A l'aube de la nouvelle saison, avant de repartir sur les terrains déconfinés de France et de Navarre, il faut d'abord bien terminer l'exercice précédent. Les Poteaux d'Or constituent ainsi un excellent point final pour cette saison à huis clos.
Buts, satisfactions, déceptions, déclarations, échecs, réussites : tout est dans le très attendu palmarès 2021-2022...
Trophée "Michel Platini" du Meilleur Joueur de la saison
1. Falaye Sacko (37%)
2. Denis Bouanga (27%)
3. Mahdi Camara (22%)
Oui, je sais. Quel que soit le vainqueur, associer le nom de Michel Platini à n'importe lequel des pieds carrés qui nous ont ramenés en L2 à l'issue de cette saison, tient du blasphème. Après tout, que vaut le meilleur joueur d'une équipe qui ne vaut pas grand chose ?
Et bien, pas grand chose si l'on en croit les Potonautes qui ont plebiscité le moins mauvais des Stéphanois, à savoir Falaye Sacko qui, du haut de ses 10 matches et demi, est parvenu à convaincre un peu par défaut 37% des votants.
Derrière le Malien, deux valeureux habitués du trophée se sont disputés la deuxième place et c'est finalement Denis Bouanga, toujours très maladroit mais sauvé par ses statistiques, qui se l'arroge avec 27% des suffrages, d'une courte tête devant Mahdi Camara, lui-même plombé par le contraste entre sa très belle saison 2020-21 et sa très quelconque saison 2021-22.
Avec une poignée de votes cumulés, les autres candidats en auront finalement été réduits à faire de la figuration comme un vulgaire Bernardoni lors d'une séance de tirs au buts...
Trophée "Araujo Ilan" du plus beau but de la saison
1. Wahbi Khazri contre Metz (72%)
2. Romain Hamouma contre Montpellier (14%)
3. Miguel Trauco contre Troyes (8%)
Au sujet du bac de philo de cette année, il y avait "Qu'est-ce que l'audace ?" et il paraît que ceux qui ont juste répondu: "C'est Wahbi Khazri qui tente un lob de 70 mètres" ont eu 20/20.
Il faut dire que pour une fois, l'audace a payé et le Tunisien a enfin réussi son coup, propulsant son ballon dans le but messin et sa trogne dans toutes les émissions de foot mondiales le temps d'un week-end (la LFP s'étant chargée de bloquer la diffusion sur Internet). Il n'est donc guère étonnant de voir ce but récompensé par le prestigieux trophée "Araujo Ilan", qui honore pour la seconde fois son auteur, lequel se sera hissé sur le podium à chacune des ses 4 saisons chez les Verts.
Romain Hamouma, un autre habitué n'a guère pu lutter malgré son but à la fois sublissime et importantissime contre Montpellier, pas plus que Miguel Trauco et sa mine improbable contre Troyes : quand on se contente de pauvres frappes en lucarne des 30 mètres, on ne peut guère lutter contre le Wahb'...
Trophée "Pierre-Emerick Aubameyang" de la Meilleure Recrue de la saison
1. Falaye Sacko (90%)
2. Enzo Crivelli (3%)
3. Ignacio Ramirez et Bakary Sako (2%)
A une époque, on aurait parlé d'un "score de dictateur africain" mais puisque la dictature n'est plus vraiment l'apanage du tiers-monde, on se gardera bien de cette expression concernant la victoire de Falaye Sacko au trophée PEA. Pourtant, c'est absolument sans appel que le Malien a survolé le scrutin, pas même concurrencé par le tenace Enzo Crivelli et ses 6 bouts de match.
Reconnaissons cependant qu'avec ses 11 rencontres disputées à peine, Sacko a surtout bénéficié de la nullité abyssale de ses concurrents-recrues et qu'il fut un choix évident certes mais par défaut. Reconnaissons lui toutefois qu'il aurait dû bénéficier de 2% supplémentaires si quelques dyslexiques n'avaient pas voté pour Bakary Sako.
