Dans ce second épisode, Yacine continue de prendre les traits de Dieu et se penche sur les besoins de l'effectif au milieu de terrain et en attaque.
Laurent allait enchaîner sur les milieux lorsque soudain mon portable vibra. Ceux de Jean-François Soucasse et du coach se mirent à vibrer de concert nous invitant à une visioconférence avec Bernard Caïazzo. Je croisais le regard de mes collègues de travail, chacun exprimant de la lassitude et du désarroi.
De guerre lasse, nous connectâmes la visioconférence et Bernard Caïazzo apparut sur le grand écran TV de la salle de travail. Il avait le teint halé, sa chemise blanc en lin ouverte jusqu’à la poitrine, des lunettes de soleil mangeant son visage, le sourire carnassier, assis dans un transat sur une terrasse à Dubaï sirotant un spritz avec une ombrelle à cocktail aux couleurs du PSG.
Une visio sans vision
Son entrée en matière fut lunaire avec un discours péremptoire et autocentré. "Messieurs c’est un plaisir de discuter avec vous. Laurent cela fait plaisir que tu sois revenu au club depuis ton passage en tant que joueur."
Laurent Batlles lui rétorqua : "Bernard j’ai travaillé plusieurs années à la formation et j'étais aussi l'adjoint de Christophe. Je suis parti en 2019 à Troyes."
Bernard Caïazzo : "Mais tu étais blond à l'époque quand tu étais entraîneur adjoint avec Galtier ?"
Laurent Batlles, dépité : "Bernard, vous me confondez avec Thierry Oleksiak"
Bernard Caïazzo : "Aucun souvenir ... mais tu es l’avenir de l’ASSE !"
Il enchaîna et interpella Jean-François Soucasse : "Jean Michel, j’ai des news croustillantes sur la vente du club !"
Jean-François Soucasse : "Moi, c’est Jean-François, pas Jean Michel. Mais vous pouvez m’appelez Jeff si vous préférez"
Bernard Caïazzo : "Ah ok ! Sur la vente du club, je suis sur le coup, j’ai des contacts à Dubaï. Un cheikh veut racheter le club, j’ai des intermédiaires qui travaillent dessus, tu as peut être entendu parlé de ce milliardaire : Al Uminium Ferhocine ou Feroxid. Ils ont des noms à rallonge ! Plus c’est long, plus c’est bon, comme dirait mon ami Waldemar ! J’ai une autre super piste, plus intéressante encore, le groupe américain BlackRock qui est une multinationale spécialisée dans la gestion d'actifs."
Jean-François Soucasse et moi même eurent la même réaction : "Mais c’est un fonds d’investissement qui va chercher à gagner un maximum d’argent en dépouillant le club !"
Bernard Caïazzo retorqua : "Mais non, ce sont des gens vertueux ! La preuve, Macron les a reçus. Faites moi confiance. Pour revenir à la saison prochaine, j’ai demandé à mon ami Nasser. J’étais sur son yacht la semaine dernière avec l’émir du Qatar. Ils sont prêts à nous prêter un de leurs joueurs : El Chadaille Bitshiabu, je sais qu’on recherche un défenseur central et j’ai aussi entendu parlé d’un géorgien intéressant. On doit faire comme Naples, trouver notre géorgien ! J’ai entendu d’un super jeune par un agent, « Zuriko Davitashvili » le prochain Kvaratskhelia."
Sous les traits d'un Loïc Perrin, agacé, je rétorquai : "Bitshiabu va s’engager avec Leipzig pour 15 millions d’euros et Davitashvili joue à Bordeaux depuis l’an dernier et il vient de prolonger jusqu’en 2026."
Bernard Caïazzo : "Loïc tu m’as compris, il faut être créatif, aller sur les championnats exotiques, scooter les championnats roumains, suédois, canadiens, être innovants !"
Il regarda sa montre et nous expliqua qu’il avait une conf call pour un projet immobilier en Arabie Saoudite et nous congédia avec un "tcha-tchao" très latin.
