Au terme d'une saison affreuse où les rares moments de sourire étaient vite éclipsés (souvenez-vous d'une 17ème place après une victoire sur Metz, lors de la 27ème journée, ou, plus récemment encore, à l'issue de la 32ème journée, c'était alors la dernière victoire des Verts), Sainté a encore une chance de sauver sa peau. Pour cela, il va falloir se débarrasser d'Auxerre en aller-retour. Pas une mince affaire.


1- Le parcours

Bon, forcément, là-dessus, rien de rassurant. Pas la même division, mais pas la même dynamique. Alors que les Verts n'ont gagné que 7 fois et pris 32 points, Auxerre, qui attend son retour en Ligue 1 depuis 10 ans, voit triple avec 21 succès. Finissant ainsi la saison avec 74 points, et un gouffre d'avance, 16 unités, sur le 6ème du championnat, premier non-qualifié pour les barrages, le Guingamp de Charles Abi.

Si le trou avait été fait rapidement, les deux derniers mois de compétition ont permis de finir le travail. Avant d'écarter Sochaux aux tirs au but et malgré une place en barrage déjà acquise depuis quelques temps, les Bourguignons ont tout simplement été la meilleure équipe de L2 lors des 8 derniers matchs de la saison régulière, ex aequo avec Ajaccio, avec 6 succès et 2 nuls.

S'il faudra être vigilant à l'Abbé-Deschamps, poussant fort derrière son équipe ces dernières semaines et permettant d'enchaîner 4 succès à la maison pour terminer la saison, notamment lors d'un dernier match bouillant contre Amiens pour la montée directe, c'est à l'extérieur que l'AJA est particulièrement redoutable. Il s'est en effet agi cette saison de la meilleure équipe de L2 hors de ses bases avec seulement 2 défaites, et 4 points de plus que son dauphin dans l'exercice.

Enfin, mauvaise nouvelle pour l'une des pires défenses de l'histoire du club et de la saison (merci Bordeaux), la force d'Auxerre, c'est l'attaque. Si l'arrière-garde icaunaise, la 6ème du championnat, peut être débordée, avec ''seulement'' 8 clean-sheets lors des 28 dernières journées de championnat (et 2 sur les 12 dernières), se force de frappe offensive était la 2ème de la Ligue 2 avec 61 buts inscrits et deux hommes parmi les 10 meilleurs buteurs.

 

2- L’effectif

Si les hommes de Jean-Marc Furlan ne sont pas encore en Ligue 1, on retrouve pourtant sous ses ordres quelques visages connus de l'élite du football français.

Dans les buts, déjà, avec l'expérimenté guyannais Léon, deux saison en L1 avec Auxerre, déjà, l'année de la descente, puis avec Brest, plus récemment. Sa doublure, de Percin, est en revanche moins expérimentée avec aucun match de championnat chez les pros. En défense, c'est la carte de la continuité qui a fait foi. Les trois joueurs les plus utilisés dépassent ainsi les 30 titularisations. L'axial Jubal et le latéral gauche Bernard renforcent cette idée de continuité du fait qu'il s'agit respectivement de leur 2ème et 3ème saison au club, en tant que titulaire. Pour l'ancien bordelais Pellenard, ce n'était que la première, mais il a enchaîné dans l'axe tandis que si Arcus a eu un poil moins de temps de jeu, c'est la 5ème saison en Bourgogne de l'arrière-droit international haïtien. Revers de la médaille, un banc qui a peu de temps de jeu. À l'exception de Coeff, qui a tourné entre la défense centrale, le poste de latéral droit et le milieu de terrain, tous ont connu au maximum 7 matchs qu'il s'agisse de l'axial Lloris, petit frère de, du latéral droit Georgen, ex titi parisien ou du polyvalent Joly, débutant à ce niveau.

Au milieu, derrière l'inamovible paire constituée du ratisseur Touré, déjà vu en L1 à Nantes, et du très technique Sakhi, l'ancien Rémois Ndom a souvent joué mais rarement été aligné d'entrée. Quant à l'international comorien Mohamed, il a ramassé les miettes. Ayant parfois évolué devant la défense, Trouillet a plus souvent eu pour rôle, lui, d'évoluer un cran plus haut. Mais c'est la polyvalente paire formée de l'ex Messin Hein et de l'ancien Lorientais et Brestois Autret qui a eu le rôle principal dans ce secteur.

Un binôme qui s'est échangé ce poste de n°10 et celui d'ailier tout au long de la saison. Des ailes également occupées régulièrement par Perrin (pas Dieu, merci) et le puissant Sinayoko. Moins présent, le talentueux vétéran Dugimont a su tout de même régulièrement prendre sa part. En pointe, en revanche, domination presque sans partage de Charbonnier, au point que ses doublures furent le plus souvent des joueurs parmi les sus-cités. Ben Fredj ne faisant que de rares apparitions. Idem pour l'ailier Mercier.

