Ulysse42 wrote:
Voter blanc reviens à dire j'aime aucun des candidats, la seule solution c'est de dire j'y vais à leur place si ils sont tous pourris et donc par conséquence que tu es mieux. Et comme tu es mieux, les gens qui en ont marre voteront forcément pour toi non ?
Ce que tu dis là, c'est valable sur le papier uniquement. Dans la réalité, entre les hommes politiques qui sont élus, battus, réélus, re-battus pendant 40 ans et ceux (parfois les mêmes) qui cumulent 43 mandats, il est bien difficile, voire carrément impossible, à de nouvelles têtes d'apporter du sang neuf et des idées nouvelles dans les principaux partis.
Certes, si tu milites au NPA ou à Lutte Ouvrière, tu as une petite chance de te présenter à la présidentielle un jour comme l'ont fait récemment P. Poutou et N. Arthaud, mais si tu es de gauche ou de droite "classiques", tu n'as aucune chance de pouvoir t'imposer (ni au PS, ni à l'UMP, ni en "indépendant"). Donc si tu étais plein de bonne volonté et d'idées intéressantes et novatrices, eh bien tu te les gardes car sans l'étiquette d'un grand parti, et donc sans le discours formaté dudit grand parti, tu ne peux pas être candidat à de hautes responsabilités (sous-entendu avec une chance de gagner). L'indépendance d'esprit, le fait de dire haut et fort que ton parti pense cela mais que toi tu n'es pas d'accord et que tu penses autrement, ça n'existe plus dans la politique actuelle. Ou alors ce sont juste des effets d'annonce ridicules pour tenter d'exister, du genre Boutin qui promettait de lancer "une bombe atomique" si Sarkozy ne la laissait pas être candidate aux présidentielles de 2012 et qui finalement a retiré d'elle-même sa candidature et scandait des "Nicolas", assise au 1er rang dans ses meetings.
Si tu tiens à tout prix à faire de la politique tout de même, il faudra alors lècher les bottes d'un cacique du parti en espérant avoir misé sur le bon cheval et ainsi décrocher un poste dans son sillage le jour où il sera président/1er ministre/député/etc. Et comme il occupera ce poste pendant 40 ans et qu'il le cumulera avec d'autres fonctions, tu resteras un sous-fifre (genre Hortefeux derrière Sarkozy ou Le Foll derrière Hollande) juste bon à répéter les éléments de langage dictés par ton chef.
[i]"Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait"[/i] (Mark Twain).