J’éteignis l’écran et je me dis que le boulot de Loïc Perrin ne devait pas être marrant tous les jours. Jean-François Soucasse, les yeux dans le vide, voûté, clôtura le dossier de la vente du club avec cette anecdote sur Romeyer : "Roland nous a expliqué qu'il travaillait aussi sur un investisseur qui entrerait dans le club. Un entrepreneur de la Fouillouse qui lui prêterait de l’argent pour racheter les actions de Carvalho confisquées par l’Etat." Un nouveau départ pour le renouveau du club d’après notre président fan de cyclisme.
Laurent Batlles sonna la fin de la récréation et ferma le verrou de notre bureau pour éviter tout interventionnisme de Roland Romeyer. Pas question de revivre le remake de l’analyse de notre première partie de saison en février, avec Patrice Garande comme tête de gondole du nouveau projet sportif voulu par notre président du directoire. Laurent reprit son bilan et fit un focus sur les milieux et les attaquants, incluant nos pistons.
En préambule, il affirma de nouveau son système de jeu un 3-5-2 modulable en 3-6-1 avec un milieu offensif qui pouvait densifier son milieu .
Les milieux de terrain
Laurent Battles : "Nous sommes partis en début de saison avec quatre milieux pouvant être titulaires : Monconduit, Lobry, Bouchouari, Chambost. La blessure d’Aïmen Moueffek a permis à Louis Mouton d’intégrer la rotation pendant la première partie de saison. Le petit Antoine Gauthier a montré de la qualité sur les matchs de préparation mais une blessure au dos récurrente et un besoin de se renforcer dans les duels ne lui ont pas permis d’avoir du temps de jeu. Si notre milieu a une forte dimension technique pour la Ligue 2, il a souffert dans les transitions face à des équipes agressives. Nous avons souffert pour colmater les brèches et nos défenseurs axiaux se sont souvent retrouvés en un contre un ou deux contre un, lorsque les attaquants ont plongé dans le dos de nos pistons."
Individuellement la saison a été contrastée. Laurent rendit ses notes :
Thomas Monconduit est arrivé pour être le métronome de l’équipe, mais son intégration a été compliquée par son arrivée tardive. L'adaptation à son nouvel environnement fut complexe et une blessure au mollet l’a laissé sur le carreau pendant deux longs mois. Sur la deuxième partie de saison, sa culture tactique lui a permis d'endosser le costume de défenseur central dans les phases défensives et métronome du milieu pour la première relance. Il gagnerait à jouer moins facile dans certaines situations et à être plus dur sur l’homme.
Victor Lobry est le joueur passe partout du milieu. Son gros volume de jeu, sa jolie patte gauche, et sa capacité à se projeter offensivement en font le joueur le plus constant en première partie de saison. Mais il manque d’efficacité dans les passes décisives ou la finition de ses actions. Sa seconde partie de saison fut plus neutre. Il est entré dans la rotation avec le retour d'Aïmen Moueffek et l’arrivée de Lamine Fomba. Ces deux joueurs nous ont apporté de la densité physique dans les duels et ont permis de mettre sur le reculoir certains milieux adverses. Ils doivent encore progresser pour fluidifier leur jeu et dans la régularité de leur match. Aïmen est un joueur box to box, qui doit gagner du temps du jeu. Sa fragilité physique pose question mais ses qualités sont indéniables."
Je m’entendis dire qu’Aïmen Moueffek était en fin de contrat en 2024 et que nous allions lui faire une proposition de prolongation de contrat jusqu’en 2026.
Laurent enchaîna avec Benjamin Bouchouari. "C’est un joueur avec un très grand talent, très discret dans l’effectif, mais qui est dans la frustration lorsqu’il est remplacé ou remplaçant. Il fluidifie le jeu, il est très technique, très vif, mais doit progresser statistiquement car il a trop peu été décisif, la concurrence sera rude l’an prochain."
Je commentai, en Dieu Stéphanois. "Son agent semble ouvert à un transfert mais les clubs de L1 et étrangers qui l’observent attendent plus de constance. Nous restons ouverts à un départ car nous avons dans l’effectif actuel ou chez les jeunes en réserve des joueurs pouvant tenir ce rôle de milieu relayeur."
