Danish wrote:Bien sûr que non, tant que la liberté d'expression n'enfreint pas la loi (oui, elle a ses limites)
PAr exemple, c'est ma liberté d'expression de dire que sa blague, c'est de la merde
On est d'accord !
Dans la mesure où la blague de Balotelli n'enfreint pas la loi, des sanctions seraient donc scandaleuses.
L'humour n'est pas objectif par nature. C'est donc impossible de déterminer formellement si une blague est drôle ou pas.
Là encore, je te rejoins. On ne peut pas déterminer objectivement si elle est drôle, ni si elle est "raciste" d'ailleurs.
Après, il y a quelques indices qui te permettent de placer le curseur de l'humour plus ou moins haut: la "cible" visée, le coefficient de déjà-vu de la blague, le nombre de personnes qui trouvent ça drôle, le degré de vulgarité, etc...
C'est pour cà que je dis que l'excuse si souvent utilisée "ca va c'est que de l'humour" est à prendre avec des pincettes: à partir du moment où la cible que tu vises (les juifs, les noirs, les femmes, les roux, les lyonnais...) ne rigole pas à ta blague, c'est peut-être bien que ton humour est à chier. Ou même qu'en fait, c'est pas de l'humour tellement c'est pas drôle
Oui, mais tout dépend aussi du degré de susceptibilité des gens, de leur capacité à l'autodérision, ou de leur compréhension de l'humour noir, par exemple. Après, si une blague ne fait vraiment rire personne, effectivement c'est qu'il y a sans doute un problème quelque part. Pour ce qui est de celle de Balotelli, plusieurs ici l'ont trouvée marrante, ce qui montre une nouvelle fois que les sensibilités sont différentes d'une personne à l'autre, et qu'on ne peut pas faire de la sensibilité de certains une vérité absolue, sur la base de laquelle on peut accuser une personne de "racisme" ou autre.
Il y a aussi un problème général d'exaltation de la fierté communautaire, qui empêche trop souvent la moindre dérision et qui exacerbe la susceptibilité.
Tu utilises un champ lexical assez fort: diabolisation, acharnement... Cela biaise un peu le sens de ta question. Je pense que si il y a eu cette médiatisation, c'est que des gens se sont sentis atteints et ont pu l'exprimer. Même si ca vexe sur l'instant, c'est le signe que la société change.
Que des gens puissent se sentir atteints et souhaitent l'exprimer, je le respecte. Mais encore une fois, l'humour ne peut pas plaire à tout le monde. Or, ce qui me dérange, encore une fois, c'est que certaines personnes, ou certaines communautés, entendent imposer leur vérité en affirmant sans contestation aucune que "machin est raciste", ou que "trucmuche est antisémite". Je pense que personne ne mérite pas une violente campagne médiatique à son encontre sous le seul prétexte d'avoir fait une blague qui heurte la sensibilité de certains. En tout cas, moi, ça me choque et m'inquiète bien plus que la nature de la blague en question.
Pour ce qui est du champ lexical que j'emploie, je rappelle quand même que Dieudonné a commencé à être marginalisé et attaqué parce qu'il avait fait un sketch (mauvais à mon sens) sur... Israel et le sionisme, où il ne visait absolument pas "les juifs" ! Depuis, il s'est enfermé dans une radicalité difficilement contestable, certes. Mais ça a commencé par un acharnement, je répète, vraiment injustifié...
Que les adeptes de l'humour facile et communautaire se rassurent, on trouve toujours de nouvelles cibles "propres" à tourner en dérision: en ce moment, les chinois et les Roms ont la côte par exemple. On peut se foutre de leur gueule, ca embête personne..
Tu as parfaitement raison. Et d'ailleurs, ce "deux poids deux mesures" m'agace forcément. Mais contrairement à toi, je pense que l'humour "communautaire" doit être accepté de toutes parts, tant qu'il n'enfreint pas la loi et n'incite pas la haine. Les lobbies communautaires ne devraient pas faire office d'inquisition à l'égard de ceux qui s'essaient à l'humour, car cela génère un climat de peur et de "censure" que je trouve très inquiétant.