ForeverGreen wrote:Al Greendaø wrote:ForeverGreen wrote:
. Et là, pour le coup, en faire un bloc monolithique du "jeune de banlieue d'origine étrangère qui vomit la France", c'est stupide (même si ça existe, bien sur).
Tout comme l'inverse... mais ça n'empêche pas certains de considérer les français comme raciste!
J'ai eu il y a une semaine une super discussion avec un psy tunisien qui a fait toute sa carrière en France. Pour lui, le problème ne venait pas de la France mais bel et bien des immigrés. Non pas en tant qu'immigrés mais en tant que groupe. Sortir des comportements adoptés par un groupe c'est s'en exclure... C'est ce qui explique la mode des conversions à l'islam. Pour lui, le problème vient de gamins perdus car acculturés, qui ne possèdent ni les codes "français" ni même ceux de leur pays d'origine. Ces gamins ne se définissent qu'a travers le groupe, ils ne se construisent pas leur propre identité. Ces gars là quand ils vont au bled, on les regarde bizarrement car ils choquent aussi là-bas. Et la fameuse réponse "mais ils ont pas à s'intégrer, ils sont français" et au mieux une imbécilité au pire de la pure hypocrisie car si on en est à faire ce constat c'est que l'intégration ne s'est pas faite à un moment.
Bref sans nier qu'il y ait du racisme, qu'il y ait des choses à changer encore, il est grand temps d'arrêter de tout justifier et pardonner sous prétexte que la France serait un pays raciste. C'est aussi à ces personnes (dont certains s'affublent même du terme de racisés) de se poser les bonnes questions.
Et pourtant, effectivement, ils n'ont pas à s'intégrer (s'intégrer à quoi ?). C'est bien cette injonction à s'intégrer qui est le nœud du problème.
Quant au terme de racisé, il correspond tout simplement à une réalité et est donc tout à fait approprié.
L'intégration est nécessaire, pour différentes raisons.
1. A l'échelle d'une société donnée, il est important que celle-ci conserve une certaine cohésion sociale. En effet, il est difficile d'envisager une quelconque solidarité sans la moindre uniformité culturelle. L'absence d'intégration et le multiculturalisme excessif créent la désintégration du lien social. Marchais avait bien compris que l'immigration servait les intérêts du grand capital, non seulement de par la pression sur les salaires qu'elle entraînait, mais aussi par sa propension à briser l'unité de la classe ouvrière, et des "banlieues rouges" dont les revendications étaient de plus en plus fortes. Aristote disait déjà en son temps que l'homogénéité culturelle est nécessaire au bon fonctionnement de la cité, comme quoi cette idée est vieille comme le monde et dépasse le cadre de l'Etat-Nation moderne. L'intégration permet le sentiment d'appartenance commune, le lien social, la solidarité. Pour ces raisons, qu'un libertarien utilitariste m'explique qu'un immigré ou fils d'immigré n'a pas à s'intégrer, je le conçois, mais pour un communiste c'est absurde, avec tout le respect que je te dois.
2. Toujours à cette échelle, chaque peuple, de surcroît constitué en nation, devrait avoir le droit à la souveraineté et à l'autodétermination. Or, ces deux notions sont indissociables de la préservation de sa culture, ou du moins de sa prédominance sur ses propres terres. Si tu vas vivre avec un peuple d'Afrique, tu auras la décence de respecter son héritage, ses mœurs, ses traditions. Si on t'explique qu'il y a des comportements qui gênent et qui vont à l'encontre de leur culture, soit tu t'intègres, soit tu t'en vas, soit tu acceptes d'être au mieux marginalisé et mal vu. C'est la base, et ça vaut pour tous les peuples du monde.
3. A l'échelle mondiale maintenant, c'est cette multitude de prédominances culturelles qui fait la diversité et la beauté de ce monde. L'idée d'un grand métissage généralisé des cultures, par l'immigration incontrôlée et l'absence d'intégration que tu prônes, serait en réalité la destruction progressive de ces dernières, ainsi que de la liberté et l'autodétermination des peuples. Si je vais dans la Chine profonde, je n'ai pas envie de voir plein de blancs qui se comportent comme chez moi. De la même manière, dans ma ville européenne je n'ai pas envie d'être entouré de femmes voilées. Ce n'est pas du racisme, mais au contraire, l'amour de la diversité. C'est très bien qu'il y ait des minorités un peu partout, tant qu'elles sont respectueuses de la culture dominante des nations qui les accueillent et qu'elles sont raisonnablement intégrées.
Au delà de ça, la question de l'identité relevée par alex est complexe et passionnante. Pour ma part, je pense effectivement qu'on a tous des identités multiples, mais elles ne s'opposent pas forcément. Par exemple, un franco-espagnol est "tiraillé" entre deux pays qui ont un socle civilisationnel plutôt commun, le même héritage religieux, des références européennes similaires, des codes sociaux assez proches, etc. Idem pour la question des cultures régionales ou des villes. Bien qu'étant anti-jacobin, on ne peut pas nier qu'un Auvergnat a toujours eu plus de points communs avec un Alsacien qu'avec un Chinois ou un Saoudien. L'intégration à la communauté nationale est donc plutôt naturelle pour ce type de catégories. Par contre, pour des gens qui ont une autre tradition religieuses, des mœurs totalement différents, une culture toute autre, ça demande plus d'efforts des deux côtés et ça crée davantage d'antagonismes, en général. On ne peut donc pas comparer l'intégration d'un Espagnol et celle d'un Africain musulman. Néanmoins, il existe des communautés dont l'intégration pourrait poser problème, et qui finalement arrivent très bien à ne pas faire empiéter leur identité d'origine sur leur identité d'adoption, malgré leur grande différence. Les Chinois, par exemple. Et à ma connaissance, ils ne suscitent ni défiance, ni rejet ici. C'est la preuve que les Français ne sont pas si racistes que ça, et qu'ils sont prêts à accueillir des gens très différents pour peu qu'ils soient respectueux. Le problème, avec certaines communautés, vient donc peut-être d'elles-mêmes et pas de ces méchants Français.