Laurent continua sa présentation de nos milieux en enchaînant avec Dylan Chambost. "C’est un joueur précieux quand il est en confiance, mais il a souffert de son manque de préparation avec sa blessure à sa main et il a plongé mentalement en fin de première partie comme l’ensemble du groupe. Il est bien revenu en fin de saison, mais certaines complémentarités semblent complexes entre lui et certains joueurs. Associer ensemble Bouchouari, Chambost et Lobry est complexe. Le match de Metz à Saint-Symphorien et la gestion de nos couloirs ont été révélateurs de nos axes d’amélioration et de correction."
Je fis une projection des jeunes à essayer sur les matchs amicaux. "Mathis Amougou est le plus jeune. C'est un 2006, joueur complet techniquement fort, qui voit vite et joue juste. Il doit gagner en densité physique et s’améliorer dans les duels. C'est un très grand espoir du club en milieu relayeur ou box to box. Cheick Fall, un 2004, qui vient de notre filière sénégalaise. Laurent, tu l’as eu quelques fois aux entraînements, il a une grosse densité physique, il est capable de se projeter. Assez fin techniquement et plutôt adroit devant le but, son jeu de tête est intéressant sur les coups pieds arrêtés. Je ne présente plus Antoine Gautier et Louis Mouton. Je pense que si nous n’avons aucun départ au milieu, il serait intéressant de prêter Louis en L2 ou National, nous travaillons sur cette éventualité. Jebryl Sahraoui, autre milieu néo-pro, sort d’une blessure au ménisque. Il aura besoin de passer par la case réserve, mais c'est un joueur hybride, très juste techniquement, intéressant comme numéro 6 métronome. Je terminerai avec Karim Cissé. Un joueur déroutant aux crochets courts, qui font mal. C'est un joueur d’instinct, capable de débloquer un match, d’être à la dernière passe comme à la conclusion."
Je conclus qu'il n'y aurait de recrutement au milieu qu'en cas de départs cumulés de Moueffek et de Bouchouari.
Les recrues ciblées au milieu
Il s'agirait d'un joueur avec de la densité physique capable de défendre, de marquer si possible, de se projeter, avec un gros volume de jeu. Le profil de Mohamed Kaba répond complètement à ce que nous rechercherions, mais il est inaccessible pour nous maintenant, plusieurs clubs de L1 le suivent et VAFC en demande 5 millions d’euros. Nous suivions également Neil El Aynaoui de Nancy mais celui-ci va s’engager avec Lens.
1) Julien Maggiotti, joueur atypique par son parcours ancien défenseur central révélé sur le tard en National. Très puissant et technique, c'est un joueur avec de la personnalité. L’inconnue concerne sa blessure, puisqu'il s'est fait les croisés en novembre 2022. Mais avant cela, il était clairement le meilleur milieu de L2 avec 7 buts, il semblait être promis à Charleroi mais il reste une possibilité de le voir rester en L2. Bastia est sur le coup et nous suivons aussi sa situation de très près.
2) Balthazar Pierret, un pur 6. C'est un joueur de duel avec un gros gabarit, capable de se projeter. C’est le joueur qui équilibre son équipe, un joueur de sacrifice, qui se bat sur tous les ballons. Il dispose en outre d'un très bon jeu long. Très bon sur les CPA que cela soit défensivement et offensivement, ce joueur risque d’exploser et d’être intouchable dans quelques temps.
3) Jonas Martin. De par son profil, son caractère et son sens du jeu, il est un profil pour densifier notre milieu. Joueur technique, capable de jouer 6 ou relayeur, c'est son salaire qui pose problème actuellement.
4) Junior Olaitan de Niort. Jeune milieu talentueux de 21 ans à polir, solide sur ses appuis, capable de se projeter, il sait aussi aérer le jeu. C'est un couteau suisse, capable de jouer dans différents registres mais qui doit être encore poli tactiquement par rapport à ses déplacements. Il a clairement surnagé dans le marasme niortais avec 4 buts et des actions d’éclats. Je l’imagine comme remplaçant de Bouchouari en cas de départ de celui-ci, si aucun jeune de la réserve ne performait dans le stage d’avant saison et lors des matchs amicaux.
Jonas Martin, libre, pourrait être une piste
Les pistons
Laurent enchaîna sur les pistons et expliqua le début de saison.
