Il y a un certain nombre de travaux qui tendent à prouver que le cassage systématique des économies de subsistance non capitalistes dans les pays qui furent colonisés, a créé les situations dramatiques que l'on connait aujourd'hui. Bref, qui affirme le contraire : c'est parce qu'on a apporté les joies d'un développement économique hors-sol à des populations qui fonctionnaient différemment, qu'on les a appauvries et enchaînées. Et je dis ça sans esprit de repentance ou d'auto-flagellation (je sens venir certaines critiques, mais pas de toihcatteau wrote:@ OLAF
Conclusions :
==> le système économique en général n'est pas du tout efficace
Ses excès sont éminemment dangereux et source d'inégalités donc de tension ... mais dans les pays où le "système économique" est faible, je n'ai pas le sentiment que les gens soient beaucoup plus heureux et "libérés"
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L'ADIE n'est pas l'exemple que j'aurais pris, quand tu vois leur taux d'intérêt... Ce que je voulais dire, c'est que pour un projet économique, tu peux lever des fonds autrement que par une entrée en bourse. Emettre des actions ou des obligations ne passe pas forcément par la spéculation.hcatteau wrote: Des associations comme l'ADIE permettent de financer des intiatives "humaines" où la personne cherche à créer sa propre activité. c'est effectivement un moyen concret d'aider sans passer par la vilaine et affreuse bourse... Mais pour donner à l'ADIE et aider un citoyen (que je ne connais pas en fait), il faut que j'ai les moyens non ?
Jusqu'à quel point y a-t-il progrès, entre un ouvrier agricole de 1905 et un caissier de chez McDo ? Penses-tu que le journalier, malgré toutes les contraintes physiques et sociale, préfèreraient forcément le poste à McDo ? Pas systématiquement à mon avis, et loin de là. Il y a une histoire de sens, là-dedans. Quand tu travailles la terre, tu peux projeter quelque chose et te sentir utile ; quand tu réchauffes de la viande de qualité douteuse pour nourrir des inconnus en série, c'est plus compliqué.hcatteau wrote:Le progrès a permis à pas mal de gens de sortir de travaux pénibles très destructeur physiquement, moralement.(...) une personne qui travaille 20H/mois au Mc Do
Imagine, sans aller tout de suite dans un exemple industriel concret. Demain, avec ton foyer, vous recevez tous les mois :hcatteau wrote: ==> un potentiel immense d'innovation est gâché par une domination que rien ne justifie
Pas tout compris ...
- un accès gratuit ou quasi à l'électricité, à l'eau et au gaz sur une consommation limitée mais suffisante pour prendre la douche, chauffer le logement à 21°, faire tourner un frigo/un congel/une télé/un ordi/ des lampes dans chaque pièce. Si tu veux dépasser, par contre, cela sera beaucoup plus cher qu'aujourd'hui.
- un accès gratuit ou quasi à une quantité d'essence qui te permet de faire 100 bornes avec une voiture standard (pareil : tu veux plus, tu raques)
- un accès gratuit ou quais à des services publics comme la médiathèque
- une allocation mensuelle qui te permette d'accéder à un logement et à des biens de consommation et des services décents...mais pas universels. Si ta femme veut aller chez le coiffeur toutes les semaines, ça ne suffira pas.
Tu ne seras pas obligé d'aller bosser. Mais tu ne seras pas empêché non plus ! En revanche, si pour une raison ou pour une autre, tu ne trouves pas de job qui corresponde à ce que tu recherches, tu pourras te casser et prendre le temps de chercher autre chose. Et peut-être que de ce temps passé à chercher autre chose, tu vas avoir une idée de création d'entreprise. Et comme tu auras le temps de te renseigner, tu verras qu'il y a des acteurs bien plus indiqués que l'ADIE pour accompagner des créateurs qui ne sont pas des patrons dans l'ame (les coopératives d'activité et d'emploi, par exemple).
