversaire. Tantôt il dribblait, tantôt il faisait des appels en profondeur. Il a quand même beaucoup de qualités de vitesse et de percussion. Je pense que Sada peut apporter à cette équipe stéphanoise. C’est un joueur qui compte quelques sélections avec le Sénégal et il commence à avoir un peu de bouteille. Il n’est pas très vieux, il a 26 ans. Il ne doit plus être très loin de la centaine de matches en L1 je pense.

Tu penses que Sainté va se maintenir ?

Il y a des clubs comme ça qui ont une histoire, qui ont un gros vécu dans notre élite du football français. Je pense qu’à un moment donné ça pèse dans la balance. Des choix ont été faits, on voit que Loïc s’affirme dans ses nouvelles fonctions de directeur sportif. Il connaît parfaitement le club, il connaît extrêmement bien le football français. Il faut qu’il y ait une dynamique qui s’installe dans ce nouveau groupe.

Ce n’est pas facile d’avoir tant de changements en hiver, il faut que les joueurs qui arrivent s’adaptent assez rapidement et amènent une bonne pierre à l’édifice. Je pense que ça va être dur pour Sainté mais je vois quand même les Verts se maintenir, dans le pire des cas via les barrages. Je pense que l’équipe de L2 qui jouerait en barrage contre l’ASSE aurait beaucoup de mal. La disparition des jauges, le retour des supporters à Geoffroy-Guichard, ça peut aider aussi le club à aller chercher le maintien.

Franchement, je ne vois pas Sainté descendre. Après, peut-être que ne suis pas objectif car j’ai un vrai attachement pour le club et pour des joueurs qui y sont. Mais le fait est que Sainté a quand même des joueurs de qualité, je les sens déterminés à sauver le club. De mon époque, il n’y a plus que Romain. J’ai gardé quelques contacts avec lui. De temps en temps, quand il met des belles photos de lui, je les commente (rires). J’ai vu qu’il est de retour dans le groupe, ça me réjouit car c’est un super joueur.

C’est lui qui avait inscrit l’unique but de la rencontre contre Montpellier il y a quatre ans à la Mosson. Le MHSC, ça représente quoi pour toi ?

J’ai beaucoup d’attachement pour ce club, forcément. C’est le club de mon département, le club où j’ai été formé. Je suis resté sept ans au MHSC, six ans au centre de formation, une année en pro et c’est juste après que je suis venu à Sainté, en 2013. J’ai vécu l’âge doré du club, avec le titre de champion de France en 2012. J’ai connu la famille Nicollin, des gens qu’on ne voit plus trop aujourd’hui dans le foot français.

Dans le monde du foot où il y a de plus en plus le côté business qui prend le pas, les Nicollin ont ce côté familial qui moi me touche et qui me plaît énormément. Loulou n’est plus mais Laurent a repris le flambeau et perpétue cet esprit pailladin aux côtés de Michel Mézy, Pascal Baills… Montpellier a évolué avec le football mais il y a toujours ce côté familial, cette ambiance conviviale. Moi je suis toujours supporter aussi de Montpellier. Je ne peux pas oublier club qui m’a apporté énormément.

Comptant actuellement 19 points d’avance sur l’ASSE, le MHSC réalise une belle saison alors qu’il a perdu son très efficace duo d’attaque Delort-Laborde à la fin du mercato estival.

Je trouve que Montpellier fait vraiment une belle saison. Le club compte actuellement le même nombre de points que Rennes et Lyon. Montpellier a certes perdu des attaquants de qualité mais c’est un club bien géré qui a su trouver une certaine pérennité en Ligue 1. C’est un club qui recrute toujours intelligemment, qui a un bon directeur sportif en la personne de Bruno Carotti.

Le MHSC a certes perdu Andy et Laborde mais a réussi à conserver un top joueur que j’aime beaucoup, Téji Savanier. C’est un mec avec qui j’ai été formé à Montpellier, avec qui j’ai évolué à Nîmes. Je vois la place qu’il prend aujourd’hui dans le football français, c’est magnifique. Ça parle même de lui en équipe de France. C’est top !

J’ai vu qu’il sera encore suspendu ce week-end contre Montpellier et que Stephy Mavididi ratera également ce match à Geoffroy. C’est un attaquant intéressant, qui s’est affirmé cette saison après le départ de Delort et Laborde. Je pense malgré tout que Montpellier sera en mesure d’aligner une équipe compétitive à Sainté.

Ton prono ?

Je vois un match nul. C’est le prono du cœur. Je suis tiraillé, mon cœur balance. Je sais qu’un nul ne ferait pas les affaires de mes amis stéphanois mais je vois un score de parité. On va dire un partout car je n’aime pas les matches de foot où il n’y a pas de but et je ne veux pas que Paul prenne trop de buts non plus !

 

Merci à Baptiste pour sa disponibilité