Il a été Tango, de 1980 à 1985, avant d'être Vert. Même si les souvenirs lavallois sont lointains, il a gardé le contact avec le club mayennais. Il a passé 15 ans à l'ASSE, de 2006 à 2021, dirigeant le centre de formation de l'ASSE. Qui, mieux que Philippe Guillemet, désormais accompagnateur BEFF à l'Institut de Formation du Football, peut nous parler de la rencontre de cet après-midi ?


Philippe, peux-tu nous rappeler ta période lavalloise ?

Je suis arrivé à Laval en 1980 et j'y suis resté 5 ans, 2 ans comme aspirant, 3 ans comme stagiaire pro. je jouais auparavant en cadets nationaux à Châtellerault, et j'étais dans les sélections départementales et régionales de la Ligue Centre-Ouest avec François Lemasson, Pascal Gastien, Eric Guerit. Dans la continuité, j'ai signé à Laval, un club qui me plaisait bien. La présence d'Hervé Gauthier avait pesé dans ma décision.

J'avais choisi le club pour son ambiance familiale, avec le Président Henri Bisson, l'entraîneur Michel Le Millinaire. Je venais de la campagne, de Vicq sur Gartempe, et j'avais toujours vécu dans une ambiance familiale. J'étais venu en même temps qu'un autre joueur de Chatellerault, Laurent Chatrefoux. Laval, à l'époque, avait déjà fait construire un bâtiment pour les pros et le centre de formation, composé uniquement de la réserve qui jouait en D3. Après Laval, j'ai signé mon premier contrat professionnel à Angoulême

Tu avais quand même fait des apparitions en pro avec Laval...

Oui, c'est cela. Au centre de formation, j'ai vu arriver des joueurs comme Bertrand Reuzeau, Jean-Luc Dogon et Loïc Lambert, passés par l'ASSE. La première année j'ai joué en réserve, la deuxième année j'ai fait fait des entraînements et des apparitions avec les pros. Je me souviens même d'avoir gagné la Coupe d'Eté, une compétition qui n'existe plus aujourd'hui. j'ai dû faire une quinzaine d'apparitions avec les professionnels et j'étais dans le groupe de la Coupe d'Europe, la saison où Laval a éliminé le Dynamo de Kiev à l'automne 1983. (saison 1983-1984)

As-tu conservé des contacts avec le club mayennais

Oui, en avril 2022, Thierry Ruffat, le journaliste, rédacteur en chef de Radio France Mayenne, célèbre pour sa fameuse expression "But à Laval" lors des multiplex, m'avait invité pour les 120 ans du club. C'était un super moment. Et, cette année, nous avons remis ça, en septembre 2023, pour fêter les 40 ans de la victoire contre Kiev. Ce soir là, Laval recevait Valenciennes et l'avait emporté 1-0 à l'issue d'un bon match, à la lavalloise, solide, sans affolement, avec un bloc équipe soudé. La fête était donc belle.

Les anciens de l'épopée de 1983 avaient été présentés avant le match. J'ai donc pu rencontrer, à ces deux occasions, Olivier Frapolli, que je ne connaissais pas et Sébastien Desmazeau, l'entraîneur de la réserve, qui a de la famille près de Vicq sur Gartempe et qui a travaillé pour les stages Dominique Rocheteau. Comme tous les entraîneurs, nous avons pu évoquer des souvenirs communs. Il m'a fait une très bonne impression. J'ai pu visiter le centre d'entraînement du club et j'ai donc pu parler longuement à Olivier Frapolli et à son staff. C'était très agréable.

Selon toi, quelle est la force du Stade Lavallois ?

Sa force c'est un club vraiment familial avec un Président Laurent Lairy, qui a su fédérer, rassembler un groupe d'investisseurs. Il y a une très grande unité dans le club, 1 responsable du recrutement, 1 entraîneur, et donc un Président qui marchent main dans la main, prennent des décisions tous ensemble. On sent vraiment une unité entre toutes les composantes. C'est la première force. Il n'y a pas de vague, la pression est bien gérée.

Cela se retrouve sur le terrain. L'équipe est solide, très solide, encaisse peu de buts (2ème meilleure défense du championnat). Il y a eu une période où l'équipe était en pleine confiance. Elle n'avait pas besoin de beaucoup d'occasions pour marquer des buts. Elle a ensuite une moins bonne période, mais a su bien rebondir. Elle a gagné largement en Coupe de France, la semaine dernière à Dieppe. L'ambition est d'être le plus près possible du podium.

Quels conseils donnerais-tu aux Verts ?

Ah, non, je ne veux pas me poser en donneur de conseils ! Je connais un peu Olivier Dall'Oglio. Nous avons été en relation lorsqu'il avait le centre de formation de Nîmes. Il avait fait une finale de Gambardella. On a participé au DMVE (Dix Mois Vers l'Emploi), dispositif mis en place par l'UNECATEF pour les entraîneurs au chômage, en 2005. Il y avait Jacky Bonnevay à ce stage d'accompagnement en attendant de retrouver un club. Moi, j'avais arrêté en cours de route car je suis rentré à Clairefontaine au pôle France Féminin.

Ceci dit, il faut se souvenir que Saint-Etienne a déjà battu Laval. Laurent Batlles avait trouvé la solution. Ce sera sûrement un match serré. Les Verts ont redressé la tête en faisant le nul à Bordeaux et en battant Bastia, stoppant ainsi la spirale négative. C'est un peu comme un nouveau championnat qui débute. L'accès aux deux premières places sera difficile, car Angers, Auxerre, sont solides, ont un banc important. Ils marquent beaucoup, encaissent peu. Mais tout peut arriver. Ce qui est sûr, c'est que Laval sera motivé. Toutes les conditions sont réunies pour faire un beau match : une belle affluence sûrement, deux équipes de haut de tableau qui veulent prendre des points, des Verts qui vont vouloir confirmer leur rebond.

Propos recueillis par Stéphanois. Merci à Philippe pour sa disponibilité !