Même s'il a demandé un positionnement défensif très strict à son équipe, le coach stéphanois n'a pas pu empêcher une nouvelle défaite de ses protégés


On a souvent entendu Pascal Dupraz crier "en place !" dès que les Verts perdaient le ballon, leur demandant ainsi de reformer le bloc équipe en 5-4-1 qu'il avait préparé pour bloquer les offensives lensoises :
 
 
Une défense à trois avec Bakayoko-Kolo-Nadé, Maçon et Silva en pistons, la paire Camara et Youssouf au milieu et un trio offensif assez surprenant, formé de Thioub, Boudebouz et Aouchiche. Le choix de ce système peut s'expliquer par les nombreuses absences dans l'effectif (entre CAN, Covid et blessés habituels), mais aussi par la volonté de bloquer en un-contre-un les pistons adverses.
 
Pas d'avant-centre de metier dans ce 11 de départ, et pourtant les Stéphanois ont réussi à sortir assez souvent le ballon. Malgré leur profil, Boudebouz et Thioub ont souvent été recherchés en point de fixation pour lancer un coéquipier dans le dos de la défense, lors des projections rapides en contre. Car c'était le plan tactique préparé par le staff stéphanois, un bloc en place et des contres rapides. Voici quelques exemples, dont le premier commence à partir de la capture d'écran précédente :
 
 
Le ballon circule de droite à gauche dans la défense adverse, arrivant jusqu'au piston dans son couloir. Thioub sort presser un défenseur central, Maçon sort sur son adversaire direct et un attaquant lensois plonge dans son dos. Mais le latéral stéphanois intercepte la passe qui recherchait ce dernier, le ballon arrive à Thioub...
 
 
... qui remonte immédiatement balle au pied, avant de rejouer avec Maçon à droite. Qui élimine un défenseur et tire sur le gardien dans un angle fermé. Pas la plus grosse occasion du match, mais un premier tir cadré, après une action type.
 
L'exemple suivant nous permet de comprendre l'approche de Pascal Dupraz pour les CPAs défensifs, avec ce corner du RC Lens à la 38e minute :
 
 
Les 7 joueurs à vocation défensive sont dans la surface, aucun des 3 offensifs n'y est (en même temps, le jeu de tête n'était pas leur point fort). A l'exception de Camara, au premier poteau, les autres Verts font du marquage individuel - on peut ainsi voir Bakayoko à l'entrée de la surface :
 
 
Le ballon est d'abord dégagé par Silva et ensuite Youssouf écarte le danger après un léger cafouillage dans la surface, mais les Lensois le récupèrent immédiatement :
 
 
Un adversaire résiste au retour de Boudebouz, puis de Thioub, mais perd ensuite son équilibre et Camara en profite après avoir sprinté pour le récupérer. Il remonte balle au pied et profite de la projection en nombre de ses coéquipiers :
 
 
Trois défenseurs qui reculent contre quatre Stéphanois : Camara joue avec Thioub, qui lance parfaitement Aouchiche à gauche. Qui centre au deuxième poteau, d'où Boudebouz reprend et ouvre le score.
 
La sortie de Thioub à la 55e minute a changé la physionomie du match. Car même si le système est resté le même 5-4-1, avec Gourna au milieu et Youssouf en excentré...
 
 
... le profil de ce dernier est différent, il a pu moins garder le ballon dos au but pour lancer ensuite ses coéquipiers, comme Thioub le faisait. Par contre, défensivement, c'est toujours le duel entre pistons dans les couloirs qui a été déterminant, comme dans cet exemple à la 72e minute, quand Silva sort sur son adversaire direct quand il reçoit le ballon et l'oblige de jouer en arrière. Nadé intercepte une passe, mais la possession est perdue immédiatement :
 
 
Le ballon arrive de nouveau au piston droit lensois, Silva y est toujours, le couloir est bien bloqué. Et comme le RC Lens insiste de ce côté...
 
 
... la troisième fois qu'une passe est destinée à son adversaire direct, Silva surgit et intercepte. Il peut ensuite monter balle au pied et profiter des projections rapides de ses partenaires :
 
 
Boudebouz à gauche, servi en profondeur, Gourna dans l'axe. Aouchiche part de très loin (il était quasiment à la hauteur de la défense sur les captures précédentes), c'est le jeune milieu de terrain qui est trouvé par le centre de Boudebouz au deuxième poteau. Malheureusement, il rate le cadre et quelques minutes plus tard, les Lensois égalisent sur corner. 
 
Les entrées de Dioussé et Lhery ont changé le système de jeu, le premier étant la pointe basse d'un triangle au milieu et le deuxième étant plutôt à la même hauteur que Boudebouz, les Verts évoluant dans un 5-3-2 :
 
 
Ghezali est aussi entré, à la dernière minute du temps reglèmentaire, en piston gauche, Silva glissant dans l'axe à la place de Nadé, sorti. Les Verts ont été privés de ballon dans les dernières minutes, mais ils ont osé un pressing haut dans le temps additionnel, quand Lhery et Gourna ont aidé Boudebouz :
 
 
Sous cette pression un des défenseurs centraux rate son contrôle, puis sa passe, interceptée par Lhery, qui remet en arrière à Gourna. Et Ghezali se projette, en partant de très loin :
 
 
Lancé en profondeur par Gourna, il centre au deuxième poteau - comme dans tous les exemples précédents, mais la reprise de la tête de Boudebouz est captée par le goal adverse. Les Verts ont eu le mérite d'y croire et d'essayer jusqu'au bout. Ce qui rend encore plus dur à encaisser la suite de l'action :
 
 
Les Lensois relancent vite, le bloc stéphanois n'est pas en place. Un milieu axial adverse part de la zone de Dioussé pour faire un appel dans le dos de Maçon. Les protégés de Dupraz se remettent vite en place...
 
 
... le 5-3(-2) est formé, bien compact. Mais ils ne peuvent rien contre le talent adverse, car une première passe élimine Camara, Maçon et Bakayoko pour lancer ce milieu dans le couloir gauche, d'où il crucifie Bernardoni par une frappe enroulée.
 

Conclusions

Un scénario cruel, qui risque de coûter plus cher que ce point perdu à la fin du temps additionnel. Au classement la situation est toujours très compliquée, mais pas sans espoir, car les Verts ne sont pas les seuls à enchaîner les défaites. Comme souvent cette saison, ils ont proposé des choses intéressantes et se sont battus avec leurs armes. Le plan tactique a été bien pensé, mais finalement les Stéphanois ont payé le manque de profondeur du banc. Pire, cette défaite dans les derniers instants risque de laisser des traces, car la confiance ne régnait déjà pas dans les rangs de l'ASSE. C'est donc sur leur capacité à relever la tête, à réagir dès le prochain match, que le reste de la saison se jouera...