Beau comme un Diaw!
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Mais jusqu'où ira-t-il? Prétendre que Boris Diaw a frappé un grand coup à l'occasion de la première manche des Finales de conférence relève en effet du doux euphémisme. Si Steve Nash n'a pas manqué de se rappeler au bon souvenir de ses anciens partenaires, compilant 27 points et 16 passes, le Français a en effet été le grand héros de la victoire de Phœnix à Dallas 118-121. Non seulement en battant son record de points en carrière avec 34 points, mais surtout en inscrivant le panier de la victoire à la dernière seconde. Du très grand art!
Malgré Dirk Nowitzki, BOris Diaw a été inarrêtable.
Pas sûr que ça ne suffise à mettre du baume au cœur de Tony Parker, mais ce dernier, encore tout à digérer l'élimination prématurée des siens face à ces satanés voisins de Dallas, aura évidemment apprécié le geste de son grand ami Boris Diaw, premier bourreau des Mavs à l'occasion de la manche inaugurale des finales de la conférence ouest. Alors que le meneur tricolore n'avait su se hisser à la hauteur des double-mètres étalon texans, Tim Duncan et Dirk Nowitki, pour briller plus souvent qu'à leur tour, l'ancien Palois en a même éclipsé le duel entre les deux anciens compères Nash et Nowitzki...
Sur sa lancée d'une série majuscule face aux champions en titre, l'Allemand n'a pourtant pas oublié de livrer un énième récital. Après s'être joué de Pau Gasol au premier tour puis donc de Tim Duncan lors des demi-finales de conférence, Nowitzki, fraîchement élu dans le premier cinq de la Ligue, semble en effet bien décidé à confirmer sa suprématie sur monde des ailiers-forts face à Shawn Marion, autre éminent spécialiste du poste 4. Si Matrix n'a pas démérité avec ses 24 points et 13 rebonds, l'hommes à tout bien faire des Mavs a été égal à lui-même avec ses 25 points et 19 rebonds.
Quant à Steve Nash, souvent apparu fatigué lors de la série face aux Clippers, au point de reconnaître "avoir les bras trop lourds pour shooter à longue distance" -et ce avant de rendre néanmoins un 4 sur 5 dans l'exercice lors de la belle-, force est de constater que le bon air texan a des vertus régénératrices. Le désormais double MVP de la Ligue a en effet repris son œuvre où il l'avait laissée la saison passée en playoffs, avivant ainsi le goût d'amertume flottant à l'American Airlines Arena à chacune de ses visites. Car plus encore que ses 27 points à 11 sur 16 aux tirs et 16 rebonds compilés, ce sont bien ses dix points inscrits au cours des dernières 3'26, alors que les Suns étaient au bord de la rupture avec neuf longueurs de retard, qui ne manqueront pas d'alimenter les discussions entre nostalgiques du Big Three.
Phoenix récupère l'avantage du terrain
Mais pour ce qui est de revêtir le costume du héros, le Canadien comme l'Allemand repasseront. La faute à un facteur X... qui n'en est plus vraiment un. Car si, côté texan, la montée en puissance de Devin Harris, décidément désinhibé depuis ses sorties réussies face aux Spurs et auteur d'une nouvelle marque référence face aux Suns avec 30 points à 12 sur 17 aux tirs, a de quoi épater, Boris Diaw ne fait finalement que confirmer son nouveau statut de MIP. "A une époque, on disait de lui qu'il était trop soft, confia Mike D'Antoni à l'issue de la rencontre,mais je peux vous dire qu'il est tout le contraire. Il est en effet l'un des gars les plus compétiteurs de l'équipe. Mais avant tout, c'est un joueur extrêmement intelligent qui sait faire le bon choix au bon moment."
Pour preuve ce panier de la victoire inscrit à la dernière seconde alors que les Mavs comptaient encore une longueur d'avance grâce à un panier de Devin Harris: un tir pris poste bas malgré la défense de Jerry Stackhouse et l'aide de Dirk Nowitzki alors que la dernière possession devait revenir à Steve Nash. Arguant après coup que ses 34 points à 12 sur 23 s'expliquaient "par la défense des Mavs sur les tirs à trois points et donc de l'absence de prise à deux à l'intérieur" ou faisant remarquer, dans un sourire, qu'"il n'avait fait que deux passes décisives", Boris Diaw est également revenu sur ce tir de la victoire, son premier dans la Ligue: "Le plus drôle, c'est que le système n'était pas pour moi. Il était convenu que je donne la balle à Steve. C'était un système qu'on avait déjà effectué deux ou trois fois au cours de la saison. Dès qu'on a eu la balle sur la remise en jeu, les assistant-coachs de Dallas ont tout de suite annoncé notre système à leurs joueurs. Je n'ai donc pas pu donner la balle à Steve. Avec les secondes qui s'écoulaient, j'ai dû prendre mes responsabilités."
Et c'est ainsi que le Français, devenu le grand héros de la journée, clôturer un premier épisode particulièrement haletant. Dans la lignée des festivals offensifs livrés la saison passée en demi-finale de conférence, Mavs et Suns ont encore fait sonner la charge pour cet acte inaugural. Nullement fatigué, émotionnellement ou physiquement malgré les septièmes matches joués il y a deux jours, les deux équipes s'en dont données à cœur joie, se rendant panier pour panier pour terminer, toutes les deux à plus de 50% de réussite, les Suns affichant notamment 55, 5% d'adresse collective.
De quoi donner des sueurs froides à Avery Johnson qui n'en finissait plus de regretter «ce manque d'implication défensive qu'il va falloir traiter dans l'urgence», sans même évoquer la sortie prématurée de Josh Howard, baromètre de la franchise et victime d'une entorse à la cheville droite. Mais le match a été tant serré, en attestent un écart n'atteignant jamais les dix unités, les huit égalités ou les neuf changement de leader, Phœnix démarrant le mieux la rencontre avant Dallas n'imprime sa marque au retour des vestiaires, que les Suns ont, eux, perdu Raja Bell, victime d'une contracture au mollet gauche. Il en aurait toutefois fallu plus pour gâcher la soirée...