Henryk Kasperczak rend hommage à son ancien milieu offensif Jean-Luc Ribar, disparu brutalement hier à l'âge de 57 ans.


J’ai été stupéfait et très triste d’apprendre la disparition de Jean-Luc. Putain, c’est incroyable ! Ça fait un choc d’apprendre son décès. Partir soudainement comme ça, à 57 ans… J’ai vécu avec lui trois ans exceptionnels ! C’était un footballeur de qualité, bien sûr. Il était intelligent dans son jeu, il s’est bien intégré dans le groupe. Jean-Luc a apporté beaucoup à cette équipe qui a pratiqué je crois un football de qualité. C’était une période intéressante. Quand j’ai repris l’équipe, elle venait de descendre en deuxième division. On a failli remonter dès la première saison et on a réussi à le faire la deuxième. On a aussi fait un bon parcours en Coupe et Jean-Luc y a contribué.

Jean-Luc était un footballeur très technique et surtout il avait toujours un état d’esprit collectif. C'était très important à mes yeux cet esprit d'équipe. Jean-Luc avait toutes les qualités pour devenir un grand footballeur. Ce qui lui manquait peut-être, c’est la puissance physique. Il n’était pas trop costaud mais il était vif, technique. Il manquait parfois de vitesse mais il avait tellement d’autres qualités. Il a toujours bien maîtrisé les ballons. Jean-Luc avait un excellent pied gauche, il savait bien distribuer le jeu. Il a été un bon joueur, avec un peu plus de puissance il aurait été un grand joueur.

Avec Jean-François Daniel, il a été complémentaire. Quand on parle de l’un, on l’associe souvent à l’autre. Il y avait une vraie complicité entre eux sur le terrain. Ils se ressemblaient un peu, sans doute que Jean-François était un peu plus costaud physiquement. Mais tous les deux étaient gauchers, avaient de la finesse technique. Ils combinaient et profitaient de leurs qualités pour trouver un équilibre. Ils avaient sensiblement le même âge, je crois que Jean-Luc était plus jeune de quelques mois. Ils étaient très appréciés de l’équipe et influaient vraiment sur notre jeu tourné vers l’offensive.

Jean-Luc a marqué le club et les supporters par son intelligence, par sa générosité et par sa combativité. C’est un garçon qui s’est battu pour l’équipe. C’était quelqu’un d’adorable. Il répondait toujours présent. Il était attentif et réceptif à tout ce qu’on lui disait. C’est un bonheur d’entraîner des gars comme ça. Jean-Luc, c’est le type de joueur qu’on aime car c’est un bon footballeur et un bagarreur, un compétiteur. Il a mis pas mal de buts et il en a probablement fait marquer tout autant si ce n’est plus car il donnait de très bons ballons, que Roger Milla notamment a su exploiter.

J’ai pris beaucoup de plaisir à entraîner Jean-Luc et tous ses coéquipiers car il y avait une grande solidarité dans cette équipe. Tous les joueurs étaient combatifs et généreux. Ils étaient entreprenants et sérieux et ils pratiquaient un jeu attrayant. Le public ne s'y pas trompé et s'est identifié à cette équipe. C’est à cette époque qu’on a battu des records d’affluence dans le Chaudron. Des records qui tiennent toujours ! Le record, c’est lors de notre quart de finale contre Lille. Il y avait presque 48 000 supporters. Mais n’oublions pas le derby contre Le Puy ! Il y avait plus de 42 000 spectateurs lors de ce derby, en plein mois d’août et en deuxième division. C'est peut-être même encore plus fort !

Aujourd’hui les Verts sont dans un autre contexte, ils luttent pour le maintien en D1 alors qu’on jouait la montée. Mais je me réjouis de voir les fortes affluences ces derniers matches dans Le Chaudron. J’ai vu qu’il y aura encore plus de 30 000 spectateurs contre Troyes. Les joueurs ont bien compris qu’ils bénéficient d’un public extraordinaire, surtout dans des moments difficiles. L’ASSE a retrouvé une bonne dynamique, pourvu que ça dure ! C’est important de gagner à domicile. Je vois des Verts solidaires, combatifs, comme je les ai connus. Ce qui manque dans cette équipe, c’est la qualité dans la finition.

La chance joue un peu mais les Verts savent la provoquer, on l’a vu lors du dernier match à domicile contre Metz sur le but de Bouanga. Le défenseur messin lui dévie parfaitement le ballon de la tête, il glisse mais parvient à mettre une belle frappe. Vu les occasions qu’ils ont, les Verts devraient mettre plus de buts mais il leur manque un grand attaquant. Ce n’est pas nouveau. Nous à l’époque on avait Roger Milla. Il a souvent fait la différence. Il a été l’un des grands artisans de la montée en première division. Même s’il n’a pas un tel finisseur dans son équipe, Pascal Dupraz arrive à bien motiver le groupe dans un contexte difficile. C’est un ancien footballeur mais aussi un bon psychologue. Je pense que les Verts vont se sauver. En tout cas ce soir ils vont rendre hommage à Jean-Luc. On n’est pas prêt d’oublier Jean-Luc Ribar, il restera dans nos mémoires.