"Nous sommes partis en début de saison en tentant d’utiliser Yvann Maçon à gauche et Sergi Palencia à droite mais le dispositif était très déséquilibré. Yvann est resté à contrecœur et cela s’est ressenti dans ses performances. Il a été capable du pire comme du meilleur et sa dispute avec certains ultras ont clairement signé la fin de l'aventure à Sainté.
Sergi, lui, est un grand professionnel mais il a eu du mal à gérer la dimension physique de L2. Il a été débordé dans l’impact défensif et offensivement son rendement restait trop neutre. Nous avons convenu de nous séparer au mercato d’hiver comme Gabriel Silva en anticipant leur fin de contrat en juin 2023, le brésilien éprouvait beaucoup de mal à pouvoir jouer des matchs entiers et les enchaîner suite à des grosses blessures.
Les jeunes Ayman Aiki et Anas Namri ont apporté la fougue et leur jeunesse, sur les premiers matchs, mais l’enchaînement des matchs les ont fait rentrer dans le rang ou être en grosse difficulté comme Anas face à Metz. Lenny Pintor a dépanné à gauche, il a tenu son couloir, mais il n’a pas réussi à s’exprimer offensivement dans ce rôle de piston."
Laurent revint aussi sur les réussites :
"Mathieu Cafaro a existé par ses coups d’éclats mais lui aussi a flanché quand l’équipe a tangué en milieu de saison. Le fait d’avoir un piston gauche offensif lui a offert plus de possibilité sur son couloir et de réaliser une belle fin de saison, il doit travailler plus sur les replis défensifs.
Nous avons recruté Dennis Appiah pour avoir une autre option en tant que piston droit cet hiver. Niels Nkounkou est aussi arrivé pour contrôler le couloir gauche et offrir d’autres perspectives offensives. Ses rushs ont été importants dans la remontée de l’équipe. Il doit encore travailler la profondeur dans les phases défensives et ses alignements quand il joue en tant que latéral."
Le coach termina son analyse en expliquant qu’il fallait garder cette dynamique en conservant nos 2 pistons à droite et gauche. J’enchaînai en lui expliquant que nous avions levé les deux options d’achat. Mais pour l’ancien joueur d’Everton, son ambition était de jouer plus haut, ses agents me l’avaient clairement affirmé. Jean-François m’interrompit en expliquant que si nous recevions une offre correspondant à nos attentes, nous ne retiendrons pas Niels. Laurent acquiesça mais une moue sur son visage traduisait sa déception.
Les pistes possibles en piston
Je repris et expliquai que je travaillais au remplacement de Niels Nkounkou mais aussi son remplaçant, si aucun jeune n’émerge. Aiki restant une option intéressante comme backup de Nkounkou, nous partons sur un profil offensif capable de distribuer des centres, multiplier les courses, combiner avec les milieux et les attaquants, presque un ailier avec une grosse caisse.
Cinq profils sont sélectionnés et suivis :
1) Kai Wagner : piston gauche jouant en MLS. Grosse qualité offensive, clairement le niveau pour jouer en L1. Sa patte gauche est superbe. Il est libre en décembre 2023. Nous travaillons en sous-marin sur ce joueur même si la concurrence est énorme, il faudra investir une partie des sommes obtenues sur le transfert de Nkounkou
2) Faïz Selemani. Joueur de 29 ans connaissant la Ligue 2. Cette saison en Belgique, il a marqué 8 buts et délivré 4 passes décisives. C'est un grand avaleur d’espace, droitier mais très à l’aise à gauche, il reste sur plusieurs saisons très réussies à Courtrai. Il a marqué presque 40 buts en une centaine de matchs en Jupilerleague. Joueur véloce, bon dribbleur, déroutant, capable de changer un match, par ses accélérations.
3) Antoine Leautey, joueur d’Amiens, petit gabarit capable de multiplier les courses à haute intensité. Il peut jouer à gauche et à droite. Il est capable de crochets dévastateurs, un peu fou fou. Il sort d'une saison à 4 buts et 6 passes décisives, Amiens tente de le convaincre de prolonger.
4) Darling Yongwa, ancien joueur de Niort. C'est un gaucher de 23 ans qui n'est pas titulaire à Lorient. Il est capable de tenir son couloir, se projette bien et il est très solide tant offensivement que défensivement. Rapide et technique, il fait penser au Havrais Operi.
