Pour le premier paragraphe, j'ai déjà répondu que des études ont été faites (au Canada et en Australie de mémoire) ; l'impact sur l'emploi est nul, ce qui prouve bien que ça ne découragera pas plus les gens de travailler que le système d'allocations actuel. En tout cas il n'y a rien de concret qui infirmerait une telle tendance.martien wrote:Ton exemple est très intéressant, et j'y reviendrai.Faiseur de Tresses wrote:Non, je ne prône pas l'oisiveté. Mais je dois mal m'exprimer ; Olaf est globalement plus complet et surtout beaucoup plus clair.
La différence doit venir de ce que tu appelles "travail". Nous sommes déjà d'accord sur l'exemple des enfants ; mais je vois aussi les choses de manière plus générale. Prenons un autre exemple : imagine quelqu'un qui qui préfère peindre à tout autre chose. Jamais sa "production" n'aura d'intérêt réel pour la société - un artiste est avant tout quelqu'un qui fait les choses pour soi-même, et pas pour les autres - à part ça, il n'aura rien envie de faire. Tu voudrais néanmoins le "forcer" à choisir un emploi qui ne lui plaira pas sous prétexte que son activité n'apporte rien à la communauté, et par définition est donc oisif ?
Mais il ne peut être généralisé, car les artistes ne sont quand même pas une majorité. Tu ne prônes peut-être pas l'oisiveté mais ce que je veux dire c'est que dans les faits, avec un système comme le tien, elle se généraliserait. Inéluctablement. Si tu expliques à tout le monde qu'il n'est plus nécessaire de contribuer à la société pour avoir un salaire décent, et qu'on peut obtenir ce dernier sans rien faire, beaucoup de gens ne feront absolument plus rien à part se complaire dans le glandage et l'hédonisme improductif (qui n'est pas un mal en soi, mais la vie en société ne doit pas se résumer à ça).
Bon, pour reprendre ton exemple de l'artiste. Déjà, il pourrait trouver un moyen de vivre de son activité, comme par exemple, ouvrir une école de peinture, et vendre ses tableaux. Même si ce n'est pas évident, je te l'accorde. On pourrait alors également penser à un développement des structures destinées aux activités artistiques, afin de les rendre "utiles" pour la société. Rendre les artistes plus disponibles pour les entreprises, les particuliers ou autres qui auraient besoin de leurs services, même pour des trucs cons.
Après, oui, la société et le travail c'est aussi de la contrainte, donc tu ne peux pas toujours faire QUE des trucs qui te plaisent à 100% tout le temps. Il faut savoir utiliser ses capacités pour contribuer à la société, et ne pas rester chez soi à gribouiller ses dessins 24h sur 24 en sachant que de toute façon on n'a pas en faire plus puisque le salaire est assuré.
Pour le reste, c'est bien là qu'on diverge. Tu n'arrives pas à entrevoir la possibilité qu'une activité non "utile" aux autres puisse être acceptable. Je suis pour ma part employé pour une activité complètement inutile à la société (mais faut pas le crier trop fort, sinon il n'y a aura plus de financements), avec un bon salaire à la clé (je te laisse le soin de trouver sur le net le salaire minimal légal pour un doctorant contractuel, si ça t'intéresse) ; et bien crois-moi je suis ravi de pouvoir profiter d'une des dernières "niches" de la société ou le productivisme n'est pas le mot d'ordre (encore qu'une production importante dans le milieu soit nécessaire pour y faire une bonne carrière). Pour moi, c'est le développement individuel qui est primordial ; si un mec se complait à gribouiller toutes ses journées sans avoir de comptes à rendre, la société doit lui permettre.
La seule contrainte qui doit être présente à l'esprit, c'est celle de la finitude des ressources matérielles que notre planète nous offre ; la liberté individuelle doit, elle, être optimale. Or, la société actuelle est fondée sur les contraires respectifs de ces deux principes, avec des libertés individuelles restreintes et une consommation maladive.