Naar wrote:Charabia. Le coût d'un salarié, pour un employeur, équivaut à quasiment le double de son salaire net.
Demander à quelqu'un de te donner 35h de son temps dans la semaine, ce n'est pas gratuit. L'homme n'est pas une marchandise et si tu comptes prendre de son temps pour faire fructifier tes propres affaires, il t'en coute de l'argent et c'est tout à fait normal.
Personne ne fait de l'emploi pour les beaux yeux du mec a employer.
Naar wrote:Ton argument ne tient donc pas et peut se retourner. Si l'Etat ne prélevait pas cette somme, le salarié verrait son revenu, non doubler, mais augmenter sensiblement.
Si l'état ne prélevait pas cette somme, les entreprises verraient vraisemblablement débouler des tas de demandes de financement pour financer l'éducation, la Santé, la retraite, le repos. Au lieu de ça, l'état prélève et redistribue. C'est un choix non pas économique, mais idéologique. L'entreprise qui choisit à qui donner, ça s'appelle la solidarité. C'est un système qui peut fonctionner, d’autre pays le font, mais pour nous la solidarité, c'est un faux ami. En France, ce qui nous intéresse, c'est la fraternité. C'est la devise du pays. Liberté, Egalité, Fraternité. Cela implique de ne pas faire n’importe quoi y compris pour faire des économies…
Naar wrote:En réalité, il y a une idéologie, celle que l'individu n'est pas raisonnable et pas responsable. On le prive de la liberté de choisir ce qu'il y a de mieux à faire pour lui avec ses revenus en lui imposant de financer des dizaines d'administrations publiques, dont il n'a d'autres choix que de s'en servir, puisque dans ces secteurs-clés il n'y pas de concurrence.
Dis-nous. En quoi te sens tu privé de liberté ? Tu peux te faire soigner dans n’importe quelle clinique, non ? Maintenant, t’es même libre de choisir l’école que tu veux pour tes enfants !
Et puis effectivement. Mettons en concurrence les hôpitaux, les écoles, les centres sociaux... Économiquement, ça peut marcher, la n'est pas le problème. Les Etats Unis le font très bien. Mais en France, je trouve ça plutôt sain de continuer à se fixer comme principe de ne pas le faire. Tout à l'heure je parlais de fraternité, là il est question d'égalité.
Naar wrote:C'est un système pervers, irresponsable, puisque qui dit monopole dit désintéressement progressif de l'intérêt général. Outre les coûts de fonctionnements disproportionnés…
C'est justement ce qui arrivera si l'on persiste dans un conservatisme imposant l'idée que notre modèle social est celui que tout le monde nous envie, ce qui est démonté par la simple étude de nombreux pays étrangers, Cuba et Venezuela mis à part. Le modèle social n'est pas viable par nature pour plusieurs raisons : une crise économique et financière ajoutant des déficits conjoncturels à ceux structurels, une démographie vieillissante, l'émigration des créateurs de richesses. Si la solidarité est forcée, le terme est faussé, il s'agit de spoliation.
Encore une fois, on peut discuter de la viabilité d’un système qui fonctionne depuis 1945, et surtout, vite passer à autre chose parce que finalement, sa longévité, ajouté au fait que nous soyons des gens ayant tous accès à l'éducation, ainsi qu'à la possibilité de se soigner… Tout est dit.
Naar wrote:Perversité d'un système par et pour des fainéants.
Voilà, déjà là, on n’est pas d’accord

. Désolé Naar, malgré tout le respect que j’ai pour toi, t'as pas plus le monopôle du travail que Mitterand le monopôle du coeur... (ça, c'est pour Balbo.

).
Tu pars sans doute du principe que sans aide, les « assistés » iraient travailler, parce qu'ils n'auraient plus le choix de faire autrement. Et bien, là, je ne pense pas comme toi. Quand la conjoncture s’améliore, les assistés retournent travailler. Quand le chômage baisse de 1 million de personnes entre 1996 et 2007, alors que les indemnités ne baissent pas, on se rend bien compte que la fainéantise n’est peut-être pas un facteur si important finalement !
Idem quand une crise arrive: les gens ne deviennent pas subitement fainéants.
Naar wrote: Que celui qui veuille vivre d'amour et d'eau fraîche ne coûtent rien aux autres. qu'il assume et soit responsable de ses actes et de ses choix. Qu'il n'incombe pas aux individus de la collectivité de lui financer son mode de vie. Les ermites ont au moins la décence de ne pas s'imposer et de se plaindre.