5) Edson Seidou, joueur expérimenté de Laval. Il a 31 ans et il est très puissant. Je le verrai bien comme remplaçant d’un des joueurs cités précédemment. Meilleur dribbleur de L2 la saison passée avec Krasso, il a un gros volume de jeu. Il peut enchaîner les allers retours et déséquilibrer le bloc adverse. Joueur de transition, qui peut dépanner en central.
Les attaquants
Laurent Batlles repris la parole pour conclure sur les attaquants.
"Notre attaque a été prolifique avec 2 joueurs à plus de 10 buts, et la meilleure attaque de L2 avec plus de soixante buts. Notre système de jeu offensif permet cela avec un déséquilibre défensif assumé, cela nous permet de nous créer beaucoup d’occasions.
Individuellement le début de saison a été contrasté. Jean-Philippe Krasso se projetait à l’étage au-dessus, et il a mis quelques matchs à donner sa pleine mesure. Son profil atypique de deuxième attaquant jouant entre les lignes, nous a obligé à revoir notre organisation d’équipe. Il a fallu trouver des complémentarités. Son capitanat l’a reboosté, il a été irréprochable et indispensable pour la marche en avant sur la deuxième partie de saison.
Ibrahima Wadji est arrivé en fin de mercato, sans préparation et en ayant joué dès juillet les matchs qualificatifs avec son club en Ligue des Champions. C’est un joueur véloce, puissant capable de prendre les espaces, il n’est pas un monstre technique, mais il fait beaucoup d’efforts. La déliquescence l'a touché entre octobre et novembre comme l’ensemble du groupe mais il s’est bien repris en finissant à douze buts dont un seul penalty. Avec plus d’efficacité, il pourrait atteindre les vingt buts."
Mais tout n'a pas fonctionné parfaitement comme l'a relevé le coach :
"Lenny Pintor n’a pas réussi à s’imposer lorsqu’il a joué attaquant ou piston, il a perdu confiance comme l’ensemble de l’équipe et a semblé décrocher complètement en deuxième partie de saison avec les arrivées de Kader Bamba et Gaëtan Charbonnier. Nous n’avons pas pu recruter un profil d’attaquant puissant capable de jouer pivot, le nigérian jouant à Rio Ave, Abdul-Aziz Yakubu, nous ayant fait faux bond.
Nous avons testé des jeunes comme Darnell Bile, Ayman Aiki, Jibril Othman, Mathys Saban, Yanis Lhéry ou Abdoulaye Sidibé, mais aucun n’a réussi à s’imposer pour être un joueur de rotation. Le manque d’allant du groupe et l’absence de certitudes ont rendu leurs entrées compliquées, ce sont des jeunes joueurs avec des qualités qui doivent gagner en expérience et gagner en densité physique et mieux appréhender certaines situations de jeu.
Gaëtan est arrivé en janvier, il apporté son professionnalisme, son envie, ses buts, sa connaissance de la L2. Ses buts ont été très importants comme ceux de Caen et Niort. Il a été un vrai cadre de vestiaire, mais sa blessure est hélas arrivé trop tôt. Kader Bamba a marqué des buts importants et a apporté son explosivité et ses dribbles, il manque un peu de rigueur dans ses attaques, mais sa présence a été un bonus, il va repartir sur Nantes, le nouveau coach semble vouloir le tester."
Avec le départ acté de Jean-Philippe, j'annonçai au coach que je travaillais depuis quelques temps sur les 2 profils que nous avions évoqués : un pivot puissant et un attaquant multicartes pouvant jouer à tous les postes offensifs
Pour le pivot, notre choix s'est porté sur Ibrahim Sissoko. Nous étions sur lui l’an dernier. C'est un joueur de surface capable de prendre la profondeur. S'il est très puissant, ce n’est pas un monstre technique, mais il peut être complémentaire avec Wadji mais aussi avec Charbonnier qui décroche beaucoup.