La compo probable : À la différence de la L1, la L2 offre souvent des hiérarchies plus marquées du fait d'un banc moins large. S'il y a quelques postes où la question se pose, dans l'ensemble un onze se dégage de la saison auxerroise. D'autant que Furlan dispose d'un groupe au complet :

Léon – Arcus, Jubal, Pellenard, Bernard – Touré, Sakhi – Sinayoko, Hein, Autret – Charbonnier

 

3– Souviens-toi la dernière fois

Pas de bol, c'était déjà la définition de cauchemar. Peiner d'abord 90' contre une Ligue 2 et se retrouver poussé en prolongation puis plonger complètement et encaisser trois buts au cours de celle-ci. Le tout avec Polomat, Kenny Rocha, Lacroix ou encore Hamidou Keyta a un moment ou un autre du match. Et avec un but de Birama Touré, seul rescapé de cette rencontre côté auxerrois (Hamouma et Nordin pouvant, eux, rappeler cette correction tardive à leurs équipiers).

En championnat, moins de turbulence, mais plus d'indécision puisque c'est une série de 4 nuls qui est en cours. Le dernier, 0-0 à l'Abbé-Deschamps, une époque où l'on pouvait encore affronter Hengbart, Kapo, Grichting ou Oliech. Le précédent, ultime réception des Bourguignons dans le Chaudron, 1-1, avec Guilavogui qui répond à Ben Sahar (oui, non seulement tout le monde a oublié ce match, mais pire encore, tout le monde ou presque a oublié Ben Sahar et ses 21 matchs et 3 buts en Ligue 1).

Notons tout de même que la dernière victoire date de 2008, depuis, 4 défaites et 5 nuls ont jalonné les confrontations directes...

 

4– Les joueurs à suivre

Deux joueurs constituent le facteur X de cette équipe. Et en l'occurrence, il s'agit des deux meilleurs buteurs. La bonne nouvelle, c'est Gaëtan Charbonnier. Deuxième meilleur buteur de Ligue 2 avec 17 buts, il est tout autant capable d'être précieux dans le jeu en remise et dans sa capacité à traîner devant le but pour conclure que de gâcher dans les grandes largeurs. Et, surtout, la Ligue 1 ne lui porte pas spécialement bonheur avec 172 matchs à son compteur pour seulement 29 buts. Avec un meilleur exercice à 6 unités. Reste que les souvenirs entre lui et les Verts restent mitigés. Après n'avoir remporté aucun de ses 7 premiers matchs contre l'ASSE, il a enchaîné 3 victoires, ponctuées par 3 buts...

L'autre homme fort, c'est le dynamiteur, Gauthier Hein. Si un homme apporte de la vitesse, du changement de rythme, de la folie, c'est lui. Tout n'est pas parfait dans son jeu mais c'est quasiment toujours de lui que vient le danger. S'il aime tout particulièrement percuter dans l'axe du terrain, il a tout de même cette faculté à jouer un peu partout sur le front du secteur offensif qui accru sa dangerosité. Mais, contrairement à plusieurs de ses partenaires, son expérience au plus haut niveau est limitée : 16 matchs avec Metz alors qu'il n'avait que 20 ans, lors desquels il n'avait été décisif qu'une fois.

 

5– Quelques stats

Si peu de choses permettent vraiment d'être optimiste, quelques chiffres peuvent redonner le moral. D'abord, puisque cette chronique s'attache à parler avant tout de l'adversaire, cette équipe d'Auxerre, aussi dominante soit-elle, a moins performé contre les gros, ceux flirtant avec le niveau Ligue 1. Ainsi, en 9 rencontres cette saison contre les 4 autres gros de son championnat, elle n'a glané qu'un seul succès et affiche une différence de but de -7. Seul Sochaux fait pire.

À l'inverse, si nos Verts ont été lamentables contre les mastodontes de la L1 (10 défaites en 10 matchs contre les 5 premiers, 6 nuls et 14 défaites en 20 matchs contre les 10 premiers), ils se sont révélés une équipe tout à fait correcte contre des adversaires moins coriaces comme devraient l'être les Bourguignons. C'est ainsi la 4ème équipe dans les confrontations directes entre les 10 moins bonnes écuries de L1, à 1 point seulement d'Angers, la 2ème. C'est même la meilleure en cas de mini-championnat entre les 7 derniers, avec ''seulement'' 2 défaites et la meilleure attaque.

Enfin, preuve que tout est possible, c'est 4 victoires, 2 nuls, 3 défaites en aller-retour contre les 9 autres équipes de la deuxième partie de classement. Si c'est encore loin d'être gagné, haut les cœurs, l'ASSE n'est pas morte !