Ca, ça vaut pour toi. Mais peut-être que ta femme, elle, voudra enfin se consacrer à son amour pour la peinture et fera du bénévolat quelque part parce que toute seule chez elle elle s'ennuie et que femme au foyer, c'est pas son truc. Peut-être que ton fils prendra le risque de faire les études dont il rêve, au lieu de cibler une école d'ingé ou de commerce juste pour les débouchés. Peut-être que ton voisin sera un gros glandeur fainéant dont la vie n'ira pas au-delà de TF1 - mais c'est son problème.
Inconvénient, même une fois arrivé là : ceux qui débattent avec toi n'acceptent pas toujours que tu sois un égaré, et veulent t'enfermer dans un quelque part qui les rassure.Marat Izmailov wrote:L'avantage de s'être beaucoup égaré, justement, ce n'est pas de savoir qu'on a raison aujourd'hui, mais qu'on continue d'avoir tort par d'autres biais et que ce sera toujours le cas : ça donne un peu de recul. En résumé, on prend conscience qu'on est un perpétuel égaré (et on soupçonne que c'est le cas de tout le monde, mais qu'ils ne le savent pas).
Bien au contraire, et justement : l'assistanat est actuellement le corollaire du salariat. C'en est la rustine, parce que notre société est basée entièrement sur le salariat. Et comme le salariat est défaillant et que le plein emploi ne reviendra probablement jamais sauf guerre/destruction majeure, on se condamne à développer l'assistanat.hcatteau wrote:Le concept est beau mais tu auras toujours des individus qui se serviront des autres... et si je suis "généreux" et que j'ai énormément de plaisir à tendre la main, je n'ai pas forcément envie d'être trop bon, trop con. L'homme est responsable, il ne doit pas être assisté systématiquement.
N'est-ce pas déjà les gens les plus faibles et les plus portés à la dépression, qui sont exclus du salariat ? Avec la mort du plein emploi, les postes ont tendance à être réservés à ceux et celles qui sur le papier auraient pourtant le plus de capacité à prendre leur vie en main en dehors du salariat. Et cette tendance ira grandissant.Marat Izmailov wrote:avec un tel système, vous augmenterez drastiquement le nombre de dépressifs et de suicidaires. La solution de facilité, qui sera celle de rester à la maison, sera adoptée par - disons, en fonction des conditions - 15 à 40% de la population. Parmi ces gens-là, combien auront la force psychologique nécessaire ou les centres d'intérêts suffisamment développés pour ne pas sombrer dans la neurasthénie au bout de quelques mois ? Une petite minorité.
D'ailleurs, question que je pose plus largement : n'y a-t-il pas contradiction entre dire, "les gens savent pas quoi faire de leur temps, laissez-les salariés" et "faut arrêter d'assister les gens, ils doivent agir en hommes responsables" ?
- Le RSA ne concerne pas tout le monde, mais une minorité qui peut le vivre comme une stigmatisation - d'autant que certains organismes gestionnaires sont dans le contrôle/punition du mauvais élève plutôt que dans l'accompagnement de l'adulte en galère - ou même la simple indifférence.Marat Izmailov et Mick wrote:Quelle différence avec le RSA, dans ce cas ?
Une allocation universelle ne risque pas de te faire pointer du doigt comme un profiteur, ou de te faire contrôler.
- Le montant du RSA ne sont pas adaptés. Déjà que le montant soit le même à Paris que dans les Ardennes, c'est une aberration : à Paris, ça te paye même pas ton loyer. Dans la pointe des Ardennes, si t'es bricoleur, chasseur, que tu fais ton bois et que t'as des copains pour la débrouille, t'as même pas besoin de chercher de boulot (anecdote véridique).
Se pose donc la question de l'échelle d'application, qui ne pourra pas être nationale au risque d'être à côté de la plaque. Donc, renforcement des libertés locales, et de la créativité des territoires, si on passe à un autre système.
- Ensuite, le contenu n'a pas forcément à être de l'argent. Ça réduirait les phénomènes d'achat d'IPhone 6 alors que le petit dernier a des chaussures trouées. Et puis là encore, une échelle territoriale pourrait faciliter la mise en place de choses complémentaires - une allocation en partie en monnaie locale, par exemple, renforcerait une logique de développement territorial endogène, et pas de financement de multi-nationales délocalisées.