Enfin, nous aurons une pensée émue pour Sada Thioub et Eliaquim Mangala, lesquels ont cumulé un total réuni de zéro vote en leur faveur, soit l'équivalent total des regrets qu'ils laisseront dans le Forez.
Trophée "Fousseni Diawara" de la boulette qui restera dans les mémoires
1. Timothée Kolodziejczak contre Marseille (37%)
2. La flaque d'eau contre Bordeaux (20%)
3. Timothée Kolodziejczak contre Monaco (18%)
Elle était là, tapie dans l'ombre de la nuit, à s'infiltrer goutte à goutte jusqu'à innonder le podium de son humide présence mais non: la flaque d'eau n'a pas su recouvrir la première marche. Cette dernière était trop haute pour le meilleur défenseur bordelais de la saison, ce petit mètre carré de flotte qui s'était héroïquement dressée face aux assauts stéphanois un soir de septembre.
Mais comment lui en vouloir quand elle avait non pas un, ni deux, ni même trois mais bien six Timothée Kolodziejczak face à elle !
Timothée Kolodziejczak, donc, qui avait mis toutes les chances de son côté pour s'adjuger la victoire en enchaînant tacles autoritaires dans les chevilles adverses et frappes suicidaires dans ses propres lucarnes. Timothée Kolodziejczak qui parvient même à se dédoubler sur le podium grâce à ses masterpieces face à Marseille et Monaco (la première l'emportant grâce à son caractère totalement improbable) et remporte sans trembler ce trophée qui portera désormais son nom.
Trophée "Ipswich" du Match le plus pourri de la saison
1. Lorient 6-2 ASSE (74%)
2. ASSE 1-1 (4-5 tab) Auxerre (10%)
3. ASSE 0-5 Rennes (9%)
Chaque année à la même époque, revient le marronnier préféré des électeurs des Poteaux d'Or: "Mais c'est quoi exactement la définition d'un match pourri ?"
Et alors s'affrontent les Déroutistes (adeptes des grosses branlées au tableau d'affichage) et les Endormistes (qui défendent plutôt les matches ennuyeux) avec parfois quelques interventions de plus rares Classementistes (pour qui seul les conséquences au classement comptent) ou des Petits Poucistes (qu'on ne retrouve qu'après les piteuses éliminations en Coupe).
Mais cette année, point de débats houleux ni d'invectives ordurières en ces lieux : tous se sont entendus sur le cataclysmique déplacement au Moustoir pour l'ériger pire match de cette funeste saison. Bérézina sportive aussi humiliante que lourde de conséquences, ce 6-2 est le pivot de la chute inexorable des Verts vers la seconde division et ni le vide intersidéral produit face à Rennes ni l'explosif bouquet final face à Auxerre n'auront pu rivaliser face à ce Lorient-ASSE, match récent mais déjà solidement incrusté - et pour longtemps - dans les mémoires de nombreux supporters des Verts.
Trophée "Jean-Michel Aulas" de la plus belle tête à claque de la saison
1. La direction bicéphale de l'ASSE pour son rôle dans "Prends l'oseille et tire-toi" (41%)
2. Les Green Angels 92 pour leur rôle dans "The Suicide Squad: Opération Fumigènes" (15%)
3. La commission de discipline de la LFP pour son rôle dans "Les punitions ne marchent plus alors on va punir plus fort" (9%)
Ils se sont détachés du peloton au tiers du parcours, ont lancé une échappée en solitaire qu'on pensait ne pas pouvoir tenir face à la furia de poursuivants taillés pour la victoire mais ils se sont accrochés, ils ont tenu bon et ont franchi la ligne d'arrivée en tête sous les quolibets, les lancers de fumigènes et les jets de tomate. Eux qu'on croyait abonnés aux places d'honneur, souvent cités mais jamais primés, ont su unir leurs efforts pour s'offrir le trophée le moins convoité des Poteaux d'Or : bravo donc à Bernard Caïazzo et Roland Romeyer pour leur titre de plus belles têtes à claques de cette saison.
