Re: [HS] Politique, social et autres débats de sociétés...
Posted: 12 Jun 2017, 13:15
Moi pas vraiment, c'est la victoire de la post-politique sur la politique à gauche.AS Brice wrote:Et je suis assez content du résultat de la FI. J'espère 15 députés. Ce serait bien pour un mouvement nouveau.
Quant à ton espérance, elle est hautement improbable, à moins d'un revirement et d'un accord avec le Front de Gauche.
Il reste certes 29 circos potentiellement gagnables mathématiquement mais la moitié des candidats se présentent avec un ballotage extrêmement défavorable, ne pouvant gagner qu'en comptant sur un report des voix parfait à gauche et un report de voix nul à droite.
En détail, ça donne 2 candidats en ballotage favorable :
- Mélenchon dans les Bouches-du-Rhône avec 12 points d'avance et une réserve de voix potentiellement intéressante
- Peu dans la Seine-Saint-Denis avec 7 points d'avance. Reste à déterminer dans quel sens la réserve de 19% du candidat PS va aller.
3 circonscriptions quasi-assurée d'être remportée malgré une seconde place :
- Fiat en Meurthe-et-Moselle, puisque opposée à un candidat FN arrivé seulement 4 ponts devant, et bénéficiant d'une réserve 29%, en ne comptant que la gauche.
- Corbière en Seine-Saint-Denis, puisque bien que derrière le candidat LREM, il est dans une des rares circos où la réserve de voix est nettement plus favorable au candidat de gauche. Malgré le désamour entre la FI et le PCF, en additionnant le score des deux candidats, il obtiendrait 7 points d'avance sur son adversaire, sans compter les reports de voix socialistes, écologistes, et de l'ancien maire communiste de Montreuil Jean-Pierre Brard.
- Panot dans le Val-de-Marne, puisque étant arrivée 200 voix devant le candidat communiste, c'est elle qui bénéficiera probablement de cet énorme report de voix. Sans compter la réserve du sortant MRC.
Les 24 autres circos vont dépendre du report de voix PS sur le candidat FI.
Semblent tout de même gagnables :
- Obono à Paris puisque en additionnant avec les voix PCF, elle est quasiment au niveau de son opposant LREM, et que les deux candidats qui suivent sont également étiquetés de gauche.
- Lachaud en Seine-Saint-Denis, qui bénéfice de conditions similaires, quoiqu'un peu moins favorables.
- Girard dans l'Essonne, pareil même si le poids local de l'UDI est un frein.
- Amrani dans l'Essonne, pareil et qui peut bénéficier de son opposition à Manuel Valls.
- Bernacilis dans le Nord qui est juste derrière son adversaire LREM, mais qui va devoir compter sur un fort report PS en sa faveur.
Bref, difficile d'envisager beaucoup plus de 10 députés, à moins de gros coup de Boudjenah, Rubin, Coquerel, Arrouche, Quatennens ou Briot dans des circos favorables sur le papier, mais où le débours parait quand même très dur à combler. Ou que les débours assez faibles de Ressiguier dans l'Isère et de Larive dans l'Ariège puissent être comblés par une forte mobilisation des électeurs PS en leur faveur. En tous les cas, il faudra faire carton plein pour atteindre tes 15 députés. Les 3 autres circos parisiennes semblent ingagnables, de même que les 4 circos de Haute-Garonne ou que des circos en Ariège, Gironde, Meurthe-et-Moselle et Val-de-Marne où les candidats ont à peine d'avance même en additionnant leur score à celui du candidat PS.
Pour le Front de Gauche 11 circos gagnables mais là encore, ce sera dur dans la moitié d'entre elles.
Aucune circonscription quasiment sure d'être remportée, mais 7 où les chances sont bonnes :
- Autain, d'Ensemble en Seine-Saint-Denis, qui arrive en tête. C'est un bastion et elle a une avance de 9 points, mais la réserve de voix de sa concurrente LREM est plus importante que la sienne.
- Buffet, en Seine-Saint-Denis, qui arrive également en tête, avec 8 points d'avance, est dans une situation similaire.
- Roussel, dans le Nord, qui est en tête, qui plus est contre un candidat FN, avec une réserve de voix FI pas tout à fait négligeable.
- Bruneel, dans le Nord, qui part avec 9 points de retard mais qui est opposé à un candidat FN et devrait bénéficier d'un bon report venant du PS, voire de LREM, qui plus est dans un bastion historique.
- Chassaigne, dans le Puy-de-Dôme, en tête de près de 6 points et qui peut bénéficier d'un report venant de la gauche assez similaire à celui venant de LR pour son adversaire LREM.
- Lecoq, en Seine-Maritime, pour lequel la réserve de voix venant de la FI est assez similaire que celle venant de LR pour son adversaire LREM. Cela se jouera aux reports PS mais également FN, très fort dans cette circo.
3 autres circos jouables mais compliquées :
- Dharéville, dans les Bouches-du-Rhône, en tête d'un peu plus de 5 points mais avec une réserve de voix assez faibles, les électeurs FN seront peut-être faiseurs de roi.
- Wulfranc, en Seine-Maritime, qui part avec un débours inférieur à 1 point. Tout se jouera au report de voix PS mais aussi FN vu la faiblesse de LR sur cette circo.
- Faucillon, dans les Hauts-de-Seine, peut éventuellement s'appuyer sur les scores relativement importants de la FI et du sortant frondeur PS pour rattraper son retard de 13 points (soit le score de la FI).
Pour les 2 autres, ce n'est pas injouable, mais c'est très compliqué puisque tant en Haute-Vienne qu'en Seine-Maritime, les candidats partent avec un retard et une réserve de voix qui s'appuie surement trop sur le PS.
Restent, à la gauche du PS, les cas de Ruffin, qui peut profiter de la socio-histoire de sa circo pour récupérer tant le vote PS que le vote FN, mais qui part quand même avec un retard important et qui pourrait s'avérer rédhibitoire, le cas Hutin, qui devrait pouvoir concurrencer le candidat FN arrivé à peine devant lui, et le cas des outre-mers, où la réélection de la communiste Huguette Bello est quasiment assurée mais où le reste des résultats est beaucoup moins bon que prévu.
Pour finir, 3 points qui me semblent importants pour la gauche :
- EELV n'a aucun candidat au second tour.
- Le PCF n'a qu'un seul candidat au second tour dans la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, plafonnant à 10% dans la circo de Montreuil malgré les près de 45% obtenus par les deux candidats communistes aux dernières municipales et ne donnant même pas 9% au directeur de L'Huma dans la circo d'Aubervilliers.
- La stratégie d'union a failli. Les principaux candidats d'union ont été sortis dès le premier tour, qu'il s'agisse de l'écologiste Eva Sas, du frondeur Philippe Noguès (l'un des deux seuls à avoir été jusqu'à quitter le groupe parlementaire PS), de l'indépendante Isabelle Attard ou de la militante féministe Caroline de Haas. Dans la Somme que je connais bien, la stratégie d'union entre PCF, PS et EELV a donné des résultats catastrophiques. Ruffin est l'un des très rares à passer au second tour sous une bannière de gauche unitaire, et tout de même avec un sacré retard à combler.