Nous avions d'autres pistes comme Alexandre Mendy de Caen, qui a finalement prolongé en Normandie. Nous avions regardé Akor Adams, de Lillestrøm SK. Ce Nigérian de 22 ans est un joueur complet, très fin techniquement mais la concurrence était rude. Nos yeux ont aussi observé Amine el Ouazzani de Guingamp. Enfin, un prêt du Nantais Evan Guessand aurait aussi pu être envisagé
L'attaquant multicartes : les pistes
1) Jérémy Livolant de Guingamp. Nous le suivons depuis 6 mois. Bon sur les CPA, technique, hargneux, vif, capable de jouer dans le cœur du jeu, une mobylette. Il a connu deux mois compliqués après la trêve de Coupe du Monde, 9 buts, 9 passes décisives.
2) Mamady Bangré du TFC. Nous tentons de récupérer ce jeune joueur, qui a marqué 9 buts et délivré 7 passes décisives. Elu joueur de la saison avec QRM, le TFC ne semble pas vouloir faire de cadeaux. Ailier droit, pouvant prendre la profondeur, à l’aise techniquement dans la passe et très adroit devant le but.
3) Moussa Doumbia, qui sort d’une grosse saison avec Sochaux. Joueur technique et déroutant 11 buts et 9 passes décisives, il est suivi par de nombreux clubs
4) Bryan Soumaré, joueur de fulgurance, grosse fin de saison avec 6 buts et 6 passes décisives, joueur cyclique, en confiance. Inarrêtable et créatif
5) Rayan Ghrieb milieu offensif excentré. Très bon gaucher, moins véloce que les joueurs dans cette liste, mais puissant, précis et décisif par le tir et la passe. Elu révélation de la N1 avec 13 buts et 8 passes décisives
6) Rafik Said, joueur dragster qui s’est révélé à Nîmes. Il a eu du mal avec son club formateur Brest, auteur de 9 buts à Nîmes dans une attaque amorphe, déroutant et une technique parfois limite sur certains enchaînements.
7) Xande Silva, portugais de 26 ans. Joueur talentueux capable de déstabiliser des défenses sur un geste ou une accélération. Il semble avoir explosé comme l'ensemble de l'effectif dijonnais, mais il reste un renfort de qualité par sa dimension technique. Il a peu joué en deuxième partie de saison, mais il émerge à 6 buts et 3 passes décisives
Nous travaillons également sur un joueur bonus : Arbër Zeneli. Il a peu joué à Reims car beaucoup blessé, on le prendrait en prêt seulement. Il a prolongé jusqu’en 2025, c’est un meneur de jeu classique, très technique qui pourrait s’insérer dans notre milieu à trois.
Cette réunion se termina sur cet échange. Je ramassais les éléments statistiques encore sur la table de travail, je m’asseyais quelques secondes pour faire une synthèse. mes yeux se fermèrent inexorablement dominés par une puissance supérieure. Lorsque je revins à moi, plus de trois heures s’étaient écoulées, j’étais avachi dans mon fauteuil, le cuir moelleux lovant doucement mon corps, un mal de crâne s’installait subrepticement aux confins de ma cervelle.
J’essayai de digérer ce que j’avais vécu pendant ces quelques heures, pour calmer mon stress face à cette situation quasi surnaturelle. Je concentrai mon attention sur le pièce où je me trouvais encore et me leva pour observer précisément ce lieu. Je trouvai un cadre avec une photo jaunie. Celle-ci portait une date : le 20 mars 1941. Une jeune femme de l’époque posée souriante. Au dos, était écrit le prénom Germaine. Cette jeune femme dégageait de la sérénité et de l’insouciance malgré cette période de guerre. Peut-être était-ce l’une des propriétaires de ce lieu hors du temps ? Je me rassis et ouvris le tiroir du secrétaire, je trouvais un vieux cahier d’écolier. Je l'ouvris. L’écriture était ciselée, avec les arrondis parfaits. Le texte parlait des activités d’un jeune garçon épris d’aventure et de sport dans les années 20. Presque un siècle nous séparait mais les émotions ressenties et retranscrites me ramenaient à mes émois sportifs lors de ma jeunesse.
Mon téléphone vibra et se mit à sonner me rappelant à mes devoirs familiaux, j’expliquai à ma compagne que je partais à l’instant mais ce lieu me retenait par son ambiance puissante et hors du temps.