Après une nouvelle défaite de ses protégés, l'entraîneur des Verts a insisté sur l'état d'esprit qu'ils devraient avoir sur le terrain, un élément qui leur a fait défaut sur la pelouse de Metz...
Concernant le système tactique utilisé, le staff stéphanois a été dans une certaine continuité par rapport aux deux derniers matchs, la victoire à Amiens et le match de Coupe contre Rodez, dont voici une capture d'écran :
Toujours une défense à trois, avec Bakayoko à la place de Briançon, blessé. Toujours seulement deux joueurs de couloir, avec Namri maintenu à droite et Maçon prenant la place de Pintor à gauche. Toujours trois milieux axiaux, en pointe basse - Bouchouari, de retour de suspension, remplaçant dans le rôle de sentinelle Monconduit. Ce qui laisse encore deux places à prendre dans le 11 de départ, une pour Wadji et... c'est pour la dernière que les choses commencent à être différentes :
Krasso étant de retour de suspension, il a pris cette dernière place restante. Et comme Chambost doit rester titulaire, il descend d'un cran, en milieu relayeur. Les Verts se sont donc retrouvés avec un milieu à trois technique, mais pas enclin à mettre de l'impact pour arrêter les vagues adverses. Mais leur problème principal est venu des côtés, car en 5-3-2 ils étaient en difficulté contre une équipe jouant à deux joueurs par couloir, en 4-3-3. Sur la capture précédente on voit comment les deux ailiers messins sont pris par les deux pistons stéphanois - mais qui doit suivre les montées des latéraux ?
Krasso et Wadji, les deux attaquants ? Ils ne faisaient pas d'efforts défensifs, ne s'excentrant pas pour défendre. Chambost et Lobry, les deux relayeurs ? Si le deuxième a parfois bloqué le couloir gauche, le premier n'a pas fait la même chose à droite. Maçon et Namri, les deux pistons ? En effet, ils sortaient parfois sur le latéral adverse et le défenseur axial le plus proche prenait l'ailier, car il n'y avait pas besoin de trois défenseurs pour un seul avant-centre messin. Mais si cette compensation a marché à gauche, ça a été beaucoup plus difficile à droite.
Tactique pas adaptée à l'adversaire ou manque d'implication de certains joueurs ? Si dans sa conférence de presse d'après match Batlles insinue que c'est la deuxième cause, pour y remédier pendant le match son approche a été d'abord tactique. Dès l'égalisation de Wadji, il a demandé à Chambost et Krasso de se placer différemment :
Les Verts ont évolué en 5-2-3, avec donc deux offensifs excentrés censés suivre les latéraux adverses. Le problème ? Le manque de rigueur défensive de ces deux joueurs, Krasso à droite et Chambost à gauche. Du coup, les problèmes dans le couloir de Namri ont continué et Metz a logiquement repris l'avantage avant la pause.
C'est seulement après la pause que les Stéphanois ont retrouvé réellement deux joueurs par couloir, quand ils sont passés en 4-4-2 / 4-2-4, Bakayoko sortant de la défense et Saban entrant à l'aile :
Un bloc équipe plus équilibré et des Verts qui ont su se montrer dangereux, mais pas réalistes, avant d'encaisser quand-même un troisième but. Marqué, comme un symbole, par le latéral gauche messin, qui a profité du fait que Chambost n'est pas un joueur de couloir, surtout d'un point de vue défensif.
Ce système a été ensuite maintenu pour le reste du match, les autres changements visant des joueurs cuits (Namri, remplacé par Nadé dans l'axe, Petrot passant latéral gauche et Maçon basculant à droite), pas si impliqués (Chambost - poste pour poste par Cafaro, bien plus présent) ou en danger de prendre un deuxième jaune pour des gestes de frustration (Maçon - poste pour poste par Silva).
Conclusions
La tactique ne fait pas tout et si les joueurs ne sont pas assez concernés ou n'ont tout simplement pas le niveau, évoluer dans un système ou un autre ne fera aucune différence. Il ne reste plus qu'un match avant la longue trêve internationale et c'est un match très important, avec une victoire absolument obligatoire. Le staff stéphanois n'a plus d'autre choix, les joueurs alignés doivent être ceux vraiment impliqués, avec le bon état d'esprit. Dans un système adapté à eux, pas à des postes qui ne leurs correspondent pas, juste pour réussir à tous les mettre sur le terrain. Et si le message pour eux est qu'ils doivent jouer libérés et ne pas avoir peur sur le terrain, ce n'est pas la même chose pour les supporters et la direction du club. Car après 14 journées disputées, les Verts restent toujours dans le bas du classement de la Ligue 2...