Pourtant, les concurrents étaient féroces entre les équipes "rouleaux compresseurs" (la LFP, les Préfets de police), les têtes d'affiche (Claude Puel, Pascal Dupraz) et même le polyvalent Timothée Kolodziejczak mais seuls les Green Angels, habituellement peu concernés par ce trophée, auront su faire un temps illusion. Ils auront été finalement trahis par leur propre flamboyance (l'esthétique n'est pas un atout ) et doivent s'incliner face à la régularité et la persévérance des deux co-présidents de l'ASSE pour qui être antipathique, c'est désormais automatique.
Trophée "Laurent Paganelli" du petit jeune le plus prometteur
1. Lucas Gourna-Douath (29%)
2. Etienne Green et Abdoulaye Bakayoko (20%)
Encore une fois, Claude Puel n'ayant pas failli à sa réputation de lanceur de jeunes (dans un bain parfois trop grand pour eux mais là n'est pas la question), il a fallu imposer des critères stricts pour sélectionner les participants à ce trophée. La liste réduite à 8 noms, on pouvait s'attendre à une féroce concurrence et, à part le pauvre El Hadji Dieye en qui personne ne semble croire, la lutte fut effectivement de haute volée.
Et au petit jeu du footballeur sur qui reposent de grands espoirs, Lucas Gourna-Douath semble déjà un grand champion car c'est son deuxième trophée de suite, remporté cette fois avec 29% des suffrages (contre 55% l'an dernier). Une récompense inestimable pour le jeune Francilien, ou plutôt estimée à 15M€ par les Autrichiens du Red Bull Salzbourg qui récolteront ainsi le fruit des efforts de la formation stéphanoise.
Heureusement, derrière lui, Étienne Green confirme sa place de numéro 2, dans les cœurs et la hierarchie des garciens de but. Une situation qui devrait évoluer la saison prochaine puisqu'il sera désormais le n°1 mais ne pourra plus prétendre au trophée Paganelli, contrairement à son coéquipier Abdoulaye Bakayoko, qui en 4 matches pro a largement montré plus que l'ensemble de la défense stéphanoise en 40 rencontres de Ligue 1.
Enfin, derrière ce trio serré, on oublie pas les valeureux Adil Aouchiche, Saïdou Sow, Aïmen Moueffek et autres Yanis Lhery, fiers produits de la jeunesse verte qui feront probablement les beaux jours de clubs de D2, de National ou d'Andrézieux-Bouthéon...
Trophée "Miklos Molnar" du joueur qui a le plus déçu (sur le terrain)
1. Timothée Kolodziejczak (55%)
2. Eliaquim Mangala (17%)
3. Ryad Boudebouz (11%)
La pandémie de COVID nous guette à nouveau, la montée des extrêmes nous menace et le réchauffement climatique met en péril notre futur mais dans ce climat de désespoir et d'incertitude, on peut encore trouver des piliers de stabilité, des boussoles de certitude pour nous guider vers des rivages de constance rassurante. Et Timothée Kolodziejczak reste le plus fringant représentant de cette inertie personnifiée: avec 88 votes en sa faveur soit 55% des suffrages, plus d'un potonaute sur deux a récompensé la continuité, l'assiduité et la régularité dans la nullité, et ce malgré une mise à l'écart lors des 6 derniers matches de la saison.
Ce n'était pourtant pas chose aisée avec la concurrence de petits nouveaux, comme Eliaquim Mangala (deuxième avec 17%) ou de vieux briscard comme le tenant du titre Ryad Boudebouz (troisième avec 11%), lequel aura lutté jusqu'au bout du bout du dernier match de la saison pour ramener le trophée, en vain.
Yvan Neyou, Ignacio Ramirez et Harold Moukoudi auront également tenté de faire bonne figure mais n'ayant pas assez concédé de penalties bêtes, d'occasions immanquables ou de prestations fantômatiques, ils ne pouvaient pas lutter contre un Kolodziejczak qui a su hisser le concept de déception à un tout autre niveau..
