Il y a foule dans les tréfonds du classement et du temps avant la fin de la saison. Autant dire que le sort ne sera pas jeté après le déplacement à Metz. Pour autant, après une belle prestation presque mal récompensée contre Angers, c'est d'une victoire dont ont besoin les Verts pour lancer leur saison. L'occasion est idéale et un raté serait particulièrement malvenu.
1- Le parcours
Pas vraiment besoin de s'attarder sur les chiffres bruts, ils ressemblent beaucoup trop à ceux de Sainté. Un point de plus seulement, une victoire contre zéro mais également sept défaites, triste pire total de la L1, contre six. Une attaque à peine meilleur (12 buts à 11) et une défense à peine pire (26 à 25). Les débuts de saison des deux équipes se ressemblent comme deux gouttes d'eau.
À ceci près, et ce n'est pas négligeable, que le calendrier n'a pas été le même pour tout le monde. Quand les Verts ont déjà rencontré 7 des 9 premiers et ont surtout des concurrents directs à affronter, Metz n'en a joué que 4. Bref, c'est avec un calendrier bien plus jouable que les Lorrains ont tout autant patiné que l'ASSE.
Surtout, la tendance actuelle n'est pas exactement la même. Notamment défensivement. Si Metz a encaissé plus de buts sur les dernières sorties, c'est aussi la régularité qui fait mal avec au moins 3 buts encaissés lors des 3 dernières rencontres quand, sur la même période, les Verts sont surtout plombés par un seul match, celui de Strasbourg. Alors que les Grenats avaient réussi 3 nuls lors des 4 premières journées, ils ont depuis connu 6 défaites lors des 7 dernières rencontres. Il s'agit, enfin, de la pire équipe à domicile avec seulement 2 nuls, et désormais 3 défaites consécutives.
2- L’effectif
Entre un effectif pas forcément incroyable sur le papier, malgré quelques bons joueurs qui ne feraient pas tâche plus haut dans le classement et, surtout, une équipe qui change tout le temps, de système, comme de joueurs qui le composent, on a peut-être mis le doigt sur ce qui cloche.
Bon, logiquement, ce n'est pas du côté du poste de gardien que la question se pose beaucoup. Oukidja est logiquement titulaire, même si sa baisse d'influence est notable. Mais il garde toujours la préférence sur Caillard. Sur les côtés de la défense, c'est tout de même plutôt stable, avec Centonze, l'un des points forts de la belle saison messine dernière, à droite, et Udol, mais aussi de temps en temps Delaine à gauche. En revanche, dans un axe tantôt à deux ou trois, seul Bronn semble surnager (au temps de jeu, au moins). Derrière, Kouyaté est plutôt un titulaire, tout comme... Udol, décidément partout. Ce qui explique aussi les rotations. Si Niakaté était déjà derrière dans la hiérarchie, l'arrivée de l'ancien Monégasque Jemerson risque de plier l'affaire. Notons que si Centonze a vu arriver Alakouch comme doublure, c'est la descente aux enfers pour l'ancien international espoirs français, moins aligné que le tout jeune Mbengue (rien à voir avec Cheikh, a priori) et Maïga (tout à voir avec Habib, en revanche).
Au milieu, la donne est plus claire. Et là encore, on retrouve encore quelques bons joueurs, à condition de ne pas trop creuser. Maïga et le jeune Sarr, beaucoup moins influent qu'à ses débuts, tout de même, sont titulaires. Tout comme Pajot, qui fait figure de cadre, dans une équipe qui en manque. Derrière eux, c'est avant tout N'Doram qui joue. Le retour de Boulaya pourrait toutefois permettre d'injecter plus de talent et plus d'allant offensif. L'arrivée de Bassi, un des cadres de Nancy (avec un certain Kenny), fait en revanche flop pour le moment, dans ce registre. De même que le jeune Traoré qui, à 20 ans, peine encore à s'imposer depuis son arrivée il y a un peu plus de deux ans.
Devant, enfin, les côtés sont tout de même souvent utilisés malgré les changements de système. Mais si Gueye s'impose à droite, le côté gauche illustre l'instabilité entre De Préville, Yade, Sabaly, Nguette et même Sarr qui quitte le cœur du jeu. De Préville et Sabaly qui sont aussi les doublures de Niane, la pointe indiscutable, quoi que visiblement pas totalement bien revenu de ses ligaments croisés. Autant dire que pour Tchimbembe et l'ancien Ponot Joseph, il n'y a plus vraiment de place...
La compo probable : Manquent à l'appel Udol, Niakité, Alakouch, Traoré, Tchimbembe et Joseph. Pas de quoi bouleverser l'équipe messine, même le premier pourtant tout le temps titulaire :
Oukidja – Centonze, Bronn, Jemerson, Delain – Maïga, Pajot, Sarr – Gueye, Niane, De Préville
3– Souviens-toi la dernière fois
Tout dépend de laquelle. S'il s'agit du tout dernier match, soit. Un match bien maîtrisé. Une bonne entame logiquement récompensée par un but un peu gag de Boye contre son camp alors que la tentative d'Hamouma semblait, de toute façon, finir au fond. Et puis plus grand chose, juste une bonne défense, illustrée par une des meilleures sorties de Cissé en Vert. Et une victoire importante dans la remise en route de l'équipe.
Si c'est le dernier match à Saint-Symphorien, ça fait moins envie. Une défense expérimentale comptant Moueffek à gauche et Sissoko à droite, Sow pour sa 2ème titularisation en L1. Un but rapidement encaissé. Un siège de la surface messine sans être capable de cadrer (sur 10 frappes, tout de même, 4 de plus que l'adversaire...). Un but contre-son-camp en contre, en fin de match. Le calice jusqu'à la lie sans même avoir été dominé ou être tombé contre une équipe intéressante.
Plus généralement, Metz ne nous porte pas bonheur récemment avec 4 défaites récentes. Particulièrement à Saint-Symphorien, où l'on se souviendra d'une rencontre où il suffira de louper l'immanquable pour se prendre un but dans les 2 minutes qui suivent à chaque fois, et perdre 3-1, ou encore le 3-0 des débuts de Gasset, contre un Metz pourtant dernier et à l'agonie...
4- Les joueurs à suivre
Dans le marasme, un joueur surnage, et il est latéral. Mais plus attaquant que latéral, désormais, puisque Fabien Centonze est le meilleur buteur messin. Pour le reste, plein de joueurs sont à surveiller. Car le FC Metz, c'est aussi une armée de fantômes, joueurs longtemps blessés et qui mettent du temps à revenir ou n'ont pas encore beaucoup joué comme Nguette, Niane ou Boulaya, joueurs impériaux la saison passée et désormais un peu aux abonnés absents, au point que les supporters lorrains n'en veuillent plus, comme Maïga, Bronn ou Pajot. Sans oublier Jemerson, qui a perdu le fil de sa carrière, étant devenu plus que mauvais lors de ses derniers mois à Monaco.
Une armée des morts, qui peut toujours se réveiller pour nous manger, façon Nuit des Morts-Vivants ? Vu l'entrée en matière du rédacteur de ces lignes, il y a de quoi rester méfiant.