@ Balbo :balbo wrote:@Mick en particulier mais d'autres aussi
Je me permets de pointer certaines incohérences.
Comment peut-on se plaindre du poids de la dette en France et dans le même temps glorifier le mode de vie de nos parents qui n'a pu être financé qu'au détriment de notre génération ?
Comment peut-on se plaindre des interêts que la France a à payer sur ses emprunts, et en même temps croire que la croissance (et surtout la creation d'emplois) passe par plus de dette ?
Comment peut-on parler de solidarité et dans le même temps assoir son train de vie en usurpant le bien être de générations qui ne sont pas encore nées en continuant à alourdir la facture ?
Bref, vouloir soigner les symptômes en aggravant les causes, c'est le comportement d'un drogué qui prend une dose de plus pour soigner son symptôme de manque... En attendant l'overdose...
Par ailleurs, le niveau d'endettement des ménages français n'est pas inquiétant comparé à la situation que l'ont peut avoir dans d'autres pays, même si tu penses que les banques sont assoiffées du sang de nos compatriotes qu'elles forceraient à se surendetter sur l'autel du profit.
Quant à dire que si le pays n'est pas ruiné c'est que tout va bien... Je te renvoie à La Haine, l'important c'est pas la chute. Peu importe où est la croissance aujourd'hui, peu importe où est l'inflation aujourd'hui, etc... Ce qui compte quand on met en place une politique c'est de prédire dans quel monde nous allons et de prendre les décisions qui permettent d'ajuster la trajectoire dans la direction voulue, qui peut très bien être différente que l'on soit de gauche ou droite, cela je m'en fous. Par contre In gouvernement qui n'a AUCUNE idée de la réalité, qui fait des prévisions de croissance ridicules, déjà défoncées alors qu'elles viennent d'être faites, c'est si choix :
1) l'incompétence la plus totale
2) un mensonge cynique fait aux Français pour être élu (alors que face au rejet de la personne de Sarkozy n'importe quel candidat PS aurait été élu) et ensuite et essayer de calmer l'opinion qui comprend peu à peu qu'elle s'est faite entuber (j'avais pourtant prévenu sur ce forum)
Le pire, c'est que dans le cas présent, on a le mélange des 2.
L'incohérence que tu soulignes provient du fait que je n'expose pas systématiquement ma vision politique globale. De ce fait, je comprends tout à fait que mes opinions puissent apparaître comme un agrégat de postures et non, comme faisant parti d'un idéal. Les capitalistes parleraient eux « d'un projet » !
Tout d'abord, je ne pense pas que nous vivions au dessus de nos moyens. Par contre, et c'est incontestable, nous vivons au dessus des moyens que la planète peut nous fournir. On le fait au détriment de l'environnement, et au détriments d'autres populations. Je pense toutefois, que nous pourrions avoir un bon niveau de vie, voir même meilleur que celui que nous connaissons aujourd'hui, dans un cadre totalement différent. Nous disposons pratiquement tous d'un confort matériel plutôt large mais au final, le cadre nous convient assez peu. Je prends cet exemple facile et si parlant : Avoir une automobile, c'est génial. Mais ça suppose tout un tas de conséquences qui détériorent le cadre de vie. Autre chose : avoir une automobile suppose aussi que des gens travaillent à sa conception, sa construction, à l'entretien des routes, à l'acheminement du carburant... La liste est longue. Autant de gens qui certes, ont un emploi, avec pas mal de conséquences sur leur propre cadre de vie, cadre qui ne se trouve pas nécessairement amélioré par leur travail. Exemple : tu as un emploi qui nécessite de posséder une voiture (ça coute de l'argent, ça pollue ton air et même l'air de ton voisin qui lui pourtant n'a pas de voiture...), emploi qui peut peser sur ta santé physique et morale, et qui parfois, souvent même, te prive du temps que tu peux passer en famille. Dans ce cas précis, l'emploi élève le niveau de vie mais en détériore le cadre. Et cela me pose un problème.
Ensuite, j'ai parlé des moyens que la planète peut nous fournir et je pense particulièrement à l'énergie. Il se trouve qu'on a commencé à faire massivement de la dette après les chocs pétroliers des années 70. Chose impossible pour le communisme qui d'ailleurs n'y a pas survécu. L'énergie qui avant ne coutait rien, se met à avoir un prix qui pèse sur l'économie. Alors on s'endette pour faire en sorte que l'économie grandisse plus vite que le prix de l'énergie et, malheureusement, on s'endette mal. Là où l'endettement aurait pu nous servir à nous affranchir d'énergies de plus en plus chers car non renouvelables, nous avons accrus notre dépendance au charbon, au pétrole... Et, il n'est pas surprenant de constater que la plus grave crise économique de l'histoire que nous connaissons aujourd'hui, fut précédée par la plus forte augmentation du prix du baril de l'histoire. Ce n'est pas un coïncidence.
Pour moi, nous en sommes à un point crucial. Continuons nous à alimenter le droguer, comme tu dis ? Donc, à maintenir sous perfusion l'économie dans un but unique de relance... ou est-ce qu'on planifie autre chose ? Et là, pour moi, le mot « planifier » (qui fait peur !) est plus que jamais adapté.
Je ne crois pas que le capitalisme puisse se sortir de lui même de cette crise. Le capitalisme ne peut pas de lui même s'affranchir des énergies fossiles. Le capitalisme ne peut pas de lui même avoir comme objectif d'améliorer le cadre de vie de la population. Le capitalisme ne peut pas se donner l'intérêt commun comme objectif.
Ce que peut faire le capitalisme (j'entends, sous sa forme néo-libéral), c'est ajuster les revenus de chacun à la situation et donc, faire baisser notre niveau de vie à marche forcée, sans aucune considération des besoins humains primaires, et surtout, sans aucun contrôle et sans aucun objectif. Le tout, en creusant les inégalités.
Je suis pour des états forts, qui donnent un cap. Et si le cap est d'ajuster notre niveau de vie (matériellement parlant) tout en améliorant le cadre, je suis persuadé que nous avons de belles choses à accomplir. On sait faire des ampoules qui ne tombent jamais en panne. C'est le capitalisme qui n'en a pas voulu. On sait faire du durable, on peut largement bien vivre sans gaspiller, sans faire n'importe quoi. La dette n'est pas notre, mais elle fait partie d'un système qui s'est organisé pour encourager, voir même forcer à la consommation. Si je m'endette parce que j'ai besoin d'un ordinateur et que celui ci est fait pour tomber en panne tous les 6 mois, je ne choisis pas vraiment de m'endetter. Je suis dépendant d'un système qui « m'oblige à ». Et les banques ne sont pas les plus malheureuses dans l'histoire d'autant que, en cas de pépin, les états sont là. De plus, une banque n'a aucune vision à long terme, sauf quand elle te prête de l'argent pour ta maison. Plus elle peut longtemps te tenir par les couilles, mieux c'est pour elle !
On ne construira pas le monde de demain en faisant bosser les gens jusqu'à 65 ou 70 ans, 50 ou 60 heures dans la semaine. Bosser est énergivore, pour nous comme pour la planète. Vaut il mieux un chômeur, un retraité... Où un mec qui travaille à la conception d'un 4X4 de 500 chevaux, un mec qui fabrique des OGMs, un type qui démantèle l'école, un mec qui implante un Quick... etc ? Le tout provoquant des embouteillages le matin et le soir, du stress, de la pollution, des immeubles de bureau à construire, à chauffer... du gaspillage de ressources... Bref. Il faut penser à autre chose et nous avons les moyens financiers et technologiques de le faire. A condition de le faire maintenant.