Ce n’est jamais aussi simple.
Un chômeur ou type ou RSA peut payer son loyer. Que se passerait-il pour des milliers de propriétaires pas « fainéants » si ce n’était pas le cas ? Les assistés consomment. Et la consommation, c’est le premier moteur de la croissance.
Un chômeur ou un type au RSA ne te demandera pas à bouffer dans la rue et ne va pas mendier. Bref.
Et là, tu vas sauter au plafond, attention. Un chômeur ou un type au RSA, tout comme un retraité… Peut gouter au travail libre ! Et là je te laisse avec cet excellent documentaire de Pierre Carles, « Danger Travail » :
http://www.dailymotion.com/video/xhuhm_ ... WmF_Fdu-4o" onclick="window.open(this.href);return false;
Quand t’es au chômage, y’a des tas de personnes qui sont ravies de savoir qu’elles peuvent compter sur toi à n’importe quel moment de la journée parce que t’es libre. Parfois ce sont des amis, des proches… et d’autre fois, des employeurs, aussi !
Naar wrote:Cette classe moyenne que tu méprises avec de tels propos permet aux parasites de l'insulter. Elle le paiera.
Les riches aiment bien ça : opposer classes moyennes et classe populaires. Attention, je n’ai pas dit que t’étais riche, je voulais juste souligner le procédé. Que tu utilises puisque tu inventes un mépris qui n’existe pas. Ou alors quoi, je méprise mes propres parents, mes propres amis ? Un peu de sérieux… !
Naar wrote:Etre un fardeau pour les autres doit l'amener à réfléchir sur sa propre condition et non sur celle des autres.
Classique, là encore. On retourne toujours à un pauvre de réfléchir sur sa propre condition. Les missions locales, Pol’Emploi, tout le reste. Les proches aussi. ? Toujours pareil. Tout le temps, baisser les yeux, avoir honte de ne pas avoir de travail. C’est si facile, et si méprisable.
Combattre les pauvres plutôt que la pauvreté !
Naar wrote:C'est parce que tu considères le capitalisme comme une idéologie, alors que ce n'est qu'un système économique. Il n'a pas d'objectif, ceux qui l'utilisent oui.
Dont l’objectif est la plupart du temps le suivant : se faire des sous.
Le capitalisme nous a conduit croire que ce qui fait agir l'homme, c'est seulement l'argent. En celà, le capitalisme est une idéologie...
Naar wrote:Et son utilisation, justement, a permis l'augmentation de la qualité de vie partout où il a été implanté.
Le niveau de vie, d’accord. La qualité de vie, ça se discute. Le capitalisme, c’est tout beau tout rose sur du très court terme. Et, à mon avis, on n’a pas assez de recul pour véritablement le savoir. Notre niveau de vie à des conséquences humaines et écologiques tellement dramatiques aussi... Dans 150 ans, je ne suis pas certain que nos arrières petits enfants apprécient beaucoup ce système qui nous a permis d’élever notre niveau de vie.
Naar wrote: Même réponse, l'utilisation du capitalisme comme système économique lutte plus contre la pauvreté qu'un aucun autre système. A condition bien sûr, de ne pas le pervertir, ce qui est le cas en France et plus largement à de nombreux endroits au monde.
Marx disait que l’abolition de l’esclavage est la prise de conscience qu’il est moins chers de payer des gens pour bosser, que de les maintenir à l’état d’esclave.
Je suis bien d’accord concernant la perversion du système capitaliste, mais je ne lis nulle part dans tes propos une volonté de ne pas le pervertir d’avantage… Au contraire, tu t’attaques à tout ce qui compense ces conséquences et ce qui fait vivre les gens qui n’y trouvent pas leur place.
Naar wrote:Ce n'est pas l'Etat qui a inventé l'ampoule ou le stylo. Mais bien des individus qui ont cherché leur propre intérêt, ce qui a servi l'intérêt général.
Oui, d’accord.
Naar wrote:
C'est le véritable sens de la main invisible. Un Etat fort est souhaitable, mais sur des fonctions spécifiques et peu nombreuses.
Pas d’accord, mais tout est déjà dit.
Naar wrote:Les banques auraient du faire faillite et n'auraient pas du être remboursés si elles ont fauté. Il faut noter que l'exemple n'a pas servi à l'administration Obama puisqu'une autre loi dans le même esprit est en train d'être mise en place. Même cause qui produira le même effet.
C’est un point qui me rapproche des libéraux : on aurait dû laisser couler les banques. Au lieu de ça, on a récupéré leurs dettes…