Je partage ton point de vue sur le vide laissé par la destruction des religions. Attentions, je ne suis pas croyant et je pense que la religion est l'aliénation des Peuples. Mais, la religion véhiculait une valeur aujourd'hui quasi-disparue : la Vertu.Olaf wrote: ↑04 Feb 2019, 08:49On paye d'avoir détruit les religions sans les avoir remplacées. Il y a toujours eu des petits malins cyniques, mais au moins, ils étaient minoritaires.
A partir du moment où il n'y a plus de cadre de valeurs garanti par une transcendance partagée (si je puis m'exprimer ainsi), la responsabilité retombe sur les individus. C'est très bien, et on a cru que l'éducation et le duo police/justice suffiraient à compenser et feraient de tous des hommes libres et responsables. Aujourd'hui, on voit bien que ça ne marche pas - et notamment parce que le lavage de cerveau permanent lié au consumérisme
- nous pousse à penser uniquement sur le mode "si je peux, pourquoi m'en priver ?"
- nous persuade en permanence qu'un seul mode de vie est souhaitable : je consacre 10h par jour à mon boulot (transport, repas et fatigue immédiate inclus) 40 ans de ma vie pour produire des trucs qui ne me serviront pas, mais en échange d'un salaire qui me permettra d'acheter en grande majorité des produits industriels de qualité variable (et quelques produits chers de grande qualité pour me convaincre que je suis un esthète/un winner)
- nous inculque que l'idéal, c'est de "réussir". Sa carrière, sa famille, au pieu, sur le compte en banque, dans le regard des autres. Ne pas être un "raté". Bien sûr, les critères de réussite sont un programme imposé ; pas de programme libre, là-dedans.
- nous dirige comme des enfants par la peur du loup: tout changement de voie - que dis-je, toute réflexion sur un possible changement de voie ! - est diabolisé à outrance.
Ce principe de Vertu (dans sons sens premier, i.e ce courage au quotidien pour suivre des valeurs humaine de sagesse, de justice...) qui était aussi à la base de la vie dans la cité grecque et romaine, existait également dans la religion. Aujourd'hui, plus personne ou presque ne considère la Vertu. Et je pense pourtant qu'elle devrait être le premier critère dans le choix de nos représentants/dirigeants (dans le champ politique mais aussi économique avec les patrons de nos entreprises). La Vertu telle qu'on la définit, c'est la faculté à être loyal , honnête et juste envers la société et de manière plus générale, l'Homme. En d'autres termes, faire le bien pour le plus grand nombre. Or, aujourd'h'ui, c'est le profit personnel au détriment du plus grand nombre qui prévaut. On bafoue donc la Vertu (romaine ou grecque), ce garde-fou qui empêchait les gens de faire n'importe quoi lorsqu'on leur en donnait le choix.