Trophée "Clément Turpin" des pires moments arbitraux de la saison
1. Mikaël Lesage qui siffle penalty pour Brest malgré une faute évidente sur Gourna qu'il a d'ailleurs reconnue (Brest-ASSE) (46%)
2. Antony Gautier qui décide de laisser le match se disputer malgré des trombes d'eau rendant la pelouse injouable (ASSE-Bordeaux) (18%)
3. Clément Turpin qui refuse le but de l'égalisation à Hamouma pour un jeu dangereux peu évident (ASSE-Reims) (12%)
Lorsque la VAR, assistance vidéo à l'arbitrage réclamée à cors et à cris depuis des années, fut mise en place en Ligue 1 en 2018, les avis étaient divisés : plus de justice sportive ou plus de polémiques ?
Quatre ans plus tard, il faut bien reconnaître qu'on a eu les deux. On a moins de cas factuellement mal jugés mais les controverses liées à l'interprétations de faits de jeu discutables ont explosé.
A ce titre, le penalty sifflé contre Gourna-Douath lors de Brest-ASSE semble un cas d'école : le Brestois pousse le Stéphanois dans le dos, le Stéphanois tombe sur le ballon dans sa surface, main, penalty. Chirugical. Et on pourra toujours objecter que M. Lesage a reconnu la faute brestoise, on ne reviendra pas sur la décision, le but et la défaite 1-0. Objectivement pas une erreur donc mais une incroyable injustice à laquelle les votants ont, eux, rendu justice avec 46% des voix.
Et tandis que le podium est complété par le maintien du match ASSE-Bordeaux par le très imperméable M. Gautier et le but refusé à Hamouma (de façon logique mais au diable le réglement) par l'impitoyable M. Turpin, on ne s'étonnera pas que, loin devant les autres, M. Lesage ait rendu justice.
Trophée "Steed Malbranque" de la plus mauvaise blague de la saison
1. Les évènements du match ASSE-Auxerre et la relégation qui s'ensuit (40%)
2. Le recrutement de Joris Gnagnon et son licenciement 5 mois plus tard (27%)
3. Une seule recrue durant le mercato estival (et quelle recrue) (15%)
Chez Poteaux-Carrés, on aime avoir sa chambre bien rangée (c'est notre côté intello) alors quand il s'agit d'élire la plus mauvaise blague de la saison, on évite de citer les grosses purges, il y a déjà un trophée pour cà.
Mais cette fois-ci, difficile de passer sous silence cette funeste soirée du 29 mai et son scénario déjà culte :
- domination stérile et but encaissé
- mini-envahissement de terrain sur l'égalisation
- tirs au but foirés dès l'entame et relégation
- scènes de guerilla urbaine sur la pelouse
- sanctions inédites pour le retour en L2
Il y avait pourtant un grand choix (non exhaustif) de nominés à l'issue de cette saison en forme de gag mais les potonautes ont préférer récompenser la gravité de la situation au burlesque ubuesque de l'épisode Joris Gnagnon. Licencié par Séville pour faute grave, l'affaire sentait le coup foireux alors l'ASSE se jeta dessus pour compléter sa défense à trous. Las, l'imposant fessier de l'ex-Rennais ne les comblera jamais et ce dernier s'en retournera au KFC le plus proche dès l'arrivée du printemps, emportant avec lui quelques mois de salaire facilement gagnés et 27% des suffrages.
Enfin, pour rester dans le sujet, son superbe challenge "Pékin Express" (un recrutement bouclé en 2 mois avec zéro euro par jour) permet à l'ASSE de décrocher la 3e place, Ignacio Ramirez s'étant assuré de confirmer sur le terrain la valeur comptable nulle de son acquisition.
On se retrouve dès l'an prochain pour le retour de notre trophée "Steed Malbranque" national, en espérant justement qu'il ne contienne jamais la mention "National"...
Toute l'équipe de Poteaux-Carrés.com remercie les personnes qui ont fait leur devoir potonaute en participant par leur vote à cette édition 2021-22 des Poteaux d'Or.