FG, je précise, parce que je pense qu'on est relativement d'accord, j'ai manqué de clarté
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D'abord, la manière dont je présente les questions n'est pas celle que le FN utilise, mais pour moi la question de fond qu'il y a derrière les propositions frontistes, même les plus repoussantes.
ForeverGreen wrote:. Sur la question de la sécurité, je te rejoins partiellement. Le questionnement que tu poses est intéressant, et il ne remet pas en cause le fait qu'en faire un problème publique majeur semble assez peu pertinent autant que partiellement dangereux.
Le problème, c'est que c'est déjà un problème public majeur, au sens où il structure le débat politique. Ce qui me semble également totalement irrationnel ; on devrait avoir bien plus peur, au vu des faits, de la pollution de l'air et des aliments ou du changement climatique que de se faire agresser dans la rue par un wesh à capuche. C'est pour ça que je dis, qu'il faut creuser la question : d'où vient cette aberration ? , au-delà des clichés ("c'est la faute à BFMTV et JP Pernaut").
ForeverGreen wrote: Sur la question de la préférence nationale, je suis en complet désaccord. Tout d'abord parce que la question "Qu'est-ce qu'être Français ?" a une réponse assez simple qui se trouve dans ton portefeuille. Je te mets au défi de trouver un autre référent commun entre tous les membres de la communauté nationale (si tu me répond "catholique" ou "blanc", gare à tes fesses
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).
Tu réponds à question qui fait appel à quelque chose de transcendant par une bête réponse matérialiste - en cela tu es un bon marxiste
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Mais cette réponse n'a pas plus de valeur (autre que pratique) que celle qui veut nous réduire à des consommateurs rationnels, comme le font la plupart des économistes.
ForeverGreen wrote:D'autre part, la remise en cause de valeurs traditionnelles est aussi un moyen d'avancer. C'est même un combat que j'épouse largement et qui fait que je suis de gauche et progressiste. Que certaines personnes soient rétives au changement ou réactionnaires, je le comprend, mais tu comprendras bien que, depuis ma position, je ne le juge pas légitime, et que je combatte ainsi l'extrême-droite sur ce terrain.
C'est justement parce que les valeurs traditionnelles (de culture gréco-chrétienne, de peau blanche, de langue française exclusive, pour le dire vite) ne sont plus valables qu'il y a un problème. L'enjeu n'est à mon avis pas d'abord de "combattre" les réactionnaires, mais de faciliter le passage à une autre définition du Français, moins étriquée et plus conforme avec la réalité d'aujourd'hui. Concrètement, je ne sais pas comment ça peut s'incarner, je n'ai pas de théorie là-dessus, sinon par une moins grande focalisation sur cet aspect.
Et puis surtout, ça passe par remettre du sens dans nos vies : la civilisation capitaliste est absurde, au sens le plus neutre du terme. Nos ancêtres ont toujours eu une ou plusieurs manières d'expliquer le monde en lui-même, et surtout leur présence au monde. La question, "qu'est-ce que je fais là ?", est peut-être la première marque de l'Humanité. Ne serait-ce que la réponse, modeste en apparence, "assurer un avenir à mes enfants" est cruciale. Et pourtant, aujourd'hui, quel parent peut prétendre croire qu'il est capable d'assurer un avenir à ses enfants, hormis dans une caste d'ultra-privilégiés ? C'est là que le retour à la patrie, ou plutôt à un "nous" qu'on croit protecteur, prend tout son sens : il répond à la question "qu'est-ce que je fais là".
ForeverGreen wrote:Et puis, si je suis d'accord qu'il faut se poser la question du dumping social concernant les travailleurs étrangers (mais dans ce cas, c'est autant valable pour les migrants internes l'UE, pas besoin de s'en prendre spécifiquement au réfugiés, parfois en usant d'une rhétorique mensongère et insultante, en prétendant notamment que Somalie et Soudan ne sont pas en guerre, rhétorique également reprise chez LR), cela ne pose pas la question de l'immigration, cela pose celle de l'exploitation de l'homme par l'homme. De toutes les manières, regarder les migrations par le prisme macro-économique, c'est à mon avis grandement se fourvoyer, et perdre une valeur fondamentale, de l'avis même de Tycho, la fraternité.
Je ne voulais pas parler de dumping social - je pense que ce n'est pas le cœur du problème pour la majorité des frontistes. Leur point de vue est (à mon avis) plus simple : le gâteau n'est déjà pas assez grand pour que moi/mes proches on puisse en profiter ; alors si en plus tu en rajoutes d'autres qui sont encore plus mal lotis que moi et qui vont me voler ma priorité à la redistribution et à la solidarité...